L’art de la politique en Allemagne

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Depuis le début de l’affaire grecque et les propos apaisants exprimés à côté de Nicolas Sarkozy, Angela Merkel est confrontée à des critiques. Avec les marchés financiers qui commencent à craquer et face aux mauvaises nouvelles économiques générales, ces critiques prennent une ampleur inattendue. Le 24 août, le président de la République fédérale, cantonné normalement à un rôle honorifique et qui garde traditionnellement une grande discrétion sur les sujets politiques, a surpris la Chancelière, mais a satisfait plusieurs politiciens allemands. Christian Wulff, qui appartient au même parti politique qu’Angela Merkel, a osé s’en prendre directement à la Banque centrale européenne. Il a estimé « discutable sur le plan légal l’achat massif d’obligations de certains pays » par les banquiers de la BCE. Il fallait oser ! Christian Wulff s’exprimait devant des lauréats du Nobel d’économie. On relèvera que le président allemand s’est exprimé juste avant que la Chancelière A. Merkel réunisse ses troupes « pour adouber l’élargissement des compétences du fonds de secours européen, le FESF ».

La manœuvre va être délicate en Allemagne pour rester dans l’EURO. Le 23 septembre, les députés du Bundestag doivent voter pour la question du rachat d’obligations, qui doit être confié au FESF afin d’en décharger la BCE. « Cette réforme est critiquée par certains députés conservateurs, dont au moins un poids lourd, le président de la Commission des affaires intérieures, Wolfgang Bosbach. Pour ne rien arranger, Mme Merkel, qui a subi mardi soir un “grand oral” de politique européenne de plus de trois heures devant les députés conservateurs, a dû remettre à sa place sa ministre du travail, Ursula von der Leyen ». Celle-ci s’est dite favorable à des garanties comme des réserves d’or ou des participations industrielles pour les Etats qui contribuent au FESF.

Même si selon le quotidien économique Handelsblat, Angela Merkel n’a pas trop de souci à avoir sur ce prochain vote, on attend cependant le commentaire de la Cour constitutionnelle qui, le 7 septembre, doit rendre un jugement très attendu sur la première aide à la Grèce du printemps 2010, et plus généralement sur les mécanismes d’entraide en Europe. De l’avis des experts, les juges pourraient justement exiger que les procédures d’aide prévoient un rôle plus important du Parlement allemand.

Derrière ces faits et couacs, les dirigeants allemands ne préparent-ils pas un autre scénario « SURPRISE ». LIESI s’est exprimé sur ce point dans l’un de ses derniers numéros.

4 Commentaires

  1. Si les Allemands sortaient de la zone euro ce serait une très bonne décision mais les Oligarques mondialistes vont les regarder droit dans les yeux en pointant du doigt la Norvège.

  2. Merkel est comme nabo, elle travaille pour le nom mais elle est confrontée à une véritable opposition populaire qui a bien compris le jeu mondialiste. Ca compte l’opinion publique in germanie contrairement à la française !

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