Des chinoiseries bancaires à répétition

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Avant l’article Menthalo sur le marché chinois qui donne des signes plutôt inquiétants, nous avions publié l’article Un problème devenu universel : les créances douteuses des banques. Nous faisions état des difficultés de la banque chinoise Agricultural Bank of China (AgBank). Voici encore une autre information sur le système bancaire chinois : elle confirme l’existence de cadavres que contiennent les banques chinoises au niveau de leurs prêts. En effet, après AgBan, c’est le tour de China Construction Bank, préoccupée apparemment par une progression de ses créances douteuses.

China Construction Bank est la deuxième banque du monde par sa capitalisation. A ce jour, le montant de ses créances se porte à 169 milliards de yuans (20 milliards d’euros). Sa direction envoie des informations au marché «qui ont confirmé les craintes relatives à la surchauffe du secteur bancaire chinois. Le ralentissement général de l’offre de crédit en Chine (tant à l’égard des collectivités locales, des promoteurs immobiliers que des ménages) depuis deux ans a fait grimper les marges des prêteurs, mais la progression des créances douteuses et litigieuses (CDL) dans leurs bilans s’accélère. Le gouvernement chinois tente d’encourager le crédit aux PME, tout en limitant les prêts à l’immobilier pour lutter contre le phénomène de bulle» (Agefi). Des signaux se multiplient traduisant une accélération des dégâts dans les secteurs de l’immobilier, la construction et la distribution. Le ralentissement de l’activité économique chinoise renforce les prêts «douteux».

Comme les autorités de Pékin préparent les acteurs internationaux à un déclin de la croissance chinoise, il faut nécessairement en déduire des effets dominos pour l’activité économique et les secteurs en bulle !

Rappelons que le Premier ministre a récemment déclaré que la croissance chinoise serait très probablement inférieure cette année à 8%. Or plusieurs spécialistes occidentaux de la Chine ont toujours affirmé, depuis de nombreuses années, qu’une croissance inférieure à 8% serait un signal inquiétant pour la reprise économique mondiale.

Pas étonnant que Bank of America ait exprimé son intention de céder la majeure partie de sa participation dans China Construction Bank (CCB) pour 6,6 milliards de dollars en numéraire. Autant prendre des plus-values tant qu’elles sont encore au rendez-vous.

Nouvelles…

Hier matin, d’aucuns ont fait valoir qu’une statistique publiée sur l’industrie manufacturière en mars traduisait l’expansion de l’activité manufacturière en Chine pour le mois de mars. Personne n’a prétendu que l’activité chinoise était au point mort, mais elle ralentit. Le gouvernement chinois publie ses statistiques tout en reconnaissant  une croissance de 7,5% pour 2012, soit un taux bien inférieur aux deux années précédentes. Mais des banques étrangères comme HSBC signalent déjà le ralentissement de la croissance dans la deuxième économie mondiale. Qui croire ? Peu importe, les uns et les autres annoncent la même couleur… Zhang Liqun, du Centre de recherche sur le développement, un centre d’études gouvernemental, fait un commentaire synthétique : “La croissance économique à venir va continuer de marquer un ralentissement”.

La Norvège doute de l’Europe

Autre nouvelle importante, mais qui ne concerne pas la Chine : le gouvernement norvégien vient de proposer que son fonds souverain diminue son exposition à l’Europe et accroisse le poids des pays émergents ! La Norvège est un des rares pays européens à tirer profit du scénario évoqué par LIESI : un futur choc pétrolier que les insiders préparent dans des cercles feutrés.

Espérons que cette décision du gouvernement norvégien ne sera pas sanctionnée par l’oligarchie européenne par un autre mauvais coup… un attentat sous fausse bannière, comme on en voit un peu trop ces jours-ci.

19 Commentaires

  1. Votre lucidité concernant la NORVEGE est remarquable….
    La couronne norvégienne a supplanté le CHF, depuis son arrimage à l’Euro….et l’afflux de
    capitaux à Oslo n’est pas facile à gérer pour le gouvernement….
    Avec une expansion rapide de son économie, grâce au PETROLE, le pays, est l’un des plus
    Riche au Monde avec une politique sociale et économique très développée…
    Le fond souverain norvégien est doté d’une puissance de feu de 430 Milliards d’euros environ…ce qui pourrait effectivement donner quelques idées aux Banksters Internationaux….
    …..surtout si la NORVEGE veut rester INDEPENDANTE et ne pas appliquer le Schéma du
    Nouvel Ordre Mondial…..La SUISSE en sait quelque chose !!!!!

    • C’est pas sur une île appartenant à la Norvège, dans l’Arctique, que se construit l’arche de Noé végétal ?
      Cette île se nomme Svalbard et bénéficie d’un statut spéciale.
      Cette arche est financée, entre autres, par Bill Gates, un mondialiste.
      Bill Gates, mondialiste, est donc copain-copain avec les Banksters internationaux.

      Pas de conclusion attive sur la Norvège, ni sur un autre pays.

      Pas de conclusion attive.

      Tout est beaucoups plus compliqué et Malin que vous semblez le penser.

      Mais en même temps très simple à condtion de lire à travers la bonne grille.

      Encore un fois, il n’y a pas le camps des bons et celui des mêchants.

      Que celui de Dieu et celui de Lucifer.

      Là est la bonne grille.

  2. …”Les Personnes arrêtées pour des infractions mineures peuvent se révéler les plus sournois et dangereuses criminels, “…
    Pour ces constatations confondantes , les juges de la Haute Cour de Justice US ont tranché :
    Ce sera la fouille à nu pour les dangereux contrevenants au stationnement interdit ou aux possesseurs de Yorkshire qui promènent toutou sans la laisse.

    http://rt.com/usa/news/strip-supreme-court-florence-077/

    Les fondements des étasuniens vont être mis à mal…

  3. Chroniques émergentes : La Chine falsifie-t-elle son carnet de santé ?

    Cécile Chevré chronique Agora

    Les économies auraient-elles une capacité d’auto-guérison ? Nous sommes les premiers aux Publications Agora à annoncer krach, clash et chocs. Parfois à tort, souvent à raison.

    En ce qui concerne la Chine, nous ne parvenons pas à savoir quoi en penser. Ce qui est rassurant, c’est que nous ne sommes pas les seuls à nager en plein océan d’incertitude.

    Il faut dire que l’empire du Milieu envoie des signaux contradictoires. Dernier exemple en date : l’indice PMI. Qu’est-ce que ce PMI, Purchasing Managers Index ? Un indicateur clé de l’activité manufacturée – et donc de l’état de santé de l’économie en général. Au-dessus de 50, l’activité se développe ; en dessous, elle se contracte.

    Selon un organisme semi-officiel chinois, l’indice PMI aurait augmenté à 53,6 en mars, bien au-delà des 51 attendus par la plupart des analystes.

    Jusque là, tout va bien donc.

    Lies, blooming lies and statistics
    Sauf, que selon les données recueillies par HSBC, cet indice PMI se serait contracté en mars, à 48,6, et ce pour la cinquième fois de suite. Non seulement l’indice PMI d’HSBC affiche une sacrée différence avec celui de la China Federation of Logistics and Purchasing mais surtout l’un indique une dégradation de l’économie chinoise alors que l’autre semble prouver une reprise.

    Dans le Wall Street Journal, Tom Orlik fait le point sur ce qui pourrait expliquer cette divergence :
    – L’indice semi-officiel accorde une place plus importante dans son calcul aux grandes sociétés étatiques, qui sont plus soutenues par Pékin et dont la santé économique est meilleure que celles de plus petites sociétés ne bénéficiant pas de cette aide.

    – Ce même indice ne prend pas assez en compte les nécessaires ajustements saisonniers. Prenons un exemple, en France la consommation explose au moment des fêtes de fin d’années ou pendant les périodes de soldes. Pour obtenir un indice annuel “lissé”, il est nécessaire de corriger les chiffres selon le contexte.

    Or, comme l’explique Tom Orlik, l’indice PMI rebondit tous les ans en mars. Une des explications possibles est que les analystes de la CFLP n’ajustent pas suffisamment leurs données alors que l’activité industrielle redécolle chaque année après le ralentissement dû aux fêtes du Nouvel An chinois – qui s’étalent sur 15 jours et ont lieu en janvier ou février selon les années.

    Tout cela explique peut-être la différence constatée entre les deux PMI… En partie seulement. Le fait n’est un mystère pour personne : les chiffres ne sont jamais totalement fiables – et Pékin est connu pour être encore plus opaque que d’autres pays. Mais avant de jeter la pierre au gouvernement chinois, n’oublions pas que la tentation d’arranger les statistiques officielles est grande pour de très nombreux gouvernements. Nous sommes souvent revenus sur les méthodes plus que discutables de calcul de l’inflation aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis. Et ne parlons pas des statistiques du chômage des deux côtés de l’Atlantique.

    Quoi qu’il en soit, nous accordons un peu plus de crédit à l’indice PMI d’HSBC qu’à celui de la CFLP.

    Qu’est-ce que cela signifie ?
    Au fond, qu’importent les chiffres. La Chine connaît un atterrissage. Peut-être pas l’atterrissage dur que certains prédisaient, mais ralentissement tout de même.

    Les métaux constituent un indice de ce mouvement de faiblesse, tout particulièrement le fer. Comme me l’expliquait Florent Detroy, le cuivre a longtemps servi de thermomètre à l’activité chinoise. Un indicateur faussé par la spéculation et les marchés à terme et qui a progressivement perdu de sa fiabilité. Le cours du fer, par contre, reste “vierge” de ce catalyseur de tendance qu’est la spéculation.

    La Chine est un gros consommateur de fer, qui accompagne son développement économique et surtout ses investissements en infrastructures : “Le gouvernement [chinois] vient ainsi de lancer un vaste programme de construction de logements sociaux. 36 millions d’appartements vont être construits d’ici 2015. Ce programme pourrait loger l’équivalent de la population allemande. Or le fer est indispensable au bâtiment. Alors que la Chine consomme déjà autant de fer que les Etats-Unis, le Japon et l’Allemagne réunis, ce programme va pousser la Chine à se jeter sur n’importe quelle cargaison de fer dans les mois à venir”, rappelait Florent en janvier dernier dans l’Edito Matières Premières & Devises.

    Les importations chinoises de minerai de fer sont en baisse depuis le Nouvel An. Signe probable d’un ralentissement de l’activité dans l’empire du Milieu.

    Faut-il s’en inquiéter ?
    Réponse de Normand : oui et non. Ce ralentissement était prévisible mais il ne faut surtout pas sous-estimer la capacité de réaction du gouvernement chinois – et ses réserves de liquidités.

    Bloomberg Businessweek, nous apprenait que 31 gouvernements locaux chinois ont augmenté le salaire minimum. Des hausses loin d’être négligeables : 35% dans la province du Henan, 23% dans le Sichuan, 14% dans celle de Shenzhen…

    Le potentiel de croissance chinois ne doit surtout pas être négligé… mais, comme toute évolution, celle-ci n’est pas linéaire. Reste à identifier la gravité des hoquets de l’économie. Avec des chiffres peu fiables comme ceux du PMI, c’est parfois difficile.

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