Rassemblements antinucléaires à la frontière franco-allemande lundi

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Une demi-douzaine de rassemblements antinucléaires sont prévus à la frontière franco-allemande ce lundi de Pâques, le principal étant annoncé sur le Pont de l’Europe, reliant Strasbourg à Kehl, où est attendu l’écologiste Nicolas Hulot.  La plupart doivent avoir lieu sur des ponts du Rhin, de Strasbourg à la Suisse, ainsi que, plus au nord, près de la centrale de Cattenom en Lorraine, à 10 km de la frontière avec le Land allemand de Sarre.
Les manifestants entendent à la fois commémorer le 25ème anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, dénoncer celle de Fukushima, suite au tsunami du 11 mars au Japon, et réclamer la fermeture de la centrale nucléaire alsacienne de Fessenheim, la plus ancienne en exploitation en France.   Les organisateurs veulent notamment ironiser sur le fait que, à en croire des spécialistes officiels français de l’époque, le nuage radioactif de Tchernobyl se serait arrêté en 1986 à la frontière allemande.

Nicolas Hulot, critiqué dans son propre camp pour ne pas avoir évoqué le nucléaire dans sa récente déclaration de candidature à l’élection présidentielle française, a confirmé qu’il viendrait au rassemblement sur le Pont de l’Europe.
La centrale nucléaire de Fessenheim, particulièrement controversée, est située au bord du Rhin, à 80 km au sud de Strasbourg, 25 km de Mulhouse et de la ville allemande de Fribourg, et 40 km au nord de Bâle en Suisse.  La pression s’est accentuée ces dernières semaines en Alsace pour demander sa fermeture, suite au désastre de Fukushima. Mise en service en 1977, elle dispose de deux réacteurs à eau pressurisée, d’une puissance de près de 900 mégawatts chacun.

Tour à tour, depuis le 11 avril, plusieurs collectivés locales – au premier rang desquelles le Conseil municipal de Strasbourg et le conseil général du Haut-Rhin, département où est situé Fessenheim – se sont prononcées à une très large majorité en faveur d’un arrêt de ses installations.  Le réacteur N.2 de Fessenheim vient d’être stoppé pour une troisième visite décennale, devant durer environ 200 jours. Le N.1 a déjà subi pour sa part sa troisième visite décennale, achevée le 24 mars, et l’Autorité de Sûreté Nucléaire française (ASN) devait normalement décider d’autoriser la poursuite de son exploitation d’ici juin. Mais, après la catastrophe de Fukushima, le gouvernement français a ordonné un audit de toutes les installations nucléaires du pays, dont les premières conclusions devront être rendues d’ici la fin de l’année.  La demande d’arrêt de Fessenheim est cependant loin de faire l’unanimité. Le 8 avril, la Commission permanente du Conseil régional d’Alsace, que préside le ministre UMP chargé des collectivités territoriales Philippe Richert, a rejeté par une majorité de deux-tiers une motion réclamant sa fermeture.   La décision d’un éventuel moratoire, voire d’une fermeture, relèverait en dernier ressort du gouvernement, a souligné l’ASN.

Un rassemblement pour la sortie du nucléaire est également prévu lundi près de centrale de Cattenom, en Lorraine, comme dans de nombreux autres endroits en France et en Europe. Avec quatre réacteurs de 1.300 mégawatts chacun, mis en service entre 1986 et 1992, il s’agit de la septième centrale au monde en puissance installée, et de la deuxième en France pour sa production d’électricité.

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