L’Allemagne ne pliera pas le genou devant les marchés anglo-saxons

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Angela Merkel, comme n’importe qui, est spectateur du bras de fer qui se joue entre les Etats et les marchés. La Chancelière allemande se rend bien compte qu’il n’existe qu’une seule solution pour calmer les spéculateurs: les Etats-Unis d’Europe. Mais l’Allemagne n’en veut pas !

Chaque mesure est suivie d’une nouvelle attaque du Marché.  Les marchés anglo-saxons  veulent que la Banque centrale européenne (BCE) rachète durablement la dette des pays en difficulté, et que l’on aboutisse à la création d’euro-obligations. Mais A. Merkel répond par la négative. Pour elle, il n’est pas question de remettre en cause les principes fondateurs adoptés en 1991 à Maastricht : la BCE veille à la stabilité monétaire tandis que chaque Etat doit gérer ses finances en père de famille. «Le pacte de stabilité s’étant révélé insuffisant, la surveillance et les sanctions vont être durcies fortement pour que tous retrouvent sur vingt ans un endettement inférieur à 60 % du PIB. La faillite de la Grèce ayant été le talon d’Achille de l’euro, le mécanisme d’aide sera conservé, mais il n’y aura pas de solidarité illimitée. Ainsi, nul ne prévoit de transformer la BCE en Reserve fédérale américaine, susceptible d’acheter indéfiniment de la dette publique. A force de soutenir les pays en difficulté, la BCE devrait être renflouée par le contribuable allemand, sans qu’il ait son mot à dire sur les gouvernements fautifs : non démocratique pour la Cour constitutionnelle de Karlsruhe, inacceptable par la Bundesbank».

Dans ce contexte, Attali et bien d’autres reviennent sur la solution fédérale, mais toute nouvelle délégation de souveraineté doit être soumise à référendum, comme l’a exigé la cour de Karlsruhe. “Ce saut fédéral ne passera ni chez nous, ni en France”, estime-t-on à Berlin.

On en revient donc aux méthodes classiques mais non appliquées depuis Maastricht : prévenir tout dérapage des économies, à l’aune de critères multiples ; sanctionner automatiquement les pays qui ne respectent pas la trajectoire de réduction de la dette. La Commission assurera cette surveillance, et les décisions seront soumises au verdict de la Cour de justice de Luxembourg, propose Berlin. Quant au Parlement européen, il n’est pas question qu’il ait son mot à dire sur les budgets, qui restent du ressort des Parlements nationaux. Dès lors, les marchés vont poursuivre leurs attaques à partir des comptes numérotés…

32 Commentaires

  1. Imaginons un monde, où personne n’aurait à payer pour ses erreurs, ou plutôt, un monde où les gouvernements du monde entier saigneraient leurs peuples aux 4 veines pour rattraper les erreurs des cupides banksters. Un monde où les gouvernements se décarcasseraient pour éviter aux marchés d’échapper à la règle de la gravité universelle, ne serait ce que quelques secondes, ou quelques heures, où la chute des indices boursiers serait enrayée…par une astucieuse machinerie fonctionnant à base de dettes quantiques.

    Ce monde qui défie les lois de la physiques n’a pas besoin d’être inventé. Il existe. Et aujourd’hui, ça fait un cac à plus de 4 %.

  2. Peut-être ça la bonne nouvelle….?!

    Les six pays triple A de la zone euro pourraient faire emprunt commun

    Berlin, Bruxelles Correspondants – Berlin jusqu’ici très opposé à tout projet d’euros-obligations – des obligations émises pour l’ensemble des membres de la zone euro – envisagerait désormais de lancer des emprunts pour le compte des six pays de la zone euro notés triple A. Outre l’Allemagne, seraient concernés la France, la Finlande, les Pays-Bas, le Luxembourg et l’Autriche. C’est ce qu’affirme, lundi 28 novembre, le site Internet du quotidien Die Welt. Le Royaume-Uni, qui n’est pas membre de la zone euro, pourrait y être associé. Surnommés “obligations d’élites”, ces titres pourraient être émis avec un taux compris entre 2 % et 2,25 %, affirme le journal.

    Le ministère des finances allemand a démenti dans la matinée cette information. Néanmoins, depuis l’échec de l’émission d’obligations allemandes, mercredi 23 novembre, et le sommet de Strasbourg, le lendemain, entre Angela Merkel, Nicolas Sarkozy et le premier ministre italien Mario Monti, les réflexions semblent s’accélérer en Allemagne pour présenter un plan de sortie de crise, avant même le prochain Conseil européen des 8 et 9 décembre.

    Dimanche 27 novembre, l’hebdomadaire dominical Die Welt am Sonntag affirmait que la France et l’Allemagne envisageaient la mise en place d’un pacte de stabilité limité à quelques pays de la zone euro. Ce pacte, qui ne concernerait que les pays volontaires au sein de la zone euro, serait juridiquement proche de l’accord de Schenghen sur la libre circulation des personnes qui ne concerne que vingt-deux pays européens. Angela Merkel constaterait en effet qu’elle n’arrive pas à imposer la réforme des traités à Vingt-sept, qu’elle appelle de ses voeux pour sanctuariser la discipline budgétaire

    Signe de l’évolution des esprits en Allemagne, l’économiste Peter Bofinger, qui est l’un des cinq économistes à conseiller le gouvernement, plaide désormais pour une intervention accrue de la Banque centrale européenne (BCE) et pour l’émission d’euros-obligations. “Si la BCE ne devait pas agir, s’il n’y a pas d’euros-obligations, nous courons à la catastrophe”, a-t-il déclaré dimanche 27 novembre dans les médias irlandais.

    “Nous ferions l’expérience d’un effondrement des marchés financiers. Nous verrions une récession extrêmement forte dans toute l’Europe. Nous aurions une longue période de très haut niveau de chômage dans toute l’Europe. Les banques feraient faillite et les gens perdraient leur argent”, a poursuivi cet économiste, jugé le plus à gauche des cinq experts du gouvernement.

    Les “obligations d’élite” permettraient à ces pays de se financer mais aussi de financer les pays en difficultés, comme l’Espagne ou l’Italie, en échange d’un programme d’assainissement.

    Le dispositif permettrait aussi de garantir les rachats de dette effectués par la BCE, dont on attend qu’ils montent encore en puissance dans les prochains jours pour apaiser la crise. Ce dispositif qui n’en serait qu’au stade de la réflexion permettrait aussi de contourner les difficultés que rencontre actuellement le Fonds européen de stabilité financière (FESF) pour accroître sa force de frappe.

    PISTE SÉRIEUSE

    La création d’obligations communes, est considérée comme une piste sérieuse. Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen, en fait l’un des principaux sujets de discussion dans la perspective du prochain sommet européen. Il espère que les chefs d’Etat et de gouvernement seront en mesure de fixer une “feuille de route” dont le but ultime serait, sur plusieurs années, la mise en place des euros-obligations.

    Dans des documents préparatoires au sommet, M. Van Rompuy utilise le terme de “mutualisation de la dette publique” des pays de la zone euro, sans en préciser les modalités. Un concept qu’il préfère à celui d’euros-obligations considéré à Bruxelles comme un chiffon rouge pour l’Allemagne.

    “Toutes les formes de mutualisation de la dette publique ne peuvent être envisagées qu’à la fin d’un processus, avec différentes phases, et différents critères, comme ce fût le cas pour le processus ayant conduit à l’euro”, estime M. Van Rompuy. Ce dernier fait d’une percée en ce sens l’un des éléments clefs de la réforme des traités que la chancelière allemande tente, désormais avec le soutien de M. Sarkozy et M. Monti, d’arracher à ses partenaires, afin de bétonner la discipline budgétaire au sein de la zone euro. Pour lui, la mutualisation des dettes ne pourra pas se faire sans davantage de consolidation, et des règles budgétaires plus strictes.

    Les discussions devraient gagner encore en vigueur à partir de mardi 29 novembre. L’entourage de M. Van Rompuy entame ce jour-là une série de consultations avec les représentants des chefs d’Etat et de gouvernement, dont Xavier Musca, le secrétaire général de l’Elysée, et Nikolaus Meyer-Landrut, le conseiller Europe d’Angela Merkel.

    http://www.lemonde.fr/

    • Je crois que de rumeur en rumeur et de discussion en discussion tout le monde mélange les plans à 20 ans (réductions des déficits à 60%) et les plans pour sauver l’Europe…
      Dans ce cas précis, s’il s’agit peut être d’une bonne idée, elle ne changera pas grand chose à court terme. Il me semble que l’Autriche a déjà perdu son triple A, la France va le perdre dans quelques semaines et les euros obligations ne concerneront que l’Allemagne…

      Aujourd’hui, je n’ai pas lu de rumeurs susceptibles de sauver l’Europe. La seule solution, comme l’a dit un économiste, consisterait à ne pas rembourser les dettes, à nationaliser les banques et à repartir à zéro. Mais, il y a quelques centaines de personnes qui ne sont pas d’accords et qui les politiques ne serait-ce que d’envisager cette solution.

  3. et maintenant le cac 40 chute, attention ça va faire mal ! l’euphorie aura été de courte durée, il n’y aura pas de miracle et l’enfumage n’arrive guère plus à nous faire gagner de temps ! on est pas rendu au sommet du 9 décembre où des propositions de refonte du traité européen sera proposée ! mais pour que celle-ci soit acceptée par tous ne faut-il pas se trouver au bord du précipice !

    • et oui, il faut comprendre que cette tactique s’emploie à faire douter, les investisseurs, donner aux gouvernements les moyens de faire accepter le fédéralisme tant attendu par les initiés. La peur est un excellent dopant.

  4. Plus de détail sur la machine à dette quantique pour passer les fêtes….

    http://www.lemonde.fr/crise-financiere/article/2011/11/28/les-six-pays-triple-a-de-la-zone-euro-pourraient-faire-emprunt-commun_1610146_1581613.html

    C’est quand même fort de songer à mettre en place une nouvelle structure à endetter, comme un nouveau réservoir où stocker et alimenter en dettes les pays qui n’ont plus le AAA. C’est un peu, en reprenant l’image du titanic, comme si le capitain Merkozy, découvrait qu’il restait une cloison étanche non envahie par les eaux, et qu’il décidait de l’ouvrir pour permettre aux parties innondées du bateau de se déverser dans celle-ci. Cela ne colmate pas la brèche mais ça fait gagner du temps.

    • « Mourir pour le yuan ? Comment éviter la guerre mondiale » par Jean-Michel Quatrepoint, journaliste
      – Chine et Allemagne ont une politique mercantiliste: ils produisent des exédents commerciaux.
      – la Chine est le créancier du monde.
      – le crédit est controlé par le gouvernement Chinois.
      – Les multinationnales allemandes sont patriotes: oeuvre en accord avec les syndicats pour les allemands
      – Les grands patrons allemands n’ont pas délocalisé en Asie mais seulement pour les éléments de base dans les pays limitrophe de l’europe de l’est.
      Tout en gardant l’assemblage du produit fini pour les travailleurs allemands.
      – en conséquence l’Allemagne avait en 2000 1400 Mds d’exédents commercial
      – Les autres pays europeens et les US ont leur multinationales qui travaillent au détriment du pays en détruisant le tissu industriel par la délocalisation
      et en finançant la consommation par la dette.
      – General Electric à 900 employés dédiés uniquement à l’optimisation fiscale (comment payer moins d’impôts)
      – Chine 2000 Mds d’exédents commercial
      – 3800 MdsEUR patrimoine financer français
      – 3200 MdsEUR BCE reserve
      – 1000 Mds$ dette subprime passé du privé au public
      – évaporation TVA avec facturation à l’étranger sur internet.
      – 2001 entrée de la chine dans l’OMC qui va créer du licenciement aux USA: diminution de la classe moyenne US (et européenne)
      – alliance Chine – Wallmart – Wall street : production mercantiliste, distribution paupérisante, financement créant de l’endettement
      – Guerre US en IRAK , Afghanistan financée par le Japon et la Chine.
      – Alliance Chine USA pour contrer la puissance économique du Japon en échange Hong-Kong revient à la chine et neutralité Chine dans le conflit US-URSS.
      – 1860 à 1914 première époque de mondialisation
      – qui se termine par la guerre de 14-18 à cause du sous-investissement en France et GB et se prolonge ensuite par la crise de 1929.
      – Intel est le seul a ne pas avoir délocalisé le “scaling” de ces µpro.
      – les systèmes de Transaction Ultra Rapide peuvent servir pour des manipulations de marché et ils sont effectivement utilisé pour cela.
      – le système chinois produit de plus en plus de classe moyenne

  5. finalement le cac est remonté pour cloturer en forte hausse, encore des rumeurs ou c’est la bonne nouvelle de pernaud qui se répand ?

  6. personnelement je n’y comprend plus rien la bourse a paris est a 5.45 ? ? ? ?

    alors je me demande quand ” CELA VA TOUS SAUTER ”
    quelqu’un peut t’il m’expliquer la réaction du CAC 40 ??? et ce que cela veut dire ?? es la ventes des actions ?,

    merci .

    • Cela s’appelle de la volatilité : le CAC40 fait du yoyo avec des grands écarts… Mais quand tu regardes mois après mois, le yoyo remonte de moins en moins haut. Cela permet de purger les produits dérivés qui perdent toute valeur au-delà ou en-deçà d’un cours.

  7. bof, la bonne nouvelle c’est que les italiens ont toujours de bons gouvernants, après les bunga bunga de berlu, leurs chomeurs vont-ils avoir droit au streep tease de the full monty, lol !

    • Ok pour du cours terme… Et l’idée de dire M…e au FMI est partagée par beaucoup.
      Mais le monsieur parle de croissance économique… c’était valable en 2001 pour l’Argentine.
      Ce n’est plus le cas. Croissance… sur quelle base? et surtout: voulons nous encore de ce modèle de consommation à outrance ou les signes ne sont-ils pas là pour passer à un autre modèle de société?
      Il n’y a pas de plan de relance de la “croissance” et ce n’est pas forcement un mal.
      Voilà le point de vue de Michel Drac qui vient contredire votre post Lionel:
      http://www.youtube.com/watch?v=50ysoRnFduI

  8. pas vu de bonnes nouvelles au 20 h sauf pour les fournisseurs de gaz qui ont réussi à démonter le gel sur la hausse des prix , comme quoi tout est relatif ! peut être une rumeur démentie dans la journée, j’attendais une Xe fausse solution miracle et bah non !

  9. oui, et on pourra aussi bientôt bouffer des ogm, c’est magnifique !!

    bref, pour en revenir à notre future sortie de l’euro, voici un article (visionnaire?) intéressant
    http://www.slate.fr/lien/46789/espagne-retour-peseta

    et voici le black Friday !! tous les ans, ce sont des soldes monstres aux USA, ventes d’électroménagers, vêtements etc à des prix im-bat-tables !! (jusqu’à 70%) et voici ce que ça donne, pour des serviettes de toilette vendues à 1.30$ !!! c’est affligeant

    http://www.youtube.com/watch?v=o1zGjbFU1uE&feature=player_embedded#!

  10. Sieg Heil Adolphinette von Merkel !
    Alles Fur DeutchReich !!!
    Gott Mit Uns !
    Ein Volk Ein Reich Ein Silber !
    f..k das juden-banksters !!!!
    BCE , du bist nur ein Sklave von juden!

  11. Je pense sincèrement le contraire, madame Merkel et son gouvernement vont accepter que la BCE monétise les dettes. Ils n’ont pas le choix, le rapport de force n’est pas en leur faveur.

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