G8 : Medvedev va mettre l’accent sur le monde arabe et la sécurité nucléaire

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Le président russe Dmitri Medvedev se rend au sommet du G8 en fin de semaine, en France, pour mettre l’accent sur la modération souhaitée par Moscou dans les conflits secouant le monde arabe et proposer d’accroître la sécurité nucléaire après le drame de Fukushima au Japon.
“Les dirigeants des huit pays les plus riches de la planète vont aborder les conflits en Afrique du Nord et au Moyen-Orient au cours de discussions dont le point fort consistera à définir ce qui s’y passe – révolution, modernisation ou effondrement du régime – et décider comment le G8 peut apporter sa contribution à la résolution des problèmes”, a déclaré à l’AFP Viktor Kremeniouk, analyste à l’Académie des sciences.

Mais les chefs d’Etat auront du mal à trouver une position commune sur ce sujet, compte tenu des différences d’approche entre la Russie, opposée à toute forme d’ingérence, et les Occidentaux, plus interventionnistes, à l’image des bombardements d’une coalition internationale en Libye.  “Les discussions seront très difficiles, vu ce qui s’est passé ces derniers mois”, a prévenu M. Kremeniouk.

La Russie, membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, s’était abstenue le 17 mars, de même que la Chine, de faire usage de son droit de veto lors du vote de la résolution 1973 qui a autorisé l’intervention d’une coalition internationale en Libye contre le régime de Mouammar Kadhafi.  Mais depuis, Moscou, qui maintient formellement des relations avec le régime de Tripoli, a accusé les Occidentaux de violer l’esprit et la lettre de la résolution.  En conséquence, M. Medvedev a fait savoir qu’il n’approuverait pas l’adoption d’une résolution à l’ONU autorisant le recours à la force en Syrie, pays confronté à un soulèvement populaire depuis plus de deux mois et avec lequel Moscou entretient d’étroites relations.

Le sommet du G8 à Deauville (nord-ouest de la France) va également donner l’occasion au président russe de 45 ans d’évoquer d’autres thèmes qui lui sont chers, sur fond d’incertitude, sur son éventuelle candidature à l’élection présidentielle de 2012.  Des experts estiment que M. Medvedev est prêt à solliciter un second mandat mais qu’il a besoin de se mettre d’accord avec le Premier ministre, Vladimir Poutine, 58 ans, qui fut son prédécesseur (2000-2008) et n’exclut pas un retour au Kremlin. Précisons de suite, afin de couper court à tout discours consensuel et bien loin du monde réel : c’est le bloc de commandement russe, chapeautant les services secrets, qui prend la décision.

Comme annoncé fin avril lors d’un déplacement en Ukraine, M. Medvedev va proposer à ses partenaires du G8 d’adopter une nouvelle convention sur la sécurité nucléaire, afin de tirer les leçons de la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon en mars, a indiqué une source proche du dossier.  Au cours de cette visite le 26 avril sur le site de la centrale accidentée de Tchernobyl, pour le 25e anniversaire de la pire catastrophe du nucléaire civil, M. Medvedev avait appelé à réfléchir à des mesures visant à empêcher, en cas de nouvel incident, le développement de conséquences catastrophiques au niveau mondial.  Mais l’expert russe Vladimir Orlov a indiqué à l’AFP douter que le G8 soit prêt à prendre les mesures nécessaires en la matière: “Personne n’était prêt à faire face à la catastrophe de Fukushima. Il y a un grand vide autour de la sécurité nucléaire et des réponses sont nécessaires”, a-t-il insisté.

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