Grèce, le genre de montage foireux

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Les quatre grandes banques grecques – Alpha, National Bank of Greece, Emporiki (qui appartient au Crédit Agricole), EFG – sont toutes en très mauvaises postures. Pour survivre, voici ce qu’elles sont obligées de faire, car quasiment plus personne ne veut leur prêter de l’argent.

La banque émet une obligation (elle emprunte) au prix de 100. Elle demande à l’Etat Grecque de garantir cette obligation, ce qu’il fait. Bien entendu personne ne veut acheter cette obligation (personne ne veut rien prêter à cette banque). La banque rachète donc cette obligation au prix de 60 ( elle rachète sa propre dette et la banque décide que sa propre dette ne vaut plus grand-chose puisque personne ne veut l’acheter). Puis elle va auprès de la banque centrale européenne et emprunte pour 3 mois en donnant cette obligation en gage. La BCE valorise généreusement l’obligation à 80 ( car il y a une garantie de l’Etat)  et donne donc 80 à la banque. La banque gagne donc 20. Après 3 mois, la banque recommence la même manœuvre. Voilà aujourd’hui le montage tordu qui est  pratiqué pour permettre aux banques de survivre.

Dans un avenir proche, la Grèce va annoncer qu’elle restructure sa dette. Ce qu’elle avait promis de rembourser à 100%, elle va le rembourser à 60%. La BCE va aussitôt devoir annoncer à la banque grecque qu’elle ne peut plus valoriser son obligation à 80 puisque la garantie a été dévaluée et elle va par exemple valoriser l’obligation à 50. Comme la BCE a prêté 80, elle va faire un appel de marge et demander à la banque de donner 30 en plus en gage du prêt de 80 octroyé. Or la banque grecque n’est pas dans une position de donner quoique ce soit, elle n’a rien et est déjà obligée de survivre avec des montages tordus.  Que va-t-il se passer ? On ne peut exclure une faillite et/ou fusion de certaines banques grecques. Au minimum, des turbulences majeures dés que la Grèce annoncera la restructuration de sa dette. D’ailleurs, dés cette annonce on verra sans doute l’Irlande demander la même chose et cela risque de devenir “très chaud” !

Il faut donc suivre cette histoire de restructuration Grecque de très près car cela sera incontestablement lourd de conséquences.

( source anonyme bien introduite dans les milieux bancaires)

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