RSS

Les chaises musicales

mars 25
Les chaises musicales

Cet article est la suite de celui intitulé DES PARIS FOUS.

Nous allons voir le danger qui menace et les conséquences du QE engagé par la BCE dans un système bancaire où ma me,ace d’une crise systémique devient de plus en plus élevé.

chaisemusicaleLorsque deux banques font un pari (c.à.d. concluent un contrat de produits dérivés), elles observent à tout moment laquelle des deux est en train de perdre ce pari. La perdante va donc potentiellement devoir payer au terme du contrat si la situation se maintient. Pour ne limiter le risque qu’à la fin, la banque perdante ne paye pas, la banque gagnante va exiger de l’autre qu’elle donne des titres de bonne qualité en gage. Ainsi au terme du pari, si la perdante ne peut pas payer, la banque gagnante saisira ces titres  (obligations, actions, cash) et les vendra. Si les conditions de marchés évoluent et si la banque qui semblait être la gagnante ne l’est plus c’est elle qui devra alors donner des titres de qualité en gage. Notons que si les conditions de marchés évoluent brutalement (par exemple si les taux de change ou d’intérêt fluctuent fortement sur une courte période), les appels de marge peuvent être considérables et imprévus. Une banque peut brutalement se retrouver dans une situation où elle va devoir donner soudainement beaucoup de titres en gage. La situation peut devenir catastrophique si les titres de qualités sont difficiles à trouver sur le marché. Dans ce cas, une banque n’a pas d’autre choix que d’emprunter les titres qu’elle a reçu en gage pour les donner en gage à une autre banque. On parle de « réhypothécation », un phénomène qui s’était réduit juste après la crise de 2007 mais qui est reparti à la hausse. Pour donner une image, c’est comme si une banque avec laquelle vous avez conclu un prêt hypothécaire, donnait votre maison en gage à une autre banque et que celle-ci donnait à son tour votre maison en gage à une autre banque et ainsi de suite. Sans le savoir, plusieurs banques auraient reçu une même maison pour garantir plusieurs prêts (c’est une image) alors que la valeur de la maison est insuffisante pour garantir la somme de tous les prêts.

Cette « collatéralisation » de produits dérivés joue donc un rôle considérable car les montants en jeu sont énormes et donc les besoins en titres de qualité sont eux aussi énormes.

Or, justement, la BCE par son QE voudrait racheter les titres de qualités qui se font rares (on dit qu’ils sont moins liquides). Comme vu précédemment, c’est parce qu’ils sont devenus  relativement rare que les taux sont négatifs. Ce QE fragilise encore plus le système en poussant à davantage de réhypothécation.  En cas de défaut de paiement d’une banque systémique, non seulement les autres banques perdent l’effet de « netting », mais en plus elles vont s’apercevoir que les titres reçus en gage servent en réalité à couvrir plusieurs positions de produits dérivés.  D’un seul coup, elles vont découvrir qu’au jeu des chaises musicales il y a bien plus de joueurs que de chaises ! Dans cet environnement, les banques ont moins que jamais envie de prêter et de prendre des risques, donc in fine le QE donne exactement l’effet opposé à celui que la BCE souhaite officiellement.

Ce manque de liquidité engendre un contexte explosif où la moindre étincelle (comme une remontée des taux) peut déclencher la deuxième vague de la crise qui sera considérablement plus grave que celle de 2007-8.

 Le Banquier Anonyme

 

Posted by on 25 mars 2015 in Non classé

Leave a comment

Comments are closed.