Chine : la Banque mondiale souligne les risques liés au marché immobilier

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La Banque mondiale (BM) souligne les risques d’un brusque retournement du marché immobilier en Chine, qui pourrait avoir des répercussions négatives sur la deuxième économie mondiale, dans son dernier rapport trimestriel sur ce pays publié jeudi. La BM juge aussi qu’il est “trop tôt pour arrêter la politique de resserrement macro-économique”, qui s’est traduite par des hausses de taux d’intérêt et une volonté de limiter le volume des crédits distribués par les banques. En dépit de ces mesures, les pressions inflationnistes vont rester élevées, notamment à cause de la hausse des cours des matières premières, estime l’institution basée à Washington.

“Une crise du secteur immobilier qui ralentirait significativement le secteur du bâtiment aurait un grand impact sur l’économie et le bilan des banques”, selon le rapport qui préconise le recours à des hausses de taux d’intérêt plutôt qu’à des moyens administratifs pour freiner l’inflation. “A moyen terme, l’utilisation massive de l’immobilier comme moyen d’investir et le rôle joué par les gouvernements locaux aggravent le risque” d’éclatement d’une bulle immobilière, souligne le rapport.

De nombreux Chinois achètent plusieurs appartements car la hausse continue des prix ces dernières années a fait de l’immobilier un placement juteux, tandis que les taux d’intérêt offerts aux épargnants par les banques restent en-dessous du niveau de l’inflation. Les gouvernements locaux pour leur part se financent beaucoup en vendant des terrains aux promoteurs.

“Un revirement de l’immobilier affecterait les finances des gouvernements locaux, qui sont responsables d’une grande partie des investissements dans les infrastructures et sont d’importants clients du système bancaire”, relève encore la BM.  Les municipalités n’ont pas le droit de s’endetter directement auprès des banques, mais ont massivement créé pour cela des structures ad hoc, ce qui a contribué à l’expansion rapide des liquidités en circulation en 2009 et 2010, avec des conséquences inflationnistes.

La Banque mondiale constate par ailleurs que “la vigueur récente de la croissance montre que l’économie résiste” aux mesures de resserrement monétaire. Aussi a-t-elle revu à la hausse sa prévision de croissance du Produit intérieur brut (PIB) chinois pour 2011, en la portant à 9,3% pour 2011 et à 8,7% pour 2012 “à cause des chiffres supérieurs aux attentes au quatrième trimestre (2010) et au premier trimestre (2011)”, durant lesquels le PIB a augmenté respectivement de 9,8% et 9,7% sur un an.

Pour tenter d’endiguer l’inflation qui a atteint en mars 5,4% sur un an, son niveau le plus élevé depuis juillet 2008, la banque centrale chinoise a relevé deux fois les taux d’intérêt et quatre fois les taux de réserves obligatoires des banques depuis le début de l’année.

3 Commentaires

  1. Un peu plus d’un an après la publication de cet article, la banque Centrale de Chine a démontré une fois encore, sa flexibilité, au cours de juin/juillet 2012 le taux d’intérêt à baisse pour relancer la croissance descendu à 7.6%.
    Est-ce que vous pensez que ces mesures permettront la relance de l’économie ?

    S.J.Grand

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