Japon/séisme : la consommation des ménages chute de 8,5% en mars

71

La consommation moyenne des ménages au Japon a chuté de 8,5% en mars par rapport à la même période de l’an passé, le séisme du 11 mars ayant incité les Nippons à dépenser prudemment, a annoncé jeudi le ministère des Affaires intérieures. Il s’agit de la chute la plus sévère depuis que le ministère a commencé à calculer ce type de données en 1964.  Le séisme suivi d’un tsunami le 11 mars ont dévasté le nord-est du Japon et fait des milliers de morts. Entraînant des perturbations dans les transports, des coupures de courant et un accident nucléaire à la centrale de Fukushima, cette catastrophe a aggravé les incertitudes pesant sur l’économie japonaise et poussé les Japonais à restreindre leurs dépenses. Les Nippons ont en conséquence réduit leurs achats dans de nombreux domaines, notamment pour les loisirs et la culture (-18,7% sur un an) et les vêtements et chaussures (-15,6%). Le poste des transports a aussi été rogné (-14,4%). De nombreux clients ont semble-t-il renoncé à s’engager dans la coûteuse acquisition d’une voiture au vu de la situation du pays. Les conducteurs étaient déjà prudents avant d’aller chez les concessionnaires avant le séisme, le gouvernement ayant arrêté en septembre un programme de soutien public à l’achat de voitures “écologiques”, et la situation nouvelle créée par le désastre a aggravé cet état de fait. Les ventes de meubles et d’électroménager (-8,3%) ont aussi été boudés. Avant la catastrophe, elles souffraient déjà de la réduction de moitié du montant du soutien public à l’achat de télévisions, réfrigérateurs et climatiseurs peu consommateurs d’énergie entrée en vigueur en décembre.

En termes nominaux, c’est à dire sans tenir compte de l’évolution des prix, les ménages ont dépensé 8,4% de moins, a précisé le ministère dans un communiqué. Les dépenses de consommation des ménages salariés, qui représentent environ 60% du total, ont plongé de 11% en terme réels sur la même période. Toujours en mars, le revenu moyen d’un ménage salarié a chuté de 4,1% sur un an, à 421.975 yens (3.500 euros). En sévère récession du printemps 2008 au printemps 2009, l’économie nippone a redémarré depuis un an, mais les craintes pour l’emploi et les revenus sont restées vives, incitant les consommateurs à être prudents à la dépense.

Des économistes craignent qu’en ouvrant moins leur porte-monnaie après le désastre, les Japonais n’aggravent les conséquences négatives du séisme, qui pourrait déjà coûter quelque 25.000 milliards de yens (210 milliards d’euros), sans compter les perturbations sur l’activité des entreprises.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici