Portugal : le président défend un gouvernement majoritaire à l’issue des élections

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Le prochain gouvernement portugais, sorti des élections législatives anticipées du 5 juin, devra recueillir un soutien majoritaire au Parlement, a souligné lundi le président conservateur Anibal Cavaco Silva, lançant un appel à la responsabilité des partis politiques.  Face aux défis qui l’attendent, le gouvernement sorti des élections du 5 juin devra disposer d’un soutien majoritaire à l’Assemblée de la République, a déclaré le chef de l’Etat au cours des célébrations du 37e anniversaire de la Révolution des Oeillets, qui a instauré la démocratie en 1974.

Avant même les élections, un effort de concertation s’impose entre le gouvernement et les partis politiques, a ajouté M. Cavaco Silva, alors qu’une mission de l’UE et du FMI se trouve au Portugal pour définir avec les autorités portugaises le montant et les conditions d’un plan d’aide qui doit être conclu d’ici à la mi-mai.

Désavoué par le Parlement qui a rejeté le dernier programme d’austérité de son gouvernement minoritaire, le Premier ministre socialiste, José Socrates, a démissionné fin mars.  Face à la pression accrue des marchés financiers, inquiets pour la solvabilité du pays, M. Socrates s’est depuis résolu à demander une aide financière à l’Union européenne (UE) et au Fonds monétaire international (FMI).
Invités à prendre la parole pendant cette cérémonie, les trois anciens chefs de l’Etat depuis 1974 ont également appelé à la cohésion nationale et au dialogue entre les forces politiques.  “Je reconnais et j’apprécie tous ceux qui appellent au consensus, au dialogue et à la concertation entre tous les responsables politiques. Nous aurions pu éviter beaucoup de choses si nous avions eu cet esprit”, a réagi M. Socrates, qui juge l’opposition responsable d’avoir aggravé la situation financière du pays en provoquant une crise politique.

Comme chaque année, des milliers de personnes, oeillets rouges à la main, ont défilé dans le centre de Lisbonne pour célébrer l’instauration de la démocratie, un anniversaire marqué cette année par l’inquiétude suscitée par l’intervention financière extérieure, la troisième que connaît le Portugal depuis 1974.

Avril toujours, FMI dehors ou le FMI n’est pas une solution, proclamaient des pancartes, tandis que les manifestants scandaient nous ne voulons pas du FMI.

“J’ai un contrat précaire et je suis très inquiète”, confie à l’AFP Ana Matos, une trentenaire qui défilait avec son bébé d’un mois. “C’est aussi pour ma fille que je suis ici”, ajoute-t-elle.
“Les politiciens, de gauche comme de droite, sont tous coupables”, dénonce Onofre de Freitas, retraité de 67 ans, une casquette recouverte d’autocollants rouges vissée sur la tête. “Ce sont les mêmes qui sont au pouvoir depuis 1974. Qu’ont-ils fait des fonds reçus de l’Union européenne toutes ces années”, s’interroge-t-il.
Un peu plus loin, Michel Evin, un retraité français, se fond dans la masse des manifestants lisboètes. “Je suis ici par solidarité! Vous savez, en France la situation n’est pas beaucoup plus brillante”, dit ce sympathisant communiste.

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