Par Menthalo – ENFER A DENVER (VI)

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DEFCON 3

Le sous-marin d’attaque israélien de classe dolfin U212, INS, avait quitté la base navale d’Eilat le 15 mai après avoir refait le plein. Ses missiles Cruise, dotés d’une tête nucléaire, avaient une portée de 1.500 km et pouvaient frapper leurs cibles à l’intérieur de l’Iran. L’essentiel de l’armement était néanmoins constitué de missiles Tomahawk, ayant pour mission de détruire les défenses anti-aériennes iraniennes. Après 6 jours de navigation à vitesse de croisière, ils étaient passés en mode furtif, pour gagner leur zone de combat dans le Golfe Persique. Ils avaient passé le Détroit en se collant sous la coque d’un super-tanker japonais avant de se poser au pied d’une plate-forme pétrolière abandonnée au large du Qatar. Le Golfe n’était pas un endroit confortable pour des sous-mariniers, car à 50 m de profondeur un submersible est aisément détectable par les satellites. Heureusement, les services de renseignements de la marine leur avaient fourni les heures de passage des différents satellites d’observation, pour venir respirer à hauteur d’antenne.

La conférence de Bagdad entre les 6 puissance et Téhéran avait été un échec et Netanyahu avait annoncé à Obama jeudi matin, qu’il se déliait de tous ses engagements précédents. Pour Youri et son équipage, cela signifiait qu’ils devaient se considérer en état de guerre sur le territoire de l’ennemi. Un message ELF les avait prévenu de se préparer à recevoir une communication à zero-heure-zero-zero vendredi. Youri ne put s’empêcher de penser que le vendredi était le jour de repos des musulmans.

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A Londres, Douglas Alexander, le responsable des affaires étrangères du “shadow cabinet”, vitupérait contre son alter-ego aux affaires dans le gouvernement. Ce dernier avait fait savoir à la presse, mercredi, que le sujet du jour était les préparatifs en cas de conflit Israël-Iran. Douglas, l’étoile montante du parti travailliste, n’était pas partisan de la langue de bois. “Comment peuvent-ils parler d’entrée en guerre, alors même que l’Iran vient de faire un grand pas en avant, en acceptant de s’asseoir à la table des négociations avec les 6 puissances ?

S’ils se concentraient un peu plus sur l’issue diplomatique, il n’y aurait pas à se poser la question de la position de la Grande Bretagne en cas de conflit ! “Ce gouvernement n’est constitué que de traineurs de sabre”, dit il en jetant son journal.

A Fort Carson, la semaine d’entrainement avait été dure. Boris Yagounov et ses camarades avaient suivi les bérets verts à l’assaut des Rocheuses. C’eut été une promenade de santé sans l’esprit de compétition, qui s’était instauré entre Russes et Américains. L’heure était à la détente. Les bérets verts initiaient leurs visiteurs au base-ball. Le briefing du soir donnerait certainement l’heure de l’attaque de l’aéroport de Denver, pour l’instant, on nageait encore dans le flou pour savoir si l’attaque aurait lieu cette nuit. Boris et son commando étaient surpris. Ils pensaient être plus nombreux à participer à cet “exercice militaire conjoint”.

Les analystes du Pentagone surveillaient les cours sur leurs écrans. Le pétrole avait été manipulé à la baisse comme attendu, cassant deux fois les 106$, une résistance qui avait tenu en janvier. Allaient-ils faire chuter les cours jusqu’à 98$ pour faire lâcher prise aux spéculateurs, afin qu’ils ne profitent pas de l’envolée du pétrole si le conflit éclatait ?
Une forte attaque sur l’or et l’argent avait eu lieu la veille de l’expiration des options. L’amplification de la crise grecque au niveau médiatique avait été  très utile pour faire chuter l’Euro et redonner au Dollar, son brillant quelque peu terni de valeur refuge. Le drame à rebondissements de cette interminable sortie de la Grèce de la zone Euro n’était pas fini. La guerre monétaire était aussi une guerre de l’information, où les européens n’étaient pas de taille.
Qui aurait pu prédire sans craindre le ridicule, que l’or resterait 10 jours sous les 1.600$ ? Au Pentagone comme ailleurs, les analystes s’étaient fourvoyés.
Les indices boursiers avaient été amenés jusqu’au point de rupture. Un événement mineur suffirait à provoquer un effondrement.
Si un conflit était déclenché, ce serait le massacre.

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A Paris, le Général Alcazar, aujourd’hui à la retraite, venait de prendre un Loch Lomond chez LIPP en compagnie du colonel Jorgen. Ses informations confidentielles étaient très inquiétantes, mais ce diable d’homme, qui avait passé sa vie dans le renseignement de l’autre côté du rideau de fer, lui avait annoncé l’apocalypse de si nombreuses fois, qu’il ne s’en rendait pas malade. En sortant de la brasserie, flânant sous les platanes du boulevard,  il entra dans la pharmacie du métro Odéon. Discrètement, il demanda des gélules d’iodes. “Oh mon bon Monsieur! Je ne peux pas vous les vendre, elles sont périmées de plus de 20 ans. J’ai essayé d’en recommander, étant donné la demande, mais cela semble impossible. Essayez sur internet.”
Rentrant à l’Hôtel, il se glissa dans le web-lounge et fit une rapide recherche. Le premier site était en rupture de stock. Il trouva leur numéro de téléphone et les appela. “Non, désolé, Monsieur. Nous sommes en rupture de stock depuis mi-avril et nous ne réussissons pas à obtenir la matière première,donc il nous est impossible de vous dire quand nous en aurons à la vente”, lui dit la pharmacienne. Il abandonna le clavier, il devait aller se raser. Peggy était odieuse s’il n’était pas impeccable pour diner.

 

un peu d’humour dans ce monde de brutes

4 Commentaires

  1. On aurait pu mêler Thilo Sarrazin dans cette histoire ! D’après lui, on forcerait l’Allemagne à accepter les principes d’”euro-bonds”. Et puis pourquoi ne pas faire comme lui et remettre sur le tapis la shoah ! A se demander s’il n’y a pas un bonus à chaque fois qu’un journaliste ou écrivain en parle.

    Intéressant aussi le sondage qui met en avant, la perception sur Israël de 22 principaux pays :

    http://effondrements.wordpress.com/2012/05/24/resultat-dun-sondage-sur-les-pays-entre-eux/

  2. Wall Street finit sans direction, dans un climat de grande volatilité

    La Bourse de New York a terminé sans direction jeudi, dans un climat de grande volatilité à cause de la Grèce dont l’avenir dans l’euro est toujours incertain: le Dow Jones a pris 0,27% et le Nasdaq a cédé 0,38%.

    Selon les chiffres définitifs à la clôture, le Dow Jones Industrial Average a gagné 33,60 points à 12.529,75 points, tandis que le Nasdaq , à dominante technologique, a cédé 10,74 points à 2.839,38 points.

    L’indice élargi Standard & Poor’s 500 a gagné 0,14% (1,82 point) à 1.320,68 points.

    Wall Street a évolué toute la séance autour du point d’équilibre, incapable de trouver une direction franche.

    “Le marché a observé une pause aujourd’hui”, a analysé Peter Cardillo, de Rockwell Global Capital, indiquant qu’avec un long week-end en vue, l’activité a tourné au ralenti. La place de New York sera en effet fermée lundi, jour férié du “Memorial Day”.

    Le fait que le Dow Jones , indice vedette de la Bourse américaine, ait réussi à se maintenir dans le vert, laisse penser que “le recul (était) peut-être terminé”.

    “Les données économiques qui ont été publiées aujourd’hui sont assez encourageantes. Et, au vu des déceptions sur ce plan-là ces dernières semaines, des chiffres conformes aux attentes sont perçus comme positifs”, a expliqué Michael James, de Wedbush Morgan Securities.

    Les nouvelles inscriptions au chômage ont baissé aux Etats-Unis du 13 au 19 mai, de 0,5% par rapport à la semaine précédente, selon des chiffres publiés jeudi à Washington par le département du Travail. Ce chiffre a été bien accueilli, même si le recul est légèrement inférieur à ce qui était attendu par les analystes.

    En outre, les commandes de biens durables ont rebondi aux Etats-Unis en avril, mais à un rythme légèrement inférieur aux attentes.

    De manière générale, l’avenir d’Athènes dans la zone euro a continué de hanter les marchés: “on va devoir attendre les élections en Grèce” le 17 juin, pour que l’extrême volatilité diminue, a avancé M. Cardillo.

    “Il va falloir que les données économiques de la semaine prochaine soient positives” pour contrebalancer le sentiment négatif engendré par la situation à Athènes, a-t-il souligné.

    Le marché obligataire a fini en baisse. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans a progressé à 1,759% contre 1,721% mercredi, et celui à 30 ans à 2,847% contre 2,794%.

    AFP

    • Sur les indices US, on voit se répéter depuis quelques jours systématiquement la même chose : les indices baissent puis commencent à remonter après la fermeture des marchés européens pour finir à l’équilibre.
      Est-ce simplement technique ou y’a-t-il grosse manipulation ?

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