Grèce : l’hypocrisie du couple franco-allemand : “Nous faisons un rêve…” (Merkel/Sarkozy)

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Après avoir lâché du lest, Berlin est reparti à la charge des banques, assureurs et fonds d’investissement, prônant une contribution “substantielle” de leur part dans le nouveau plan d’aide à la Grèce.Comme nous l’avons écrit précédemment, cette aide doit être “volontaire”. Qui, dans le privé, peut aujourd’hui avoir intérêt à perdre de l’argent ? Et le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, d’abonder dans son sens : la contribution des créanciers privés doit être “substantielle”, “quantifiable” et “sûre”, a-t-il dit, dans un entretien publié sur le site internet du journal allemand Börsenzeitung. L’Allemagne, qui insistait depuis plusieurs semaines pour impliquer largement les créanciers privés dans le plan d’aide à Athènes, avait semblé se rallier à l’avis de la France et de la Banque Centrale Européenne (BCE).

Dans le cas de la Grèce, l’idée serait que les créanciers privés du pays acceptent de ne pas lui couper les vivres en renouvelant leurs prêts à Athènes lorsque ceux-ci arrivent à échéance, sur une base volontaire. Il faut le lire trois fois pour le croire !

Mais ce compromis entre Mme Merkel et M. Sarkozy faisait grincer des dents en Allemagne. La chambre basse du parlement allemand, “le Bundestag a clairement décidé que les créanciers privés devaient être mis à contribution”, déclarait l’expert financier des libéraux (petit partenaire de la coalition gouvernementale), Frank Schäfler, dans le quotidien Frankfurter Rundschau. “Nous tenons à une participation des créanciers privés”, a renchéri un expert financier du groupe parlementaire des démocrates chrétiens, Klaus-Peter Flosbach.

On explique cela par le fait que l’Allemagne est soucieuse de ne pas voir tous les risques d’une banqueroute de la Grèce transférés sur les contribuables. “Cela doit être évité”, a mis en garde M. Schäuble dans la Börsenzeitung.

Banques et assureurs ont investi dans la dette grecque, prometteuse de gains juteux par le biais de taux d’intérêt élevés. Maintenant il est “inévitable” qu’ils assument ce risque, avait-il asséné récemment.

Un nouveau plan jusqu’à l’Arlésienne

Les ministres européens des Finances se retrouvent dès le début de la semaine à Luxembourg pour “discuter” du contenu et des conditions du nouveau programme pour la Grèce, avec l’objectif de prendre des décisions à la prochaine réunion de l’Eurogroupe le 11 juillet. Ce nouveau plan de soutien, qui devrait tourner autour de 100 milliards d’euros, sera également l’objet des discussions au sommet européen de Bruxelles en fin de semaine. L’année dernière, le premier plan d’aide conclu entre les Européens et le FMI se montait à 110 milliards d’euros mais il ne suffit plus, la Grèce étant toujours dans l’incapacité d’emprunter sur le marché au regard des taux prohibitifs qu’elle devrait débourser. Si vous recevez un coup de téléphone vous demandant de participer à cela, répondez aux abonnés absents. ILS NE SAVENT PLUS RIEN INVENTER et c’est grave.

“Ils ne le diront jamais, mais sachez qu’il y a une volonté politique de couler la Grèce”. (Confidence d’un banquier international à LIESI)

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