La Grèce et ses créanciers… c’est le dialogue babélien

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Depuis des mois, on sait que les Grecs ne pourront jamais payer, ne serait-ce que les intérêts astronomiques de leurs dettes. Les plans d’austérité se succèdent et les tensions se multiplient. Ces tensions existent aussi entre les Etats de la zone euro et les créanciers privés du pays. Cela promet, surtout pour une année où les scénaristes des films hollywoodiens n’ont pas ménagé leur peine pour nous annoncer une année idyllique.

Pour la Grèce, on travaille sur 2020. Les plans d’aides s’ajoutent les uns aux autres : on a commencé avec 110 milliards d’euros, puis 30 milliards d’euros, des broutilles. On additionne ainsi tout en sachant que la Grèce ne pourra jamais payer.

Tout le monde discute en ce moment à cause de la Grèce. Le gouvernement avec le peuple, les banquiers supranationaux avec les eurocrates, les institutions supranationales avec les banquiers créanciers de la Grèce. Ce qui n’était que murmures laissent place à des altercations feutrées. Demain, plus personne ne s’entendra et il faudra peut-être inviter super Sarkoléon pour sauver l’ensemble. Tout le monde veut restructurer, mais personne ne consent à rogner sur sa marge bénéficiaire. On parlait au début de prendre en compte 30% du montant des dettes, puis ce fut 50%, maintenant on se risque à évoquer 60%. Intéressante déclaration de Victor Constancio, vice-président de la BCE, rappelant que l’institution n’est “pas impliquée” dans les négociations au sujet de la décote en cours : les discussions ont lieu entre le gouvernement grec d’une part et les créanciers privés d’autre part, dont ne fait pas partie la BCE. Cela dit, selon Barclays Capital, la BCE a acheté pour 36 milliards d’euros d’emprunts grecs depuis le lancement de son programme de rachat de dette publique en mai 2010. La perte actuelle serait de l’ordre de 20-25 milliards d’euros.

24 Commentaires

  1. Cela s’appelle les soldes d’hiver!…généralement la dernière semaine ou peu trouver du -70% voir même du -80% sur certains “produits…(toxiques!)” ^^

  2. “rien à voir” mais j’en profite pour le signaler à ceux qui ne l’aurait pas vu sous-titré en français:

    http://www.dailymotion.com/video/xng66l_apres-10-ans-de-silence-l-ex-agent-de-la-cia-susan-lindauer-peut-desormais-temoigner-sur-le-11-septe_news#from=embed

    j’avais beau le savoir mais l’entendre de cette façon, ça plombe quand même, surtout l’esprit profondément retors qui est derrière tout cela. Et aussi, si cela sort c’est qu’ils n’en n’ont plus rien à faire ou même cela leur est utile. brr !

  3. Nos dirigeants savent tout cela…

    Comment peuvent-ils encore faire semblant de croire encore en l’Euro ?

    (Au lieu de préparer l’après euro)

    • @ raiford

      derrière chaque élection des chefs d’Etats européens il y a eu soutien financier
      Evidemment ces financements sont occultes mais lient le chef d’Etat à son financier
      Ils ont fait allégeance non pas au peuple qui les a élu (pas moi!!!) mais à l’élite financière qui poursuit son but que nous connaissons tous qui est de détruire totalement l’Europe
      En effet, ils ont ordre de faire semblant de croire en l’Euro
      L’Union Européenne a été créée et financée par la CIA avec un plan qui arrive aujourd’hui à sa finalité

      http://fr.answers.yahoo.com/question/index?qid=20111116133306AAKgQEc

      • @ Lambda

        Donc ce sont des taupes au service d’une puissance étrangère.

        En temps de guerre, cela s’appelle de la haute trahison, crime puni de mort .

  4. A voir.

    Pour ceux qui n’ont pas encore vu la fiction de BFM hier soir (d’ailleurs je dirais plus anticipation que fiction) où la mort de l’€uro était annoncée en direct.

    Ils ont coupé le moment où le correspondant aux USA de BFM annonçait que la bourse américaine était à -13%.
    Si quelqu’un à la version intégrale qui dure environ 3/4mn de plus, je prends !!

    http://www.youtube.com/watch?v=4Od14A4N13M

  5. La grande histoire ne gardera peut être pas une seule trace de ce dimanche soir. Pourtant, place de la Constitution, les indignés étaient de retour, mais cette première (?) salve devant le palais d’hiver de la Papadémocratie avait plutôt l’air d’une audition, au mieux d’une petite répétition dans le théâtre du futur. Deux mille personnes, guère davantage.
    Seulement, l’hologramme de notre lame de fond de l’écœurement était bien visible. On inventait également un peu de la nouvelle économie. Un bazar d’échange de livres, une femme offrant des sucreries «parce que la lutte en hiver c’est autre chose», les motards indignés, et même ce monsieur, habitué de Syntagma et sa pancarte annonçant un cancer au cerveau. On vendait aussi des cacahouètes et on achetait de l’espoir sous les 5°C. Athènes n’aime ni le froid, ni la
    Troïka.

    Au centre de la place, un slogan provoque à la fois réflexion et scepticisme : «Bonne année 2012 et la liberté avec ?». Une dame s’attarde devant, fredonnant une chanson connue de tous, sur le courage. Son regard était fatigué mais encore plein d’espoir. Devant l’Assemblée anti-Nationale et anti-sociale, le slogan principal était lapidaire: «Pendaison pour les traîtres de la Grèce». Au cœur de la place, des gens se retrouvent depuis l’été dans l’émotion, d’autres, sont déjà acteurs connus au sein des comités de quartiers. Ces gens sont déterminés et surtout, bien engagés, on établit déjà un premier bilan du passé et on prépare l’avenir. Notre chien humaniste, Loukanikos n’a pas manqué à l’appel et sa présence fut appréciée par tout le monde.

    Sauf par les forces œuvrant pour les occupants. La police a violemment délogé les indignés vers 19h. Une femme de soixante ans a hurlé : «Que voulez-vous, je suis au chômage … tuez-nous alors…». Papoutsis, ministre de l’intérieur au cercle de la social-démocratie disparue, et ancien Commissaire à Bruxelles, a une fois de plus, ordonné la répression démesurée. Le but étant de terroriser les citoyens, de leur interdire la place Syntagma, après leur avoir supprimé le dernier strapontin dans l’espoir. Seulement, les gens sont tous partis très déterminées, faisant la promesse d’y revenir. Sauf un, blessé, il a été évacué vers l’hôpital.
    On vendait aussi des cacahouètes

    Notre dictature protozoaire ne supporte alors plus, le moindre rassemblement populaire. Depuis quelques jours, le P.S. et les autres Papadémons examinent avec intérêt, la proposition de Dora Bakoyanni, chef d’une petite formation de droite ayant fait scission avec la principale droitière de service, le parti de la Nouvelle Démocratie de Samaras. Interdire toute manifestation au centre ville “afin de préserver l’attrait touristique”. Elle fait partie de ceux … parlementeurs familliocrates, son père Kostas Mitsotakis, fut Premier Ministre dans le passé. Seulement le peuple n’a pas l’air d’apprécier les initiatives de Dora Bakoyanni. Samedi soir, elle était en train de dîner dans un restaurant chic de la ville d’Héraclion en Crète, lorsqu’elle a été repérée par des indignés, lesquels ont brisé la vitre de l’établissement, lui adressant aussitôt yaourts et cailloux (www.topontiki.gr). Le restaurant s’appelle Lucullus; mais le repas du coup … l’était bien moins.

    En attendant les hauts dignitaires Troïkans à Athènes cette semaine, les dents grincent. «Ils veulent nous faire peur mais comme nous sommes entrés dans la troisième guerre mondiale et économique, nous reviendrons et nous allons frapper le moment venu», m’a dit un jeune manifestant. Chez les policiers également, il y a de la grogne mais elle reste contenue. Ce n’est pas facile de taper sur son cousin chômeur pour gagner 700 euros net par mois. En plus, la Police livre une bataille terrible contre une criminalité qui explose depuis un an. Les retraités de l’Armée, ont créé de leur coté, deux mouvements de résistance et de renouveau politique, selon leurs propres termes. Les bancocrates quant à eux, ils nous préparent la nouvelle répression, faisant appel à une sorte d’Euro-corps et à l’OTAN. Parait-il, la principale raison du limogeage des trois chefs d’État-major à l’automne dernier, deux jours avant la démission de Papandréou, tenait du refus de la part des militaires, d’utiliser l’armée pour mater une probable révolte populaire et non pas, le prétendu risque d’un putsch des généraux, comme Papandréou avait suggéré aux Merkoziens durant le sommet à Cannes.

    De toute façon il n’y a pas photo. Le jour où les forces de l’ordre vont quitter le coté obscur de la force, les carottes seront alors bien cuites et … les choux de Bruxelles réduits en purée.
    On se le disait entre indignés ce soir place de la Constitution, rêvant même d’une nouvelle constituante. Les écoutant, je ne savais pas quoi imaginer. On prend parfois ses rêves pour la réalité certes, mais les rêves des uns, font le cauchemar des autres, c’est bien connu aussi. Surtout sous les dictatures.

    «Bonne année 2012 et la liberté avec ?»

    Publié par panagiotis grigoriou à l’adresse 22:38

    http://greekcrisisnow.blogspot.com/2012/01/indignes-ii.html#comment-form

  6. Voila pourquoi les négociations trainent avec les Banksters:

    Ils veulent imposer le Droit anglais comme nouvelle règle des obligations grecques :

    Vice-ministre des Finances Filippos Sachinidis a déclaré au parlement la semaine dernière que l’émission de nouvelles obligations relevant du droit anglais était en discussion
    «La demande de nos créanciers que les nouvelles obligations régies par le droit anglais n’a pas été acceptée”, le Premier ministre a déclaré Lucas Papademos le 2 Décembre, parlant au parlement. Un mois plus tard, des négociations difficiles sur la participation du secteur privé (PSI) traitent seraient forçant le gouvernement grec pour franchir cette ligne rouge et d’accepter l’émission de nouvelles obligations en vertu du droit anglais, répondant à une demande clé obligataire et privant la Grèce d’un grand avantage sur ses créanciers.

    Lee Buchheit, un partenaire au cabinet d’avocats international Cleary Gottlieb Steen & Hamilton qui agit comme conseiller auprès du gouvernement grec sur le PSI, avait écrit il ya quelques mois que «de loin le plus grand avantage que la Grèce bénéficierait d’une restructuration de sa dette découle du fait que tant de l’encours de la dette est expressément régies par la loi grecque (90 pour cent ou plus). ”

    Dans un document intitulé «dette grecque: Les scénarios de fin de partie», Buchheit, l’un des avocats les plus éminents dans le monde en cas de restructuration de la dette, dit que “la restructuration pourrait être facilité en quelque sorte par un changement à la loi grecque».
    Si la loi anglaise est appliquée à des nouvelles obligations émises en vertu du PSI complexe, la partie grecque aurait à faire face aux conséquences suivantes:

    Confiscation de biens: Selon le droit international ainsi que de nombreux systèmes juridiques nationaux, quand une propriété est située dans la juridiction de l’Etat légiférant, ce dernier a le pouvoir (de facto ou par la loi) de nationaliser ou de transférer la propriété sans compensation.
    Le Wall Street Journal a rapporté le 5 Janvier que «la Grèce a accepté de considérer que les nouvelles obligations régies par le droit anglais, qui signifie créanciers seraient autorisés à saisir les actifs grecs si le pays échoue sur ses paiements”.

    Les mains attachées: «Si les obligations sont régies par le droit grec, ça va être plus facile pour législateur grec d’adopter une loi qui modifie simplement les liens, ce qui serait beaucoup plus difficile à faire pour les obligations anglaise gouverné par la loi», Steven Friel, un plaideur avec le cabinet d’avocats Brown Rudnick, a déclaré à Reuters. Comme Buchheit a écrit, «aucun pays débiteur dans l’histoire moderne a été dans une position de manière significative à affecter le résultat d’une restructuration de la dette souveraine en changeant certaines caractéristiques de la loi par laquelle la grande majorité des instruments sont gouvernés».

    Compétence: “Le droit de poursuivre devant un tribunal anglais offre aux investisseurs une plus grande chance de tenir ferme face à une restructuration», The Economist a récemment écrit. Comme l’a soutenu par des professeurs d’université Stephen Choi (New York), Mitu Gulati (Duke) et Eric Posner (Chicago) dans leur article “Tarifs Conditions de contrats de dette souveraine: une étude de cas grec avec implications pour le mécanisme de résolution des crises européennes», «le titulaire d’un lien en anglais-loi, en raison des dispositions approbation majorité qualifiée dans les contrats obligataires telles que régies par la loi anglaise, aurait une plus grande capacité à résister à toute offre de restructuration de potentiel que le détenteur d’une obligation grecque loi, qui, fondamentalement, n’aurait pas capacité à tenir le coup. ”
    Athènes Nouvelles 16/Jan/2012 page 5

    http://www.athensnews.gr/issue/13478/52264&usg=ALkJrhi3jGTKjmcnDlUoBMdvPUrLcV0wPg

  7. la BCE a acheté pour 36 milliards d’euros d’emprunts grecs depuis le lancement de son programme de rachat de dette publique en mai 2010. La perte actuelle serait de l’ordre de 20-25 milliards d’euros.
    heu on nourrit combien de personnes avec ce montant.?

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