Pétrole : des monarchies du Golfe veulent rassurer un marché volatil

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Des monarchies pétrolières du Golfe viennent d’affirmer que le marché était suffisamment approvisionné malgré des prix évoluant au dessus de 100 USD le baril et inquiétant les producteurs, selon l’Opep. “L’Arabie saoudite a pour position de garder son engagement à maintenir une capacité de réserve pour la stabilité des prix et du marché”, a déclaré le ministre saoudien du Pétrole, Ali al-Nouaïmi. M. Nouaïmi, dont le pays est un poids lourd de l’Opep, s’est exprimé à Koweït où se tenait une table ronde des ministres asiatiques de l’Energie. Il a ajouté que son pays disposait d’une capacité de réserve de plus de 3,5 millions de barils/jour (mbj) que Ryad peut utiliser en cas de besoin.

Les ministres de l’Energie de 18 pays asiatiques participant à la rencontre ont exprimé la crainte de voir “les prix élevés, s’ils se maintiennent, affecter la relance économique”, selon le communiqué final de la rencontre. Mais ils ont été unanimes à estimer que “les inquiétudes géostratégiques étaient exagérées du moment que le marché est bien approvisionné et qu’il dispose d’une capacité de production et de stocks appréciables”. Sans le dire ouvertement : c’est la spéculation qui est essentiellement à l’origine de la flambée dernière des cours du brut. Ce que nous confirmons pas les informations que nous avons des salles de marché de traders. Cela s’ajoute à ce que nous développons dans le numéro 228 de LIESI à propos du troisième choc pétrolier que l’on va nous imposer !

De gros consommateurs comme la Chine, le Japon et l’Inde en plus de la Corée du Sud étaient présents tout comme des fournisseurs de poids comme l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et le Qatar. La prochaine rencontre a été programmée pour 2013 en Corée du Sud.

Le chef de l’Agence internationale de l’Energie (AIE), Nobua Tanaka, a déclaré s’attendre à une hausse de la demande en été et appelé l’Opep à y répondre. La semaine dernière, l’AIE a souligné l’existence d’un “vrai risque qu’un pétrole se maintenant à plus de 100 dollars le baril ne soit pas compatible avec le rythme de la reprise économique”. Le secrétaire général de l’Opep, Abdallah El Badri, présent à Koweït, s’est fait l’écho des inquiétudes des pays producteurs quant à ces prix élevés”. “Le marché est suffisamment approvisionné et notre production (de l’Opep) en mars est quasiment identique à celle de décembre même si un pays membre n’est plus producteur”, a-t-il dit en référence à la Libye. Il a prôné l’introduction de “certaines régulations” pour juguler la spéculation et la réduction des taxes sur les produits pétroliers afin d’infléchir les cours élevés du brut.

Dimanche, le ministre saoudien avait affirmé que son pays était prêt à satisfaire toute demande additionnelle, tout en reconnaissant une baisse de la production saoudienne à 8,29 mbj en mars, contre 9,1 mbj en février. Son homologue koweïtien, cheikh Ahmad Abdallah Al-Sabah, a indiqué lundi que la situation actuelle était différente de celle de 2008 lorsque les prix pétroliers avaient atteint un record historique de 147 dollars le baril. Il a expliqué cette différence par “la disponibilité d’une capacité supplémentaire en matière de production et de raffinage, et des stocks élevés”. Mais il a admis que “la volatilité des prix posait un sérieux problème”, attribuant l’envolée des prix du brut à divers facteurs. Il a cité notamment le manque sur le marché de grandes quantités de pétrole “sweet crude” libyen, un dollar faible et la crainte que d’autres pays producteurs soient touchés par la contestation populaire, outre une forte demande sur le pétrole dans les pays de l’Asie du Sud-Est.

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