Le cinéma européen et les “forces de marché”

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Le doute s’installe un peu partout… Et la décision de Moody’s, en pleine tempête boursière, d’abaisser la note de crédit de la Société générale, n’arrange pas les choses alors que son PDG fréquente les plateaux de télévision pour « rassurer » les gens. Il le fait d’ailleurs très mal car les personnes interrogées sentent le mensonge à plein nez. Bref, les capitalisations boursières des banques françaises ne cessent de fondre, comme le chocolat suisse. Avec la crise de la dette publique au sein de la zone euro, à laquelle les Européens peinent à répondre, les investisseurs sont, nous dit-on, de plus en plus inquiets pour la solidité du système bancaire européen. La situation est devenue telle qu’une sortie de la Grèce de la zone euro est ouvertement évoquée par de hauts responsables politiques en Allemagne et aux Pays-Bas.

Même si elles ont appliqué une décote de 21% sur la dette publique grecque qu’elles ont dans leurs comptes, les trois banques françaises (Crédit Agricole, BNP et Société générale) ont encore environ six milliards d’euros de dette souveraine grecque.  Crédit agricole et Société générale ont de surcroît des filiales dans le pays, avec respectivement Emporiki et Geniki . Surtout, une controverse est apparue fin août sur la valorisation des titres de dette grecque par certaines banques françaises. L’IASB, l’organisme chargé de fixer les normes comptables internationales, a reproché à certains établissements financiers, sans toutefois les nommer, d’avoir valorisé leurs créances sur l’Etat grec selon des méthodes internes de valorisation plutôt qu’en ayant recours aux prix de marché, ce qui aurait permis aux banques de passer des dépréciations moins lourdes dans leurs comptes.

La solution miracle des groupes occultes

On sait que le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, fut désigné après avoir été adoubé par le Groupe Bilderberg. C’est lui qui est donc chargé par ses « pairs » de préparer une réforme dans le sens d’une union économique renforcée entre les pays membres de la zone euro. Vaste programme que les médias justifient par « la pression des marchés ». Quelle belle formule ! Ces médias n’évoqueront jamais les raisons pour lesquelles ce sujet est aujourd’hui sur la table, alors qu’hier tout le monde s’en fichait. Bref, ces réformes devraient formaliser l’existence de l’Eurogroupe, lui conférer des pouvoirs de contrôle élargis, ainsi qu’un président permanent. Ce sera le sujet principal du sommet européen des 17 et 18 octobre… On peut faire confiance aux « forces de marché » pour mettre un peu plus de pression afin de justifier ce que les banquiers internationaux attendent… un peu plus de nouveautés en faveur d’un Nouvel Ordre Mondial.

Attendons le discours de José Manuel Barroso, le caniche de Washington, qui s’exprimera le 28 septembre, lançant officiellement le sujet lors du discours sur l’état de l’Union, lors de  la session plénière du Parlement européen à Strasbourg. De notre modeste point de vue, le sommet de Cannes, dont nous avons parlé récemment commentant la visite de M. Baroin à Pékin, devrait être suivi, courant décembre 2011, d’une conférence intergouvernementale et d’une profonde révision du traité européen. En conclusion, nous dirons que cette crise profite plus que largement au programme de l’exécutif du Groupe Bilderberg et de la Commission Trilatérale. Ces gens-là veulent en terminer définitivement  avec l’Etat nation.

18 Commentaires

  1. Bonjour

    Je vais oser mettre les pieds dans le plat mais et alors ? si ce “complot” existe vraiment, doit on regretter l’état nation, est il et a t’il été si vertueux que cela ? Nous sommes bien passé des tribus aux régions, des régions à l’état et pourquoi par l’étape suivante. Le royaume de France a été construit sur le même principe. Toutes nos guerres stupides ont comme source ce fameux état nation.

    Les enjeux qui nous attendent sont tellement lourds pour la survie de la race humaine sur les 100 ou 200 prochaines années que l’on peut légitimement se demander si la mise au commun plus large de nos ressources et de leurs gestion n’est pas finalement la seule solution : une coopération plutôt que de gaspiller bcp de tps et de ressources dans cette farce politique de pseudo démocratie comme vous le souligner si souvent. sans parler des inévitables conflits énergétiques qui vont entrainer les états nation dans une guerre.

    Ce n’est pas une opinion à ce stade, c’est juste une réflexion.

    • je suis d’accord avec toi sur le principe, c’est ce que j’ai toujours pensé.. Mais là sur ces principes, avec cette finalité, non 😉

    • Le problème c’est qu’ils ne veulent pas le “bien ou la survie de l’humanité” , ce qu’ils veulent se sont des marchés, des marchés et encore des marchés. Réduire le nombre ou le pouvoir d’états signifie privatisations à tout va. Il n’y a que leur profit qui les interessent. Et quand ils auront bouffé tout ça, Ils privatiseront l’air qu’on respire…

      • @Astimer
        D’accord avec toi, sur le principe, un même gouvernement, une même monnaie, c’est plutôt alléchant. Sauf, que la question à se poser est si tout est unifié… a qui profite la situation ?
        Les pauvres seront plus pauvres et les riches …
        Il se passe quelque chose, qui malgré le désordre ambiant, semble être tout a fait maîtriser par on ne sait qui, comme si tout était voulu..
        Faire tomber ce pion, fera tomber celui la ect…

      • @Cali forni, je ne sais pas si leur plan est bien huilé que ça.
        D’ailleurs il me parait bien tarabiscoté ce plan. Je pense que quelque chose ou quelqu’un leur mets des batons dans les roues et les menace de perdre à leur leur propre jeu.
        On le saura bientôt.

      • je suis conscient que ce ne sont pas des anges mais surtout c’est quoi l’alternative

        avons nous d’autre choix que de supra nationalisé ?

        autre élément, si on regarde sur le long terme dans l’histoire récente, disons 500 à 1000 ans, je crois que les richesses ont toujours été spoliées par une “classe dirigeante” et qu’à la limite elle n’ont jamais été autant distribuées qu’à ce jour

        un roi de france avait plus de richesse et de pouvoir que n’importe qui aujourd’hui : il faisait la guerre avec ses autres copains roi quand il le souhaitait (c’est à dire une fois par décennie au moins) avec des conséquences dramatiques pour ses paysans et tout cela pour sa gloire. Vous allez me dire que bush à fait pareil et vous aurez raison mais il a fallu ruser pas mal.

        dont oui l’inégalité est flagrante mais l’est elle plus qu’avant ou moins qu’avant ?

        et enfin on nourrit des politiques pour faire quoi aujourd’hui ?

      • L’alernative c’est d’écarter cette mafia du pouvoir, ce qui necessite effectivement une bonne purge au niveau des politiques. C’est de créer une véritable démocratie et non pas cette mascarade qui porte le nom “d’elections”. De déterminer les véritables priorités visant au “bien et la survie de l’humanité”, de désigner (tirage au sort) des personnes dont le rôle est de veiller sur ces priorités.. ainsi de suite.
        Y’ a du boulot ! et c’est bien plus complexe qu’il n’y parait.
        Le faire au niveau d’un état c’est déjà bien.. ça peut se propager très vite aux autres.

        Mais il y a certainement d’autres idées. Il va falloir innover et ne pas tomber dans la facilité que nous proposent ces “supra-multinationales”.

  2. @LIESI

    Désolé, mais votre papier du jour me laisse sur ma faim…. rien de nouveau, que du déjà dit, déjà connu…. vivement le prochain …!

  3. Pour Astimer

    C’est beau mais c’est irréel, utopique. L’homme est ainsi fait que tes idées ne sont pas applicables. Le pouvoir corrompt et rien ne peux changer cela. Ensuite il faut des compétences (ok on peut discuter des compétences actuelles de nos économistes et de nos politiques) mais je vois mal mon beau père (homme très compétent dans son domaine au demeurant) juger de quoi que ce soit : il comprendrait rien et ce ferait vite enfumé.

    je n’ai pas de solution mais je sais que c’est totalement utopique de croire que des “dirigeants” bosseront pour les autres dans l’abnégation

    pour être un dirigeant il faut au départ avoir un problème psychiatrique, un complexe de supériorité ou une ambition ou tout autre truc. Le mec normal et sain d’esprit ne voudra jamais devenir président d’une démocratie ou s’acharner à monter une multinationale en marchant sur tout le monde : il faut être fou et oublier que la vie ne se résume pas à son univers professionnel.

    vire les dirigeants actuelles et tu auras les mêmes demain.

    donc nous sommes dirigés par des fous et cela ne changera jamais : voila peut être le fond du problème 🙂

    • “Le mec normal et saint d’esprit ne voudra jamais devenir président “, c’est bien pour ça qu’il faut le lui donner, le pouvoir.
      Ca ressemble à la réplique de Marc Aurel à Maximus, quand celui-ci refuse de prendre le pouvoir que lui offre M.A. dans Gladiator, si tu l’as vu (c’etait une parenthèse).

      C’est un peu trop facile d’écarter des solutions sous pretexte que ce sont des utopies. Non, ce sont des possibilités. Si tu l’envisages une idée comme une possibilité, elle devient potentiellement réalisable. Dire “c’est une utopie”, ça revient à claquer la porte au nez à l’étranger qui vient t’apporter de l’air frais alors que tu etouffes chez toi.
      Si on veut se sortir de l’impasse il faut ouvrir nos esprits.. très grand.
      Etienne Chouard explique le tirage au sort : http://www.youtube.com/watch?v=WeZh2Pl3wXw

    • Extrait des Clavicules de la Sapience :

      20 – À une époque donnée, c’est parce que tout le monde pensait qu’une chose n’était pas possible, qu’elle ne le fut. Puis un jour il advint que quelques personnes pensèrent le contraire, et subitement la chose fut rendue possible. 😀

  4. dans la peur, le doute et l’incertitude, l’homme recherche ses racines, s’est sur de petits territoires que se construira notre nouvelle organisation. Cela passera peut être par une période difficile, voir trés difficile (survie), nous invinterons chacun dans nos territoires des modes d’échanges différents, une nouvelle organisation sociale naîtra naturellement, mettant cette fois ci en avant les personnes ayant des connaissances, des compétences et des talents profitables à la collectivité. Ce sera la fin de la ploutocratie reignante aujourd’hui.

  5. il existe aujourd’hui un système démocratique ou les dirigeants ne peuvent pas faire ce qu’ils veulent, car l’initiative appartient au peuple.
    C’est la démocratie directe (pas au sens de la Grèce antique) mis en place en Suisse.
    Chaque citoyen, sous couvert d’un nombre raisonnable de signature (ratio par rapport au nombre d’habitant), peut demander un référendum, tout comme les partis d’oppositions.
    Ce système est a mon sens le meilleur. Les Suisses votent plus en un an que les Français pendant toute leur vie.
    Il est aussi menacé par la membres du Bilderberg qui le considèrent comme un frein a leur projet de gouvernance mondial.
    Pour répondre à certains, il ne faut pas croire que passer sur une structure mondiale va nous libérer. Bien au contraire, nous serons encore plus sujet à l’esclavagisme de cette caste, il n’y aura plus de contrepouvoir.

  6. Je vous rejoins dans votre analyse. Effectivement, “ils” veulent en finir avec l’Etat nation. Prochaine étape de la “déconstruction Européenne” : Les états-unis d’Europe avec un pouvoir centralisé accru.
    JC Trichet parle de gouvernement confédéral avec un ministre des finances confédéral qui pourrait assurer l’ensemble de la gouvernance au sein de la zone Euro. Un pouvoir de surveillance (et d’ingérence !) qui devrait être étendu aux réformes structurelles jugées indispensables.
    Le mot d’ordre ? Les nations doivent sacrifier un peu plus leur souveraineté au nom de la construction Européenne afin de “sauver” l’Euro.
    La finalité ? L’hégémonisme planétaire d’une élite financière au service du Nouvel Ordre Mondial.
    L’heure n’est plus aux thèses constirationnistes tant décriées, l’heure est à la lucidité et au réalisme.
    Sortons de la Zone Euro et de l’Union Européenne. Retrouvons notre liberté tant qu’il est encore temps.

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