Vive inquiétude pour les banques espagnoles

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La presse espagnole en parlait depuis quelques jours. Il y a 48 heures, le gouvernement espagnol a annoncé qu’il “prendra le contrôle” de Bankia, la quatrième banque cotée du pays qui croule sous les actifs immobiliers risqués. L’annonce d’une nouvelle réforme du secteur bancaire est même attendue ce vendredi. C’est la huitième fois que le gouvernement espagnol va injecter de l’argent pour sauver une banque. Il y a déjà eu 15 milliards d’euros d’injectés ! Et ce n’est pas fini si on écoute l’Allemand Jörg Asmussen, membre du directoire de la BCE : “Il est urgent (que l’Espagne) prenne des mesures supplémentaires pour le secteur bancaire”.

Tandis que les signes se multiplient en faveur d’une crise bancaire retentissante en Espagne, les nouvelles de l’économie espagnole ne sont guère réjouissantes. Le FMI vient de donner de nouvelles prévisions : le PIB pourrait se contracter de 1,8% en 2012 avant un léger redressement de 0,1% en 2013.

2013 c’est déjà loin et s’il n’y a aucune croissance à attendre dans les douze prochains mois, quelle peut être la capacité de manœuvre du nouveau gouvernement ? Que faire en outre si des banques viennent à faire faillite ? Les commentaires qui nous parviennent traduisent une profonde inquiétude.

Que faire quand la prime de risque sur la dette espagnole atteint des niveaux délirants ? Les technocrates de Bruxelles ne veulent entendre qu’austérité et les politiciens espagnols ont joué ce jeu pendant de longs mois. Mais ils sont maintenant confrontés à une réalité qui sera celle d’un grand nombre de pays européens : sans parler du marché de l’immobilier qui continue de plonger, ce sont désormais les petites et les moyennes entreprises qui ont besoin de crédit, d’assurer une trésorerie à deux doigts de la rupture. Beaucoup de questions et aucune réponse de Bruxelles…

Et un secteur bancaire européen qui n’est pas à la fête !

Pour Sébastien Busisis, responsable de la Fédération FO Banques : «La tendance, en gros, est à la suppression de 1.000 postes par réseau et par an». Le nombre de collaborateurs des réseaux bancaires en France est désormais orienté à la baisse.

En effet, les banquiers européens doivent maintenant tenir compte du durcissement de la régulation visant les ratios de fonds propres (Bâle III). Les révisions que cela opère impactent nécessairement le périmètre d’activité des banques et donc… leurs effectifs. Depuis quelques mois, les banques dégraissent les unes après les autres. Là aussi, c’est l’heure de l’austérité, mais « les métiers les plus coûteux en fonds propres sont les plus visés ». Signe que les grandes institutions entrent, elles aussi, dans la crise, la City doit réduire ses effectifs dans la banque.

23 Commentaires

  1. Il y a une seule solution juste et honnête en réponse au crime que constitue la création monétaire privée qui a favorisé le gigantisme des dettes issues de la loi de 1973 :

    Prononcer un Jubilé général de toutes les dettes tant publiques que privées.

    Pratiquer l’euthanasie du banquier plutôt que celle de la population c’est aussi solvabiliser immédiatement le peuple et renouer avec la croissance.

    La dette est virtuelle , formatons le disque dur , effaçons les chiffres qui représentent dans la réalité l’asservissement à la dette.

  2. Vive inquiétude pour la tache solaire 1476 arrivant face à la terre, dont le risque qu’elle provoque une éruption de classe X est de 20 % pour les prochaines 24 heures. Sachant que les classes X peuvent être classées de 1 à sans limite…

    A suivre donc…

    http://spaceweather.com/images2012/11may12/hmi4096_blank.jpg?PHPSESSID=lrg1qt8kej0jl92tc0qvn0mlc3

    Risque de guerre, risque de Krach, risque solaire, risque sismique, risque volcanique, risque climatique… la question que je me pose de plus en plus c’est lequel de ces risques va provoquer la réaction en chaine de tous les autres ?

      • @rognon de bouc

        Le suicide c’est pour quand?

        Pourquoi vouloir te suicider si tu es déjà mort ?

        Parce qu’il faut avoir un cerveau passablement éteint pour ne pas comprendre que nous assistons à une conjonction de phénomène “crisique” :

        – menace de guerres
        – crise systémique (lire et surtout comprendre ce blog)
        – risque solaire (risque CME et menace black Out)
        – sismique (demande aux japonais de fuckishima, la seule pensée existentielle qui les traversait avant le tsunami était comment fait un père noel aussi ventru pour passer par un conduit de cheminée aussi étroit)
        – volcanique (y a pas de fumée sans feu)

        Tu confonds pessimisme et lucidité. Quand ton thermomètre indique -25°, tu ne te dis pas (en tout cas j’espère) qu’il est pessimiste, tu te dis qu’il fait froid.

        Et comme tu es un peu perspicace tu penseras à prendre une petite laine ou un gros vison selon tes moyens.

        Maintenant tu es aussi libre de penser qu’en sortant en maillot de bain sous un blizzard, qu’il va faire immédiatement un soleil radieux et une chaleur estivale parce que ta pensée positive va convaincre le soleil de pointer son museau.

        Que te dire d’autres ?

        Va en paix, tu es aussi utile à ce monde que l’abeille qui va polliniser les fleurs du printemps.

        Bien à toi

    • rien de bien nouveau, ces risques existent depuis longtemps. Nous sommes toujours là. Il y a aussi le risque que rien n ‘arrive.

  3. Bonjour Alcide La loi de 1973 nous à foutu dans la merde et nous n’aurions jamais du laisser notre souveraineté à battre notre monnaie (ce droit régalien de tout état).La dette est une gigantesque arnaque, elle est illégitime. Je constate que tous les pays sont dans la même situation que nous prisonnier du même système.Cela fait partit d’un plan , la destruction de l’État nation.Quel piège grossier dans lequel nous somme tomber .Après moi le déluge, et pour de l’argent on vendrait ses parents de nos jours!

    Mais c’est trop tard et en restant dans l’Euro jusqu’à son écroulement total ou en en partant tout de suite, de toute façon nous allons morfler. Que vaudrai notre franc aujourd’hui alors que on ne produit plus grand chose en France et que tout est importer ou presque? C’est bien ça qui fait la valeur d’une monnaie?C’est à dire : qu’est ce qu’on pourrait acheter à la chine et aux autres avec notre Franc?Chaque jour amène sont lot de chômeur(asedic payer par de la dette , allocation familial,la sécu,comme les fonctionnaire payer avec la dettes…) en plus et le pire est à venir.

    Tout ça pour dire que dans un cas comme dans l’autre c’est le même résultat qui nous attend : au final une inflation monstre.Et le retour au Franc et aux autre monnaie nationales n’est qu’une partit de la solution qui n’empêchera pas une austérité drastique des populations avec à la clé probablement des famines, des pillages….J’ai beau chercher je ne vois pas d’autre perspective.Nous vivons probablement les derniers instants d’une fausse démocratie et bientôt la population plébiscitera un pouvoir fort pour arriver à maintenir un semblant d’ordre.

    Dette virtuelle mais économie réelle détruite pour de vrai.

    • @louis

      entièrement d’accord avec vous!

      de toute façon l’euro a apporté plus de mal que du bien pr la populace sf pr les commerçants
      dont leur produit ont plus que doublé….
      je plains d’avance le peuple de la Croatie qui va entrer dans l’europe en 2013.

      • @Francky

        je souhaiterai que vous ayez raison! vs êtes si sûr?
        d’une part je n’ai jamais été pour l’europe
        d’autres parts je connais des gens qui ont voté par référendum pr l’euro en suivant Mitte..
        et l’ont regretté par la suite..
        Ras le bol d être rackettée au nom de l’Europe, Bruxelles et machins..

  4. @tous
    Question d un novice qui scrute les graphiques: Pourquoi les chiffres du cac et autres sont differents en live entre 24hgold et forexpro ?

  5. Le tardif nettoyage du secteur bancaire espagnol

    Depuis le début de la crise, les gouvernements successifs ont multiplié les mesures afin de régler une fois pour toutes le problème de solvabilité du secteur financier. En vain. Mariano Rajoy espère mettre un point final à cette incertitude en nationalisant Bankia et en annonçant une dernière réforme du secteur.

    «L’Espagne a peut-être le système financier le plus solide de la communauté internationale». Depuis que José Luis Rodriguez Zapatero, alors premier ministre espagnol, a tenu ces propos quelques jours après la chute de Lehman Brothers en septembre 2008, la perception générale sur les finances espagnoles a radicalement changé. C’est le moins que l’on puisse dire.

    Le secteur financier espagnol, lesté par une exposition immobilière gigantesque et plombé par la récession économique, est en effet désormais considéré comme le maillon faible de la zone euro. Et Mariano Rajoy, le successeur conservateur de Zapatero, s’apprête à rendre publique ce vendredi la quatrième réforme du système financier depuis 2009.

    Après avoir imposé en février des provisions de 53 milliards d’euros sur le risque immobilier, il annoncera la création de sociétés de liquidation destinées à isoler les actifs immobiliers toxiques des banques pour assainir leur bilan. Il imposera par ailleurs une hausse des provisions sur les actifs non toxiques afin de parer à une éventuelle progression des créances douteuses. Enfin, il révélera le montant des aides publiques destinées à renflouer Bankia. Jusqu’à présent l’Etat a injecté plus de 16 milliards d’euros dans le secteur.

    Des mesures trop tardives

    Pour beaucoup, de telles mesures auraient dû être prises dès le début de la crise. D’aucuns soulignent que si l’Etat espagnol avait pris le contrôle de certaines banques en 2009 en même temps que d’autres pays comme le Royaume Uni, le problème du secteur serait moins aigu aujourd’hui, et l’Espagne ne ferait pas l’objet de toutes les inquiétudes.

    Pourtant, face à l’émergence du problème des caisses d’épargne – 50% du secteur financier – durement frappées par la crise immobilière, le gouvernement de José Luis Zapatero a agi dès 2009 en créant un Fonds de restructuration bancaire. Le “Frob” devait financer les fusions entre ces entités afin de renforcer leur taille critique et de les aider à faire face au risque immobilier. Leur nombre est d’ailleurs passé de 45 à neuf en trois ans.

    Hausse inquiétante des créances douteuses

    Toutefois, cet effort n’a pas résolu la crise du secteur pénalisé par la hausse imparable des créances douteuses et du risque immobilier. « Les fusions ont été trop rapides et sans examen exhaustif préalable des entités », déplore Javier Montoya, analyste chez Alpha Plus. C‘est le cas de Bankia, dont les deux principales entités, Caja Madrid et Bancaja, figuraient parmi les caisses les plus exposées à l’immobilier. Une bombe à retardement, aujourd’hui nationalisée.

    Par ailleurs, le poids des politiques locaux dans les caisses a aussi empêché la mise en œuvre des fusions que recommandait la logique économique. Ni la réforme de leur statut en été 2010, ni leur « bancarisation » imposée par un nouveau changement légal en 2011 afin de faire entrer des investisseurs privés, n’ont suffi à éradiquer la présence des politiques dans les conseils d’administration.

    L’opacité du système espagnol

    L’inefficience de la restructuration menée de 2009 à 2011 trouve son reflet dans les chiffres : sur les sept caisses nationalisées depuis le début de la crise, quatre sont en réalité des « groupes » de caisses fusionnées en 2010, incapables de satisfaire aux exigences accrues de solvabilité des différents gouvernements. Par ailleurs, Banca Cívica, entrée en bourse il y a moins d’un an, avec une décote de 60% (comme Bankia) a quant à elle été absorbée par CaixaBank. Et des neuf caisses qui subsistent aujourd’hui, plusieurs doivent envisager de nouveaux rapprochements pour pouvoir faire face aux exigences de provisions.

    La nationalisation de huit entités financières depuis le début de la crise ainsi que les atermoiements des gouvernements successifs ont achevé de convaincre les marchés de l’opacité du système espagnol. La presse espagnole rapporte que l’Union européenne compte réclamer que soit effectuée une estimation de l’état des bilans bancaires espagnols par une entité indépendante afin d’en améliorer la transparence. La confiance règne. Et après quatre ans de crise, elle ne sera pas restaurée de sitôt.

    La Tribune

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