Commentaires de la presse européenne à propos de la candidature de C. Lagarde au FMI

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La ministre française de l’Economie et des Finances Christine Lagarde a annoncé mercredi sa candidature à la direction du FMI. La presse espère plus de candidats et demande une plus grande influence des pays émergents au FMI.

“Tant que les pays émergents ne se seront pas mis d’accord sur une proposition commune pour le poste de directeur du FMI, la candidature de la ministre française des Finances Christine Lagarde sera justifiée”, estime le quotidien de centre-gauche Le Monde. Les Européens “auraient dû poser aux autres Etats membres la question de fond : voulez-vous un candidat dans la continuité de l’action de M. Strauss-Kahn, qui favorise le regain de l’action publique et le respect de précautions sociales pour assurer la croissance ‘forte, durable et équilibrée’ dont ils rêvent ? Auquel cas Mme Lagarde incarnerait à merveille un certain interventionnisme européen. Ou préférez-vous un tenant de l’orthodoxie ultralibérale, des équilibres budgétaires à tout prix et des privatisations généralisées ? Dans ce cas, pourquoi pas Agustin Carstens, le gouverneur de la Banque du Mexique … même s’il ne plaît ni aux Brésiliens ni aux Argentins ? Si les pays émergents veulent que l’un des leurs dirige un jour le Fonds, il leur faudra mieux préparer leur candidat et de longue main.”

Avec la candidature de la Française Christine Lagarde, l’Europe revendique le poste dirigeant au Fonds monétaire international. Le moment est pourtant venu de promouvoir un membre chinois à la tête du FMI, estime le journal économique libéral Handelsblatt : “Il y a des candidats appropriés, notamment Zhu Min, ancien vice-président de la Banque centrale chinoise et conseiller spécial de Dominique Strauss-Kahn au FMI. L’importance future du FMI dépendra de sa capacité à intégrer les parties dynamiques de l’économie mondiale dans sa direction. (…) Depuis son ouverture à l’économie de marché, l’Asie opère une formidable course de rattrapage vis-à-vis de l’Occident. A elle seule, la Chine a récemment dépassé le Japon au titre de deuxième puissance économique de la planète. Le pays aura probablement dépassé l’UE d’ici quatre à cinq ans. Il est temps que cela se reflète également dans la composition des commissions du FMI et dans le choix de son personnel.”

Il faut plus de candidats dans la quête d’un nouveau directeur au Fonds monétaire international, estime le journal économique libéral-conservateur Financial Times. La Française Christine “Lagarde a été une excellente ministre des Finances. Mais ses connaissances économiques n’ont pas été suffisantes pour préserver la politique de la zone euro d’erreurs prévisibles. Elle a également un parti pris : personne rejette autant qu’elle une restructuration des dettes publiques dans la zone euro. Le FMI doit faire une évaluation des avantages d’un programme de sauvetage pour la zone euro, quels que soient les diktats de la politique nationale. Tout le monde pourrait profiter d’un véritable processus de sélection où un second candidat compliquerait la tâche à Christine Lagarde. Elle gagnerait elle-même en autorité avec une véritable concurrence, plutôt que d’être simplement nommée.”

Harold James définit le profil du nouveau directeur du FMI

Le nouveau directeur du FMIne doit pas être un homme politique, il doit être expérimenté économiquement et ne pas venir d’Occident, estime l’historien de l’économie Harold James dans le journal économique de Negócios : “Chaque organisation est toujours bien plus que la personne qui se trouve à sa tête, mais une personnalité faible ou trop impliquée en politique peut largement nuire à l’organisation. Malheureusement, près de la moitié des anciens directeurs du FMI étaient soit faibles soit démesurément politiques – soit les deux. … Les dernières nominations de directeurs ont toutes été imposées par des négociations au sein des plus hautes sphères gouvernementales européennes. (…) Il faut enfin mettre un terme à cette logique politique discréditée. (…) Le FMI a besoin d’un directeur qui dépasse cette logique politique et donne à l’économie un nouvel ordre mondial. Le prochain directeur devrait donc plutôt être de l’Est que de l’Ouest, plutôt économiste que politique, et en outre, visionnaire plutôt que tacticien.”

Pendant ce temps, hier, plusieurs milliers de Grecs se sont réunis sur la place Syntagma d’Athènes et sur d’autres places centrales du pays pour protester contre l’austérité menée par leur gouvernement . Animés par le mouvement espagnol, ils entendent se rassembler une nouvelle fois aujourd’hui.

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