Japon : le retour de l’inflation

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Les autorités bancaires japonaises font le pari d’un retour de l’inflation. Pour preuve, elles réitèrent ce qui n’avait pas été fait depuis juin 2008, à savoir des émissions d’obligations indexées sur l’inflation (JGBi). A ce jour, les banquiers centraux japonais sont réputés pour pratiquer une politique monétaire d’assèchement du marché. Précisons que l’objectif de l’inflation retenu par la banque centrale est seulement de 1% !

De toutes les façons, précise une étude de Bank of America : «Compte tenu du haut niveau de dette au Japon, à un certain moment, les taux devront augmenter lorsque la démographie ne fournira plus assez d’épargne pour soutenir le marché obligataire». Les autorités monétaires sont bien conscientes que ce retournement va peser sur le prix des obligations détenues de 6.300 milliards de yens (58 milliards d’euros) pour les banques japonaises. Voilà sans doute la raison pour laquelle la même banque américaine avertit  que «les pertes et le risque élevés ont fortement entamé la capacité des banques à prendre un surcroît de risque».

18 Commentaires

  1. voici un article qui a le mérite d’expliquer pas mal de choses :

    Les grands empires, comme Rome et l’empire britannique, étaient exploiteurs. Ces empires réussirent parce que la valeur des ressources et des richesses tirée des territoires conquis excédait le coût de la conquête et de la gouvernance des terres conquises. La raison pour laquelle Rome n’a pas étendu plus avant son empire à l’Est en Allemagne n’a rien eu à voir avec les prouesses militaires des Germains mais tout à voir avec le calcul fait par Rome que le coût de la conquête excéderait la valeur des ressources exploitables.

    L’empire romain s’est effondré parce que les Romains épuisèrent leurs ressources humaines et naturelles dans des guerres civiles, se déchirant entr’eux pour la conquête du pouvoir. L’empire britannique a échoué parce que celui-ci s’est épuisé à combattre l’Allemagne dans deux guerres mondiales. Dans son livre “La règle des empires”, publié en 2010, Timoty H. Parsons remet en perspective le mythe de l’empire civilisateur avec la vérité de l’empire exploiteur. Il décrit le succès des Romains, du califat d’Umayyad, des Espagnols au Pérou, de Napoléon en Italie, des Britanniques en Inde et au Kenya, succès dû à l’extraction des ressources. Pour baisser le coût de gouverner le Kenya, les Britanniques ont développé une conscience tribale et inventé des coutumes tribales qui favorisaient la gouvernance britannique.

    Parsons n’examine pas l’empire américain, mais dans son introduction au livre, il se demande si l’empire américain est vraiment un empire dans la mesure où les Américains ne semblent pas tirer profit de l’exploitation faite. Après huit ans de guerre et une tentative d’occupation de l’Irak tout ce que Washington a reçu pour ses efforts ne sont que quelques milliers de milliards de dollars de dette supplémentaire et pas de pétrole irakien. Après 10 ans et une lutte ayant également coûté plusieurs milliers de milliards de dollars contre les Talibans en Afghanistan, Washington n’a rien à montrer si ce n’est de manière possible, quelques parts dans le commerce de la drogue qui est utilisé pour financer les opérations secrètes de la CIA.

    Les guerres de l’Amérique sont très coûteuses. Bush et Obama ont doublé la dette nationale et le peuple américain n’en a tiré absolument aucun bénéfice. Aucune richesse, aucun pain et aucun jeu n’abondent pour les Américains des guerres de Washington. Alors pourquoi ? de quoi s’agit-il ?

    La réponse est que l’empire de Washington exploite les ressources du peuple américain lui-même pour le pur bénéfice des intérêts personnels de quelques groupes qui régissent les Etats-Unis. Le complexe militaro-industriel, Wall Street, l’agro-business et le lobby d’Israël utilisent le gouvernement pour pomper les ressources des Américains tout à leur profit et soif de pouvoir. La constitution des Etats-Unis a été pompée pour les intérêts de l’état policier et les revenus des citoyens ont été redirigés dans les poches du 1%. Voilà comment fonctionne l’empire américain.

    Le nouvel empire est différent. Il existe sans avoir à conquérir. La force militaire américaine n’a pas conquis l’Irak et a été obligée de quitter le pays par un gouvernement fantoche que Washington avait elle-même installé. Il n’y a pas de victoire en Afghanistan et après une décennie de guerre, l’armée américaine ne contrôle toujours pas le pays.

    Dans le nouvel empire, le succès des guerres n’est plus important. L’exploitation se produit par le fait d’être en guerre. Des sommes énormes d’argent des contribuables ont été siphonnées dans les industries de l’armement et une énorme partie du pouvoir absorbée par la Sécurité de la Patrie (NdT: Roberts fait ici référence au DHS, Department of Homeland Security, la Stasi, Securitate du pays du goulag levant). L’empire américain ne fonctionne qu’en privant, volant les citoyens de leur richesse et de leur liberté.

    Voilà pourquoi la guerre ne peut pas prendre fin, ou si l’une s’arrête, une autre doit commencer. Rappelez-vous lorsqu’Obama est arrivé à la Maison Blanche et qu’on lui demanda ce qu’était la mission américaine en Afghanistan ? Il répondît alors qu’il ne savait pas en quoi elle consistait et qu’il fallait définir cette mission.

    Obama n’a jamais défini cette mission. Il a renouvelé la guerre en Afghanistan sans jamais en établir le but. Obama ne peut pas dire aux Américains que le but de la guerre est de renforcer le pouvoir et les profits du complexe militaro-industriel aux dépends des citoyens américains.

    Cette vérité ne veut pas dire que les objets de l’agression militaire américaine n’ont pas de prix. Un très grand nombre de musulmans ont été bombardés et assassinés, l’économie de leur pays et les infrastructures complètement détruites, mais pas afin de pomper leurs ressources.

    Il est ironique de constater, que sous le nouvel empire, ses citoyens sont siphonnés de leur richesse et de leur liberté afin de détruire les vies des populations étrangères ciblées. Tout comme les musulmans bombardés et assassinés, les Américains sont les victimes de leur propre empire.

    Article original en anglais : Empires Then and Now

    Dr. Paul Craig Roberts économiste, il était l’assistant secrétaire au trésor de l’administration Reagan (secrétaire d’état aux finances chez nous), éditeur associé au Wall Street Journal, Senior Research Fellow de la Hoover Institution, Stanford University, il tînt la chaire William E. Simon Chair de Politique Economique, Center for Strategic and International Studies, Georgetown University.

    Il est l’auteur et le co-auteur de neuf livres et a témoigné devant des commissions d’enquête du congrès américain en trente différentes occasions.

    Paul Craig Roberts est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca. Articles de Paul Craig Roberts publiés par Mondialisation.ca

  2. La note du Japon est de Aa3, les agences de notations peuvent encore aggraver la situation. Le coût des réparations de Fukushima est estimé à 100 milliards d’euros sur 40 ans, c’est vraiment apocalyptique.

  3. Bonjour,
    Le Japonnais reste isolé, comme au XVIème où il voit arriver les commerçants. Il attendra le XIXème pour rencontrer l’industrialisation. Le Japonnais ne veut plus épargner? HSBC a quitté récemment le navire, une seule centrale nucléaire sur 54 tourne(15 % de baisse de consommation?), contamination exponentielle( coût inconnu ou plutôt si, coût humain énorme), yen surestimé, technologie avancée et système féodal. Le Japonnais n’a pas beaucoup de choix mais il sait rester digne. Comme dit bOa: “à un certain moment, les taux devront augmenter..”

  4. Le Japon semble quasi-condamné à l’horizon de la fin du siècle, à cause de sa démographie sinistrée. Si l’on se réfère à l’analyse de la démographie japonaise faite par Olivier Berruyer (les-crises.fr) en mai 2011, on constate les faits suivants :

    – le taux de fécondité n’est plus que de 1,5 enfant par femme, alors qu’il doit être égal à 2 pour assurer la stabilité de la population. Il entraîne donc un fort recul des naissances.
    – la population commence à diminuer au Japon (pic atteint en 2004, avec 127 millions) : le taux de natalité ayant été dépassé par le taux de mortalité,
    – le ratio de dépendance (nb de personnes à charge des adultes) : Il atteint déjà 6 personnes pour 10 adultes, et frôlera le 1 pour 1 en 2050 !

    Enfin, selon une étude du Ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales de janvier 2012, la population japonaise devrait passer sous la barre des 100 millions d’habitants d’ici 2048, et approcher les 86 millions en 2060. (wikipédia)

    On imagine aisément les pb à venir de financement de la dette….

    • OUHLALA BFO ! Une projection de l’état d’une population à 2060 ! C’est oublier un peu vite ce qui se passe en ce moment, où en sera la population mondiale dans cinq ans ?

  5. Entendu sur BFM business : TEPCO aurait demandé au gouvernement japonais une injection de liquidités de 9 milliards d’ euros …

      • Là j’ai du mal à comprendre, imaginez vous 4 réacteurs nucléaires entrés en fusion sur le territoire français. 96 tonnes de corium dans le sol de Fukushima, le danger que cela représente pour la population Japonaise.

      • Bonjour,
        CLAIR-VOYANT vous avez raison sur les réacteurs toujours en “développement” au Japon. Les opérations ne sont pas “sous contrôle” et l’on a plus l’impression à un camouflage savamment appliqué à tel point que la population est prise en otage.Le parc nucléaire japonnais pour “éteint” qu’il soit doit être constamment refroidi, une seule défaillance et c’est la catastrophe. Au Japon ils vivent l’enfer insidieux, en France nous n’avons pas, aussi, de schéma pour arrêter ces chaudières “éternelles”.

  6. Comme vous allez le constater,tout est toujours sous controle….! Dormez tranquille braves gens…!

    La Tokyo Electric Power Company le 27 Mars a annoncé qu’elle avait mesuré une dose de rayonnement élevé 72,9 sievert par heure (maximum) dans le confinement de la centrale nucléaire de Fukushima n ° 2 …/…..

    La dose a été enregistrée de 31,1 à 72,9 sievert par heure. La dose létale est de 7 à 8 Sv.!

    http://www.scoop.it/t/fukushima-informations

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    Fukushima : d’après NHK World, la chambre de suppression de l’unité n°. 2 “pourrait avoir été détruite”

    http://www.gen4.fr/blog/2012/03/alerte-fukushima-tepco-estime-que-la-chambre-de-suppression-de-lunit%C3%A9-n-2-pourrait-avoir-%C3%A9t%C3%A9-d%C3%A9truite.html

  7. @realinfos;

    On parle de “SARKO”-phage pour contenir les irradiations de Fukushima et de Tchernobyl. Mais comme nous, nous sommes plus malins que les autres, nous aurons pour cinq ans encore un “SARKO”-prophage. Miam-Miam !!

  8. Maintenant je me demande combien de ceux qui parlent en mal du Japon y ont déjà mis les pieds, Olivier Delamarche en tête???

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