Les dettes européennes et américaine pèsent sur les marchés

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Les inquiétudes liées aux problèmes de dette en Europe et aux Etats-Unis ont fait chuter les Bourses, s’envoler le cours de l’or et grimper les taux obligataires. Au regain d’inquiétudes sur les dettes souveraines des pays les plus fragiles de la zone euro -incertitudes sur le plan d’aide au Portugal après la percée des nationalistes finlandais, interrogations persistantes sur la Grèce, besoins de soutien accru des banques irlandaises- est venu s’ajouter en milieu d’après-midi l’avertissement de l’agence Standard & Poor’s (S&P) sur la note de la dette des Etats-Unis. S&P a notamment pointé du doigt des déficits budgétaires “très importants”, le niveau d’endettement du pays et l’absence d’une politique claire pour y remédier.

“C’est un coup de grisou sur les marchés qui vient aussi bien des problèmes de dettes en Europe que de la constatation par Standard and Poor’s que les Etats-Unis sont aussi dans une situation où ils ne peuvent pas rester sans changer”, a fait valoir Gregori Volokhine, de Meeschaert Capital Markets. Le Trésor américain s’est défendu en jugeant que “la perspective négative de S&P sous-estime la capacité des dirigeants des Etats-Unis à se rassembler pour répondre aux difficiles défis budgétaires du pays”. L’agence Moody’s a, pour sa part, estimé, dans un avis diffusé lundi, que le débat budgétaire américain était “positif en dépit de l’incertitude sur son issue” car, désormais, démocrates aussi bien que républicains donnent la priorité à la réduction de la dette et non plus aux mesures de relance. Les valeurs financières ont beaucoup pesé sur la tendance : Axa a signé la plus mauvaise performance de la cote (-5,74% à 14,44 euros) à Paris, Barclays a perdu 3,63% à 290,7 pence à Londres et Banco Popolare a lâché 4,82% à 1,957 euro à Milan. L’or, refuge par excellence, en a profité pour approcher pour la première fois le seuil des 1.500 dollars l’once, grimpant à un nouveau sommet historique. Les marchés obligataires ont eux aussi pâti de ces inquiétudes, les taux longs de la Grèce à 10 ans dépassant les 14% pour la première fois depuis la création de la zone euro. La tension était également notable sur les obligations à échéance courte, les taux à deux ans s’établissant à 19,119% contre 18,166% vendredi.

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