Noël au balcon, Pâques aux tisons

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Siberie
Menthalo – La sagesse populaire nous enseigne qu’un hiver trop doux est souvent suivi d’un printemps rigoureux.
Il est vrai que les Russes ont subi des froids sibériens avec -60°C en Sibérie et -20°C à Moscou, mais nous pas.  Chez nous, le thermomètre oscillait entre +9 et +12° et pourtant de nature frileuse, j’ai été faire mes livraisons d’argent colloïdal à la poste sans même mettre un manteau.
Pour revenir à la Sibérie et faire une digression par rapport au sujet que je veux aborder, ce n’est pas un hasard si le Nord-est de la Russie a connu des records de froid cette année. En effet, le pôle Nord magnétique se déplace, s’éloignant du Canada vers la Russie d’environ 1° tous les 5 ans. Ce mouvement a été constaté et calculé dés 1860. Il était d’environ 10 km par an au début du XXe, mais il a connu une accélération exponentielle  ces deux dernières décennies. En 2010, sa vitesse atteignait 60 km/an. Ce phénomène est il du au fait que des apprentis sorciers jouent avec H.A.A.R.P. et font fondre la banquise de l’Arctique, pour pouvoir en exploiter les réserves ? Ou bien, est-ce du à l’approche vers le cœur de notre système solaire d’un objet céleste, qui perturbe l’équilibre magnétique des planètes entre elles ?
Quoiqu’il en soit, ce déplacement du pôle magnétique, qui va faire la fortune de quelques compagnies pétrolières, offre une rente de situation à certains fournisseurs de données. Ma femme, comme dirait l’inspecteur Colombo, m’a offert un GPS il y a quelques années. Comme cet appareil donne l’emplacement des radars fixes et que ceux-ci ont eu tendance à se multiplier, l’année suivante, je me suis connecté sur le site pour mettre à jour les données de mon appareil. Ces escrocs faisant payer ce service 50€ par an, je me suis passé de la mise à jour. Résultat, lorsque je suis sur la voie rapide qui traverse la zone industrielle de Trappes, ce GPS m’indique que je suis à 100m de là dans une rue parallèle et l’insupportable hôtesse qui guide ma navigation, s’égosille en m’enjoignant de faire demi-tour immédiatement. Elle est odieuse et nos rapports se terminent toujours de la même façon. Je lui dis de filer dans sa chambre, la boite à gants, où elle peut continuer à s’époumoner, pendant que je me concentre sur mon sens de l’orientation légendaire.
C’est justement parce que celui-ci avait parfois des défaillances, que mon épouse m’avait offert ce substitut, en espérant que je ne partirai plus vers Lille, quand j’étais attendu à Rouen. J’ai depuis regagné ma liberté et retrouvé le plaisir de demander mon chemin aux indigènes et autres autochtones, favorisant ainsi les rapports humains et souvent l’apprentissage des langues étrangères, notamment en grande banlieue.

Noël au balcon … Revenons à la sagesse des adages populaires. 

Les Géhos, comprenez les G.O. ou Gentils Organisateurs des services de la Manipulation Euphorisante de la Perception (M.E.P.E) ont fait en sorte que les bourses du Monde terminent l’année au plus haut. Les gestionnaires de fonds ont ainsi pu annoncer aux petits et aux gros actionnaires que leur capital avait été bien géré ou que les fonds de leur retraites étaient entre de bonnes mains. Entre nous soit dit, il était indispensable d’anesthésier les grenouilles du bocal, qui en 2011 et en 2012 avaient sérieusement mis en danger les Grands Financiers, en leur retirant une partie du confortable fromage de l’Assurance-vie. Sans un flux continu de ce capital dormant, la pyramide de Ponzi allait s’écrouler. Les compères aux manettes politiques ont cherché des moyens de rallonger la durée de ces contrats d’assurance-vie en suggérant une pression fiscale accrue, visant à interdire plus longtemps la sortie de ce capital.
2011-assurance-vie-2
2012-assurance-vie
Nous sommes en plein dans le cœur d’un sujet tellement vaste, que nul ne peut voir l’étendue de cette forêt, dont chaque arbrisseau est conçu pour vous voiler l’horizon. Il s’agit de l’illusion de la possession, l’illusion même de la rémunération du travail. Le sujet est à peine abordé dans mon Histoire de l’Argent, où je demande peut être trop à chacun de connecter les points entre eux.
D’une part, votre travail est rémunéré dans une monnaie fiduciaire, qui ne cesse de perdre de son pouvoir d’achat. Une once d’or valait 35$ en 1971, il faut 50 fois plus de dollars aujourd’hui pour acheter la même chose. En simplement 10 ans, la valeur réelle de la monnaie a été divisée par 6,8 et cette accélération va être constante dans les mois qui viennent. Votre capital fond à vue d’œil.
Mais en plus, tout est fait pour que vous ne puissiez pas disposer de ce capital.
Les contrats d’assurance-vie ont une durée obligatoire qui va s’allonger de telle sorte que vous ne pourrez pas toucher à votre capital.
Votre trésorerie à la banque est plus ou moins bloquée. Combien de lecteurs se sont plaints d’un refus de leur banque, quand ils ont demandé de retirer leurs fonds. C’est un fait. Je pourrais citer les noms et celui des banques. Vous ne disposez que de lignes d’écritures électroniques, du vent ! Si vous cherchez à sortir ce capital du système, vous mettez la pyramide de Ponzi en danger et on vous ferme le guichet au nez.
Vous pouvez placer vos Dollars ou vos Euros en Or ou en Argent sur des ETF (Exchange Trade Fund), des valeurs financières supposément liées à une part de lingot d’or ou de barre d’Argent, mais si vous voulez palper ce lingot, en prendre possession, cela vous est interdit. Vous n’avez qu’un certificat, que vous pouvez revendre. Le cas échéant, le produit de la vente revient dans le système, passant de l’ETF de la Banque machin, aux lignes informatiques de la Banque trucmuche, deux tentacules d’un seul et même organisme global, qui n’est qu’une FICTION.
La Chine possède ainsi des centaines de Milliards de bons du trésor américain. Peut elle se présenter au guichet en demandant de remplacer ces “Bons” contre de l’Or, de l’Argent, du Blé, du Cuivre ?
Elle peut toujours s’y présenter, mais on lui demandera de repasser demain. C’est ce qui se passe pour l’Argent, que la Chine a prêté au Trésor US et qu’elle ne peut pas récupérer depuis plusieurs années. La Chine en joue depuis, vendant sur le Comex de l’Argent puis au moment de livrer donnant les certificats du Trésor américain. Celui-ci est en défaut, mais bloque toutes les enquêtes.
Pendant ce temps, la Chine achète à Londres, qui est obligé de livrer,  l’Argent-métal à des prix sacrifiés, en profitant du Système.
Mais la Chine joue elle-même avec ses citoyens. Ils peuvent placer leur argent en ETF argent ou or, dont les stocks sont placés sous la garde de la Banque Centrale. Les Chinois ont donc l’illusion de posséder des Métaux Précieux. Leur capital est entre les mains du pouvoir central.
Si vous y réfléchissez, vous ne possédez pas grand chose. Vous avez momentanément droit de jouissance de certains biens, jusqu’à ce que les taxes ou le Système décide qu’il en sera autrement.

Noël au balcon … décidément, de digressions en digressions, on s’éloigne du sujet.

Les marchés étaient aux plus hauts de l’année au 31 décembre, alors que les perspectives économiques étaient aux plus bas. Ce monde n’est qu’illusion.
Attendez vous à “Pâques aux tisons” sur les marchés…
La photo de ces navires pris dans les glaces fait penser aux différents indicateurs du prix du fret maritime, qui montrent que le commerce international est gelé et ne tourne qu’au ralenti. Les gouvernements serrent la vis pour diminuer leurs déficit, ce faisant, ils diminuent leurs commandes, leur train de vie, les rémunérations des fonctionnaires, ce qui entraine un cercle vicieux. Les entreprises ont moins de travail, licencient ou réduisent leurs investissements. Il y a plus de chômage et moins de pouvoir d’achat, donc moins de consommation. Pour les gouvernements, il y aura moins de rentrée d’impôts sur les sociétés, moins d’impôts sur les revenus et moins de TVA, et donc ils vont avoir plus de mal à combler leurs déficits et plus de mal à couvrir les échéances de leurs dettes.  On va aller à la fois vers la “déflation Laval”, que j’avais annoncée au lendemain de l’élection de François Hollande, déflation Laval que l’on voit à l’œuvre en Grèce et en Espagne, et qui nous promet des mouvements sociaux demain…. mais également vers une dévaluation monétaire accélérée, que certains traduiront par une hausse de l’or, de l’Argent, du Cuivre, etc..
Cela ne veut pas dire, que l’or ne peut pas marquer un plus bas en Dollar, le pull-back vers la résistance n’a pas été joué amha, ni le rebond sur le support LT. Ce qui est vrai en Dollar ne l’est pas en Euro, l’or, en pure logique graphique, devrait monter en Euro et pour cela, l’Euro doit baisser par rapport au Dollar.
Soyez conscient que ce mouvement de l’Euro-Dollar n’est qu’un des éléments de cette Fiction globale et partie intégrante de la Manipulation Euphorique de la Perception Economique.
Comme on le voit sur ce graphique, les cours ont évolué dans un canal baissier pendant toute l’année 2011 et une partie de 2012, avant de repartir à la hausse. La cible de 1,35 semblait visée. Ces derniers jours, l’euphorie imbécile créée autour d’un pseudo accord sur le  “fiscal cliff” a renvoyé le Dollar à la hausse… on voit que graphiquement, il y avait deux résistances qui devaient bloquer l’Euro (au moins momentanément), tout cela n’est donc que de l’orchestration médiatique. Orchestration prévisible, quand on lit ou écoute les médias, qui parlent d’un trimestre à venir particulièrement dur pour l’Europe et de l’Accord trouvé par Obama. Ce “fiscal cliff”, c’est une histoire de ménagère américaine, qui doit payer son loyer et donc diminuer le nombre de Bretzels offerts à ses enfants ou faire une scène à son mari pour qu’il lui donne plus de sous. Les Américains vont-ils payer des taxes sur le carburant, une redevance TV ou l’équivalent sur internet ? Les banques vont elles payer plus d’impôts sur leurs profits financiers ? On s’en fout complètement. Ce n’est que de l’agitation médiatique d’un prestidigitateur qui cherche à attirer votre attention sur un non-événement, qui en plus ne nous regarde pas.
Euro-04
Ce qui nous concerne, c’est de prendre conscience que vous êtes progressivement spoliés de votre capital ou de la liberté d’en user comme bon vous semble, que la monnaie que vous accumulez plus ou moins péniblement pour payer vos factures perd de sa valeur, que la démocratie n’est qu’une illusion, et que le champ de vos libertés se rétrécit imperceptiblement un peu plus chaque année. Le Monde n’est pas mort le 21 décembre 2012, quand je regarde celui dans lequel ont vécu mes grands-parents et celui d’aujourd’hui, la transition a été lente, insidieuse et sournoise, mais nous avons bel et bien traversé une des Portes du Temps. Il n’est pas question de pleurer sur ce qui n’est plus, ni de se complaire dans le dénigrement tout azimut, mais plutôt de chercher à évoluer en pleine conscience dans ce nouveau paradigme, qui se dessine. Un ambitieux programme.

66 Commentaires

    • l’ancien officier français répond :
      « Oui ! Il y a beaucoup de gens raisonnables dans les services français. Ils sont capables de peser sur le cours de l’actuelle politique française à l’égard de la Syrie, surtout après le fiasco du scénario libyen conçu et mis en œuvre par Paris et Londres.
      La position russe finira par conforter le camp des pragmatiques et mettra dans l’embarras les jusqu’au-boutistes qui cherchent à satisfaire les États-Unis.
      D’autant plus qu’il est devenu clair que le régime syrien tiendra, que le soutien russe au régime n’est pas conjoncturel :
      il est stratégique, constant et ne changera pas. C’est à nous de changer et il faut qu’on le fasse pour l’intérêt même de la France. »
      http://www.egaliteetreconciliation.fr/Un-ex-officier-de-la-DGSE-s-insurge-contre-la-strategie-francaise-en-Syrie-15713.html

  1. dans quel monde sommes nous???
    Bardot menace de devenir russe pour sauver deux éléphantes !!! et même DELON, PARISOT !!!
    et pourquoi ne se mobilise t elle pas aussi pour sauver les milliers de FRANCAIS qui meurent de FROID et de FAIM à deux pas de chez elle

    • elle a bien raison 🙂 et il y en a plus que tu ne crois qui quittent la France, mais personne en parle, on ne met en avant que les personnalités, comme le disait un ami musulman, il y a plus de charia en France que ds certain pays musulmans, seulement le peuple ne veut oas l’admettre. La France ça fait un bail qu’elle n’est plus dirigés par des français

  2. La possible nomination de Chuck Hagel met en lumière les clivages à Washington ” Mais dès le 21 décembre, lorsque son nom a été publiquement évoqué, l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), le lobby US pro-israélien, a lancé une campagne brutale pour l’accuser d’antisémitisme.. ” http://www.voltairenet.org/article177018.html

  3. Le Discours de la servitude volontaire ou le Contr’un est un ouvrage rédigé en 1549 par Étienne de La Boétie à l’âge de 18 ans. Sa première publication date exactement de 1574.
    Ce texte consiste en un court réquisitoire contre l’absolutisme qui étonne par son érudition et par sa profondeur, alors qu’il a été rédigé par un jeune homme d’à peine 18 ans. Ce texte pose la question de la légitimité de toute autorité sur une population et essaye d’analyser les raisons de la soumission de celle-ci (rapport « domination-servitude »).
    http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=2&ved=0CEAQFjAB&url=http%3A%2F%2Fwww.desobeissancecivile.org%2Fservitude.pdf&ei=c93mUNf1FarV0QXNy4GwBw&usg=AFQjCNFjevFftGTqQDnSD8G6KYQKLDdI9g&bvm=bv.1355534169,d.d2k


    • Enfin, si l’on voit non pas cent, non pas mille hommes, mais cent pays, mille villes, un million
      d’hommes ne pas assaillir celui qui les traite tous comme autant de serfs et d’esclaves, comment
      qualifierons-nous cela ? Est-ce lâcheté ? Mais tous les vices ont des bornes qu’ils ne peuvent pas
      dépasser. Deux hommes, et même dix, peuvent bien en craindre un ; mais que mille, un million,
      mille villes ne se défendent pas contre un seul homme, cela n’est pas couardise : elle ne va pas
      jusque-là, de même que la vaillance n’exige pas qu’un seul homme escalade une forteresse, attaque une armée, conquière un royaume. Quel vice monstrueux est donc celui-ci, qui ne mérite pas même le titre de couardise, qui ne trouve pas de nom assez laid, que la nature désavoue et que la langue refuse de nommer ?…
      Qu’on mette face à face cinquante mille hommes en armes ; qu’on les range en bataille, qu’ils
      en viennent aux mains ; les uns, libres, combattent pour leur liberté, les autres combattent pour la
      leur ravir. Auxquels promettrez-vous la victoire ? Lesquels iront le plus courageusement au combat : ceux qui espèrent pour récompense le maintien de leur liberté, ou ceux qui n’attendent pour salaire des coups qu’il donnent et qu’ils reçoivent que la servitude d’autrui ? Les uns ont toujours devant les yeux le bonheur de leur vie passée et l’attente d’un bien-être égal pour l’avenir. Ils pensent moins à ce qu’ils endurent le temps d’une bataille qu’à ce qu’ils endureraient, vaincus, eux, leurs enfants et toute leur postérité. Les autres n’ont pour aiguillon qu’une petite pointe de convoitise qui s’émousse soudain contre le danger, et dont l’ardeur s’éteint dans le sang de leur première blessure. Aux batailles si renommées de Miltiade, de Léonidas, de Thémistocle, qui datent de deux mille ans et qui vivent encore aujourd’hui aussi fraîches dans la mémoire des livres et des hommes que si elles venaient d’être livrées hier, en Grèce, pour le bien des Grecs et pour l’exemple du monde entier, qu’est-ce qui donna à un si petit nombre de Grecs, non pas le pouvoir, mais le courage de supporter la force de tant de navires que la mer elle-même en débordait, de vaincre des nations si nombreuses que tous les soldats grecs, pris ensemble, n’auraient pas fourni assez de capitaines aux armées ennemies ? Dans ces journces glorieuses, c’était moins la bataille des Grecs contre les Perses que la victoire de la liberté sur la domination, de l’affranchissement sur la convoitise. Ils sont vraiment extraordinaires, les récits de la vaillance que la liberté met au coeur de ceux qui la défendent ! Mais ce qui arrive, partout et tous les jours : qu’un homme seul en opprime cent mille et les prive de leur liberté, qui pourrait le croire, s’il ne faisait que l’entendre et non le voir ? Et si cela n’arrivait que dans des pays étrangers, des terres lointaines et qu’on vînt nous le raconter, qui ne croirait ce récit purement inventé ?
      Or ce tyran seul, il n’est pas besoin de le combattre, ni de l’abattre. Il est défait de lui-même,
      pourvu que le pays ne consente point à sa servitude. Il ne s’agit pas de lui ôter quelque chose,
      mais de ne rien lui donner. Pas besoin que le pays se mette en peine de faire rien pour soi, pourvu qu’il ne fasse rien contre soi. Ce sont donc les peuples eux-mêmes qui se laissent, ou plutôt qui se font malmener, puisqu’ils en seraient quittes en cessant de servir. C’est le peuple qui s’asservit et qui se coupe la gorge ; qui, pouvant choisir d’être soumis ou d’être libre, repousse la liberté et prend le joug ; qui consent à son mal, ou plutôt qui le recherche… S’il lui coûtait quelque chose pour recouvrer sa liberté, je ne l’en presserais pas ; même si ce qu’il doit avoir le plus à coeur est de rentrer dans ses droits naturels et, pour ainsi dire, de bête redevenir homme. Mais je n’attends même pas de lui une si grande hardiesse ; j’admets qu’il aime mieux je ne sais quelle assurance de vivre misérablement qu’un espoir douteux de vivre comme il l’entend. Mais quoi ! Si pour avoir la liberté il suffit de la désirer, s’il n’est besoin que d’un simple vouloir, se trouvera-t-il une nation au monde qui croie la payer trop cher en l’acquérant par un simple souhait ? Et qui regretterait sa volonté de recouvrer un bien qu’on devrait racheter au prix du sang, et dont la perte rend à tout homme d’honneur la vie amère et la mort bienfaisante ? Certes, comme le feu d’une petite étincelle grandit et se renforce toujours, et plus il trouve de bois à brûler, plus il en dévore, mais se consume et finit par s’éteindre de lui-même quand on cesse de l’alimenter, de même, plus les tyrans pillent, plus ils exigent ; plus ils ruinent et détruisent, plus où leur fournit, plus on les sert. Ils se fortifient d’autant, deviennent de plus en plus frais et dispos pour tout anéantir et tout détruire. Mais si on ne leur fournit rien, si on ne leur obéit pas, sans les combattre, sans les frapper, ils restent nus et défaits et ne sont plus rien, de même que la branche, n’ayant plus de suc ni d’aliment à sa racine, devient sèche et morte.
      Pour acquérir le bien qu’il souhaite, l’homme hardi ne redoute aucun danger, l’homme avisé
      n’est rebuté par aucune peine. Seuls les lâches et les engourdis ne savent ni endurer le mal, ni
      recouvrer le bien qu’ils se bornent à convoiter. L’énergie d’y prétendre leur est ravie par leur propre lâcheté ; il ne leur reste que le désir naturel de le posséder. Ce désir, cette volonté commune aux sages et aux imprudents, aux courageux et aux couards, leur fait souhaiter toutes les choses dont la possession les rendrait heureux et contents. il en est une seule que les hommes, je ne sais pourquoi, n’ont pas la force de désirer : c’est la liberté, bien si grand et si doux ! Dès qu’elle est perdue, tous les maux s’ensuivent, et sans elle tous les autres biens, corrompus par la servitude, perdent entièrement leur goût et leur saveur. La liberté, les hommes la dédaignent uniquement, semblet-il, parce que s’ils la désiraient, ils l’auraient ; comme s’ils refusaient de faire cette précieuseacquisition parce qu’elle est trop aisée.
      Pauvres gens misérables, peuples insensés, nations opiniâtres à votre mal et aveugles à votre
      bien ! Vous vous laissez enlever sous vos yeux le plus beau et le plus clair de votre revenu, vous
      laissez piller vos champs, voler et dépouiller vos maisons des vieux meubles de vos ancêtres !
      Vous vivez de telle sorte que rien n’est plus à vous. Il semble que vous regarderiez désormais
      comme un grand bonheur qu’on vous laissât seulement la moitié de vos biens, de vos familles, de vos vies. Et tous ces dégâts, ces malheurs, cette ruine, ne vous viennent pas des ennemis, mais certes bien de l’ennemi, de celui-là même que vous avez fait ce qu’il est, de celui pour qui vous allez si courageusement à la guerre, et pour la grandeur duquel vous ne refusez pas de vous offrir vous-mêmes à la mort. Ce maître n’a pourtant que deux yeux, deux mains, un corps, et rien de plus que n’a le dernier des habitants du nombre infini de nos villes. Ce qu’il a de plus, ce sont les moyens que vous lui fournissez pour vous détruire. D’où tire-t-il tous ces yeux qui vous épient, si ce n’est de vous ? Comment a-t-il tant de mains pour vous frapper, s’il ne vous les emprunte ?

      • Les pieds dont il foule vos cités ne sont-ils pas aussi les vôtres ? A-t-il pouvoir sur vous, qui
        ne soit de vous-mêmes ? Comment oserait-il vous assaillir, s’il n’était d’intelligence avec vous ?
        Quel mal pourrait-il vous faire, si vous n’étiez les receleurs du larron qui vous pille, les complices
        du meurtrier qui vous tue et les traîtres de vous-mêmes ? Vous semez vos champs pour qu’il les
        dévaste, vous meublez et remplissez vos maisons pour fournir ses pilleries, vous élevez vos filles
        afin qu’il puisse assouvir sa luxure, vous nourrissez vos enfants pour qu’il en fasse des soldats
        dans le meilleur des cas, pour qu’il les mène à la guerre, à la boucherie, qu’il les rende ministres
        de ses convoitises et exécuteurs de ses vengeances. Vous vous usez à la peine afin qu’il puisse se
        mignarder dans ses délices et se vautrer dans ses sales plaisirs. Vous vous affaiblissez afin qu’il
        soit plus fort, et qu’il vous tienne plus rudement la bride plus courte. Et de tant d’indignités que les
        bêtes elles-mêmes ne supporteraient pas si elles les sentaient, vous pourriez vous délivrer si vous
        essayiez, même pas de vous délivrer, seulement de le vouloir.
        Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres. Je ne vous demande pas de le pousser, de
        l’ébranler, mais seulement de ne plus le soutenir, et vous le verrez, tel un grand colosse dont on a
        brisé la base, fondre sous son poids et se rompre.
        Les médecins conseillent justement de ne pas chercher à guérir les plaies incurables, et peutêtre
        ai-je tort de vouloir ainsi exhorter un peuple qui semble avoir perdu depuis longtemps toute
        connaissance de son mal — ce qui montre assez que sa maladie est mortelle. Cherchons donc à
        comprendre, si c’est possible, comment cette opiniâtre volonté de servir s’est enracinée si profond
        qu’on croirait que l’amour même de la liberté n’est pas si naturel.
        Il est hors de doute, je crois, que si nous vivions avec les droits que nous tenons de la nature et
        d’après les préceptes qu’elle nous enseigne, nous serions naturellement soumis à nos parents, sujets de la raison, sans être esclaves de personne. Chacun de nous reconnaît en soi, tout naturellement, l’impulsion de l’obéissance envers ses père et mère. Quant à savoir si la raison est en nous innée ou non — question débattue amplement par les académies et agitée par toute l’école des philosophes -, je ne pense pas errer en disant qu’il y a dans notre âme un germe naturel de raison. Développé par les bons conseils et les bons exemples, ce germe s’épanouit en vertu, mais il avorte souvent, étouffé par les vices qui surviennent. Ce qu’il y a de clair et d’évident, que personne ne peut ignorer, c’est que la nature, ministre de Dieu, gouvernante des hommes, nous a tous créés et coulés en quelque sorte dans le même moule, pour nous montrer que nous sommes tous égaux, ou plutôt frères. Et si, dans le partage qu’elle a fait de ses dons, elle a prodigué quelques avantages de corps ou d’esprit aux uns plus qu’aux autres, elle n’a cependant pas voulu nous mettre en ce monde comme sur un champ de bataille, et n’a pas envoyé ici bas les plus forts ou les plus adroits comme des brigands armés dans une forêt pour y malmener les plus faibles. Croyons plutôt qu’en faisant ainsi des parts plus grandes aux uns, plus petites aux autres, elle a voulu faire naître en eux l’affection fraternelle et les mettre à même de la pratiquer, puisque les uns ont la puissance de porter secours tandis que les autres ont besoin d’en recevoir. Donc, puisque cette bonne mère nous a donné à tous toute la terre pour demeure, puisqu’elle nous a tous logés dans la même maison, nous a tous formés sur le même modèle afin que chacun pût se regarder et quasiment se reconnaître dans l’autre comme dans un miroir, puisqu’elle nous a fait à tous ce beau présent de la voix et de la parole pour mieux nous rencontrer et fraterniser et pour produire, par la communication et l’échange de nos pensées, la communion de nos volontés ; puisqu’elle a cherché par tous les moyens à faire et à resserrer le noeud de notre alliance, de notre société, puisqu’elle a montré en toutes choses qu’elle ne nous voulait pas seulement unis, mais tel un seul être, comment douter alors que nous ne soyons tous naturellement libres, puisque nous sommes tous égaux ? Il ne peut entrer dans l’esprit de personne que la nature ait mis quiconque en servitude, puisqu’elle nous a tous mis en compagnie.

  4. À vrai dire, il est bien inutile de se demander si la liberté est naturelle, puisqu’on ne peut tenir
    aucun être en servitude sans lui faire tort : il n’y a rien au monde de plus contraire à la nature,
    toute raisonnable, que l’injustice. La liberté est donc naturelle ; c’est pourquoi, à mon avis, nous
    ne sommes pas seulement nés avec elle, mais aussi avec la passion de la défendre.
    Et s’il s’en trouve par hasard qui en doutent encore—abâtardis au point de ne pas reconnaître
    leurs dons ni leurs passions natives -, il faut que je leur fasse l’honneur qu’ils méritent et que je
    hisse, pour ainsi dire, les bêtes brutes en chaire, pour leur enseigner leur nature et leur condition.
    Les bêtes, Dieu me soit en aide, si les hommes veulent bien les entendre, leur crient : « Vive la
    liberté ! » Plusieurs d’entre elles meurent aussitôt prises. Tel le poisson qui perd la vie sitôt tiré de
    l’eau, elles se laissent mourir pour ne point survivre à leur liberté naturelle. Si les animaux avaient
    entre eux des prééminences, ils feraient de cette liberté leur noblesse. D’autres bêtes, des plus
    grandes aux plus petites, lorsqu’on les prend, résistent si fort des ongles, des cornes, du bec et du
    pied qu’elles démontrent assez quel prix elles accordent à ce qu’elles perdent. Une fois prises, elles
    nous donnent tant de signes flagrants de la connaissance de leur malheur qu’il est beau de les voir
    alors languir plutôt que vivre, et gémir sur leur bonheur perdu plutôt que de se plaire en servitude.
    Que veut dire d’autre l’éléphant lorsque, s’étant défendu jusqu’au bout, sans plus d’espoir, sur le
    point d’être pris, il enfonce ses mâchoires et casse ses dents contre les arbres, sinon que son grand
    désir de demeurer libre lui donne de l’esprit et l’avise de marchander avec les chasseurs : à voir s’il
    pourra s’acquitter par le prix de ses dents et si son ivoire, laissé pour rançon, rachètera sa liberté ?
    Nous flattons le cheval dès sa naissance pour l’habituer à servir. Nos caresses ne l’empêchent
    pas de mordre son frein, de ruer sous l’éperon lorsqu’on veut le dompter. Il veut témoigner par là,
    ce me semble, qu’il ne sert pas de son gré, mais bien sous notre contrainte. Que dire encore ?
    « Même les boeufs, sous le joug, geignent, et les oiseaux, en cage, se plaignent. Je l’ai dit
    autrefois en vers…
    Ainsi donc, puisque tout être pourvu de sentiment sent le malheur de la sujétion et court après
    la liberté ; puisque les bêtes, même faites au service de l’homme, ne peuvent s’y soumettre qu’après avoir protesté d’un désir contraire, quelle malchance a pu dénaturer l’homme — seul vraiment né pour vivre libre — au point de lui faire perdre la souvenance de son premier état et le désir de le reprendre ?

  5. Il y a trois sortes de tyrans.
    Les uns règnent par l’élection du peuple, les autres par la force des armes, les derniers par
    succession de race. Ceux qui ont acquis le pouvoir par le droit de la guerre s’y comportent —
    on le sait et le dit fort justement comme en pays conquis. Ceux qui naissent rois, en général, ne
    sont guère meilleurs. Nés et nourris au sein de la tyrannie, ils sucent avec le lait le naturel du
    tyran et ils regardent les peuples qui leur sont soumis comme leurs serfs héréditaires. Selon leur
    penchant dominant—avares ou prodigues —, ils usent du royaume comme de leur héritage. Quant
    à celui qui tient son pouvoir du peuple, il semble qu’il devrait être plus supportable ; il le serait, je
    crois, si dès qu’il se voit élevé au-dessus de tous les autres, flatté par je ne sais quoi qu’on appelle
    grandeur, il décidait de n’en plus bouger. Il considère presque toujours la puissance que le peuple
    lui a léguée comme devant être transmise à ses enfants. Or dès que ceux-ci ont adapté cette opinion, il est étrange de voir combien ils surpassent en toutes sortes de vices, et même en cruautés, tous les autres tyrans. Ils ne trouvent pas meilleur moyen pour assurer leur nouvelle tyrannie que de renforcer la servitude et d’écarter si bien les idées de liberté de l’esprit de leurs sujets que, pour récent qu’en soit le souvenir, il s’efface bientôt de leur mémoire. Pour dire vrai, je vois bien entre ces tyrans quelques différences, mais de choix, je n’en vois pas : car s’ils arrivent au trône par des moyens divers, leur manière de règne est toujours à peu près la même. Ceux qui sont élus par le peuple le traitent comme un taureau à dompter, les conquérants comme leur proie, les successeurs comme un troupeau d’esclaves qui leur appartient par nature.

  6. Je poserai cette question : si par hasard il naissait aujourd’hui quelques gens tout neufs, ni
    accoutumés à la sujétion, ni affriandés à la liberté, ignorant jusqu’au nom de l’une et de l’autre,
    et qu’on leur proposât d’être sujets ou de vivre libres, quel serait leur choix ? Sans aucun doute,
    ils préféreraient de beaucoup obéir à la seule raison que de servir un homme, à moins qu’ils ne
    soient comme ces gens d’Israël qui, sans besoin ni contrainte, se donnèrent un tyran. Je ne lis
    jamais leur histoire sans en éprouver un dépit extrême qui me porterait presque à être inhumain,
    jusqu’à me réjouir de tous les maux quu leur advinrent. Car pour que les hommes, tant qu’ils sont
    des hommes, se laissent assujettir, il faut de deux choses l’une : ou qu’ils y soient contraints, ou
    qu’ils soient trompés. Contraints par les armes étrangères comme le furent Sparte et Athènes par
    celles d’Alexandre, ou trompés par les factions comme le fut le gouvernement d’Athènes, tombé
    auparavant aux mains de Pisistrate. Ils perdent souvent leur liberté en étant trompés, mais sont
    moins souvent séduits par autrui qu’ils ne se trompent eux-mêmes. Ainsi le peuple de Syracuse,
    capitale de la Sicile, pressé par les guerres, ne songeant qu’au danger du moment, élut Denys
    Premier et lui donna le commandement de l’armée. Il ne prit garde qu’il l’avait fait aussi puissant
    que lorsque ce malin, rentrant victorieux comme s’il eût vaincu ses concitoyens plutôt que ses
    ennemis, se fit d’abord capitaine, puis roi, et de roi tyran. Il est incroyable de voir comme le
    peuple, dès qu’il est assujetti, tombe soudain dans un si profond oubli de sa liberté qu’il lui est
    impossible de se réveiller pour la reconquérir : il sert si bien, et si volontiers, qu’on dirait à le voir
    qu’il n’a pas seulement perdu sa liberté mais bien gagné sa servitude.
    Il est vrai qu’au commencement on sert contraint et vaincu par la force ; mais les successeurs
    servent sans regret et font volontiers ce que leurs devanciers avaient fait par contrainte. Les hommes nés sous le joug, puis nourris et élevés dans la servitude, sans regarder plus avant, se contentent de vivre comme ils sont nés et ne pensent point avoir d’autres biens ni d’autres droits que ceux qu’ils ont trouvés ; ils prennent pour leur état de nature l’état de leur naissance.
    Toutefois il n’est pas d’héritier, même prodigue ou nonchalant, qui ne porte un jour les yeux
    sur les registres de son père pour voir s’il jouit de tous les droits de sa succession et si l’on n’a
    rien entrepris contre lui ou contre son prédécesseur. Mais l’habitude, qui exerce en toutes choses
    un si grand pouvoir sur nous, a surtout celui de nous apprendre à servir et, comme on le raconte
    de Mithridate, qui finit par s’habituer au poison, celui de nous apprendre à avaler le venin de la
    servitude sans le trouver amer. Nul doute que la nature nous dirige là où elle veut, bien ou mal lotis,
    mais il faut avouer qu’elle a moins de pouvoir sur nous que l’habitude. Si bon que soit le naturel,
    il se perd s’il n’est entretenu, et l’habitude nous forme toujours à sa manière, en dépit de la nature.
    Les semences de bien que la nature met en nous sont si menues, si frêles, qu’elles ne peuvent
    résister au moindre choc d’une habitude contraire. Elles s’entretiennent moins facilement qu’elles
    ne s’abâtardissent, et même dégénèrent, tels ces arbres fruitiers qui conservent les caractères de
    leur espèce tant qu’on les laisse venir, mais qui les perdent pour porter des fruits différents des
    leurs, selon la manière dont on les greffe.

  7. Les herbes aussi ont chacune leur propriété, leur naturel, leur singularité ; pourtant la durée, les
    intempéries, le sol ou la main du jardinier augmentent ou diminuent de beaucoup leurs vertus. La
    plante qu’on a vue dans un pays n’est souvent plus reconnaissable dans un autre. Celui qui verrait
    les Vénitiens, une poignée de gens vivant si librement que le plus misérable d’entre eux ne voudrait
    pas être roi, nés et élevés de façon qu’ils ne connaissent d’autre ambition que celle d’entretenir
    pour le mieux leur liberté, éduqués et formés dès le berceau de telle sorte qu’ils n’échangeraient
    pas un brin de leur liberté pour toutes les autres félicités de la terre… Celui, dis-je, qui verrait ces
    personnes-là, et qui s’en irait ensuite sur le domaine de quelque « grand seigneur », y trouvant
    des gens qui ne sont nés que pour le servir et qui abandonnent leur propre vie pour maintenir sa
    puissance, penserait-il que ces deux peuples sont de même nature ? Ou ne croirait-il pas plutôt
    qu’en sortant d’une cité d’hommes, il est entré dans un parc de bêtes ?
    On raconte que Lycurgue, le législateur de Sparte, avait nourri deux chiens, tous deux frères,
    tous deux allaités au même lait. L’un était engraissé à la cuisine, l’autre habitué à courir les champs
    au son de la trompe et du cornet. Voulant montrer aux Lacédémoniens que les hommes sont tels
    que la culture les a faits, il exposa les deux chiens sur la place publique et mit entre eux une soupe
    et un lièvre. L’un courut au plat, l’autre au lièvre. Et pourtant, dit-il, ils sont frères !
    Celui-là, avec ses lois et son art politique, éduqua et forma si bien les Lacédémoniens que
    chacun d’eux préférait souffrir mille morts plutôt que de se soumettre à un autre maître que la loi
    et la raison.
    Je prends plaisir à rappeler ici une anecdote concernant l’un des favoris de Xerxès, grand roi de
    Perse, et deux Spartiates. Lorsque Xerxès faisait ses préparatifs de guerre pour conquérir la Grèce
    entière, il envoya ses ambassadeurs dans plusieurs villes de ce pays pour demander de l’eau et de la terre — c’était la manière qu’avaient les Perses de sommer les villes de se rendre. Il se garda bien d’en envoyer à Sparte ni à Athènes parce que les Spartiates et les Athéniens, auxquels son père Darius en avait envoyés auparavant, les avaient jetés, les uns dans les fossés, les autres dans les puits en leur disant : « Allez-y, prenez là de l’eau et de la terre, et portez-les à votre prince. » Ces gens ne pouvaient souffrir que, même par la moindre parole, on attentât à leur liberté. Les Spartiates reconnurent qu’en agissant de la sorte, ils avaient offensé les dieux, et surtout Talthybie, le dieu des héraults. Ils résolurent donc, pour les apaiser d’envoyer à Xerxès deux de leurs concitoyens afin que, disposant d’eux à son gré, il pût se venger sur eux du meurtre des ambassadeurs de son père.
    Deux Spartiates, l’un nommé Sperthiès et l’autre Bulis, s’offrirent comme victimes volontaires.
    Ils partirent. Arrivés au palais d’un Perse nommé Hydarnes, lieutenant du roi pour toutes
    les villes d’Asie qui étaient sur les côtes de la mer, celui-ci les accueillit fort honorablement, leur
    fit grande chère et, de fil en aiguille, leur demanda pourquoi ils rejetaient si fort l’amitié du roi. «
    Spartiates, dit-il, voyez par mon exemple comment le Roi sait honorer ceux qui le méritent. Croyez
    que si vous étiez à son service et qu’il vous eût connus, vous seriez tous les deux gouverneurs de
    quelque ville grecque. » Les Lacédémoniens répondirent : « En ceci, Hydarnes, tu ne pourrais nous
    donner un bon conseil ; car si tu as essayé le bonheur que tu nous promets, tu ignores entièrement
    celui dont NOUS jouissons. Tu as éprouvé la faveur du roi, mais tu ne sais pas quel goût délicieux
    a la liberté. Or si tu en avais seulement goûté, tu nous conseillerais de la défendre, non seulement
    avec la lance et le bouclier, mais avec les dents et avec les ongles ». Seuls les Spartiates disaient
    vrai, mais chacun parlait ici selon l’éducation qu’il avait reçue. Car il était aussi impossible au Persan de regretter la liberté dont il n’avait jamais joui qu’aux Lacédémoniens, qui l’avaient savourée, d’endurer l’esclavage.

  8. Caton d’Utique, encore enfant et sous la férule de son maître, allait souvent voir le dictateur
    Sylla chez qui il avait ses entrées, tant à cause du rang de sa famille que de ses liens de parenté.
    Dans ces visites, il était toujours accompagné de son précepteur, comme c’était l’usage à Rome
    pour les enfants des nobles. Il vit un jour que dans l’hôtel même de Sylla, en sa présence ou par
    son commandement, on emprisonnait les uns, on condamnait les autres ; l’un était banni, l’autre
    étranglé. L’un demandait la confiscation des biens d’un citoyen, l’autre sa tête. En somme, tout s’y
    passait non comme chez un magistrat de la cité, mais comme chez un tyran du peuple ; c’était moins le sanctuaire de la justice qu’une caverne de tyrannie. Ce jeune garcon dit à son précepteur : « Que ne me donnez-vous un poignard ? Je le cacherai sous ma robe. J’entre souvent dans la chambre de Sylla avant qu’il ne soit levé… J’ai le bras assez fort pour en libérer la ville. » Voilà vraiment la parole d’un Caton. Ce début d’une vie était digne de sa mort. Taisez le nom et le pays, racontez seulement le fait tel qu’il est : il parle de lui-même. On dira aussitôt : « Cet enfant était romain, né dans Rome, lorsqu’elle était libre. » Pourquoi dis-je ceci ? Je ne prétends certes pas que le pays et le sol n’y fassent rien, car partout et en tous lieux l’esclavage est amer aux hommes et la liberté leur est chère. Mais il me semble qu’on doit avoir pitié de ceux qui, en naissant, se trouvent déjà sous le joug, qu’on doit les excuser ou leur pardonner si, n’ayant pas même vu l’ombre de la liberté, et n’en ayant pas entendu parler, ils ne ressentent pas le malheur d’être esclaves. S’il est des pays, comme le dit Homère de celui des Cimériens, où le soleil se montre tout différent qu’à nous, où après les avoir éclairés pendant six mois consécutifs, il les laisse dans l’obscurité durant les six autres mois, faut-il s’étonner que ceux qui naissent pendant cette longue nuit, s’ils n’ont point ouï parler de la clarté ni jamais vu le jour, s’accoutument aux ténèbres où ils sont nés sans désirer la lumière ?
    On ne regrette jamais ce qu’on n’a jamais-eu. Le chagrin ne vient qu’après le plaisir et toujours,
    à la connaissance du malheur, se joint le souvenir de quelque joie passée. La nature de l’homme
    est d’être libre et de vouloir l’être, mais il prend facilement un autre pli lorsque l’éducation le lui
    donne. Disons donc que, si toutes choses deviennent naturelles à l’homme lorsqu’il s’y habitue, seul
    reste dans sa nature celui qui ne désire que les choses simples et non altérées. Ainsi la première
    raison de la servitude volontaire, c’est l’habitude. Voilà ce qui arrive aux plus braves chevaux qui
    d’abord mordent leur frein, et après s’en jouent, qui, regimbant naguère sous la selle, se présentent
    maintenant d’eux-mêmes sous le harnais et, tout fiers, se rengorgent sous l’armure.
    Ils disent qu’ils ont toujours été sujets, que leurs pères ont vécu ainsi. Ils pensent qu’ils sont
    tenus d’endurer le mal, s’en persuadent par des exemples et consolident eux-mémes, par la durée,
    la possession de ceux qui les tyrannisent.
    Mais en vérité les années ne donnent jamais le droit de mal faire. Elles accroissent l’injure. Il
    s’en trouve toujours certains, mieux nés que les autres, qui sentent le poids du joug et ne peuvent
    se retenir de le secouer, qui ne s’apprivoisent jamais à la sujétion et qui, comme Ulysse cherchait
    par terre et par mer à revoir la fumée de sa maison, n’ont garde d’oublier leurs droits naturels, leurs
    origines, leur état premier, et s’empressent de les revendiquer en toute occasion. Ceux-là, ayant
    l’entendement net et l’esprit clairvoyant, ne se contentent pas, comme les ignorants, de voir ce qui
    est à leurs pieds sans regarder ni derrière ni devant. Ils se remémorent les choses passées pour juger le présent et prévoir l’avenir. Ce sont eux qui, ayant d’eux-mêmes la tête-bien faite, l’ont encore affinée par l’étude et le savoir. Ceux-là, quand la liberté serait entièrement perdue et bannie de ce monde, l’imaginent et la sentent en leur esprit, et la savourent. Et la servitude les dégoûte, pour si bien qu’on l’accoutre.

  9. Le grand Turc s’est bien apercu que les livres et la pensée donnent plus que toute autre chose
    aux hommes le sentiment de leur dignité et la haine de la tyrannie. Je comprends que, dans son
    pays, il n’a guère de savants, ni n’en demande. Le zèle et la passion de ceux qui sont restés,
    malgré les circonstances, les dévots de la liberté, restent communément sans effet, quel que soit
    leur nombre, parce qu’ils ne peuvent s’entendre. Les tyrans leur enlèvent toute liberté de faire, de
    parler et presque de penser, et ils demeurent isolés dans leurs rêves. Momus ne plaisantait pas trop, lorsqu’il trouvait à redire à l’homme forgé par Vulcain, en ce qu’il n’avait pas une petite fenêtre au coeur, afin qu’on pût y voir ses pensées…
    On dit que Brutus et Cassius, lorsqu’ils entreprirent de délivrer Rome (c’est-à-dire le monde
    entier), ne voulurent point que Cicéron, ce grand zélateur du bien public, fût de la partie, jugeant
    son coeur trop faible pour un si haut fait. Ils croyaient bien à son vouloir, mais non à son courage.
    Qui voudra se rappeler les temps passés et compulser les annales anciennes se convaincra que
    presque tous ceux qui, voyant leur pays malmené et en de mauvaises mains, formèrent le dessein
    de le délivrer, dans une intention bonne, entière et droite, en vinrent facilement à bout ; pour se manifester elle-même, la liberté vint toujours à leur aide. Harmodius, Aristogiton, Thrasybule, Brutus
    l’Ancien, Valerius et Dion, qui conçurent un projet si vertueux, l’exécutèrent avec bonheur. En de
    tels cas, le ferme vouloir garantit presque toujours le succès. Brutus le jeune et Cassius réussirent à
    briser la servitude ; ils périrent lorsqu’ils tentèrent de ramener la liberté, non pas misérablement—
    car qui oserait trouver rien de misérable ni dans leur vie ni dans leur mort ? – mais au grand dommage, pour le malheur perpétuel et pour la ruine entière de la république, laquelle, ce me semble, fut enterrée avec eux. Les autres tentatives essayées depuis contre les empereurs romains ne furent que les conjurations de quelques ambitieux dont l’irréussite et la mauvaise fin ne sont pas à regretter, vu qu’ils ne désiraient pas renverser le trône, mais seulement ébranler la couronne, cherchant à chasser le tyran pour mieux garder la tyrannie. Quant à ceux-là, je serais bien fâché qu’ils eussent réussi, et je suis content qu’ils aient montré par leur exemple qu’il ne faut pas abuser du saint nom de la liberté pour conduire une mauvaise action.
    Mais pour revenir à mon sujet, que j’avais presque perdu de vue, la première raison pour laquelle
    les hommes servent volontairement, c’est qu’ils naissent serfs et qu’ils sont élevés comme
    tels. De cette première raison découle cette autre : que, sous les tyrans, les gens deviennent aisément lâches et efféminés. Je sais gré au grand Hippocrate, père de la médecine, de l’avoir si bien remarqué dans son livre Des maladies. Cet homme avait bon coeur, et il le montra lorsque le roi de Perse voulut l’attirer près de lui à force d’offres et de grands présents ; il lui répondit franchement qu’il se ferait un cas de conscience de s’occuper à guérir les Barbares qui voulaient tuer les Grecs, et à servir par son art celui qui voulait asservir son pays. La lettre qu’il lui écrivit se trouve encore aujourd’hui dans ses autres oeuvres ; elle témoignera toujours de son courage et de sa noblesse.
    Il est certain qu’avec la liberté on perd aussitôt la vaillance. Les gens soumis n’ont ni ardeur
    ni pugnacité au combat. Ils y vont comme ligotés et tout engourdis, s’acquittant avec peine d’une
    obligation. Ils ne sentent pas bouillir dans leur coeur l’ardeur de la liberté qui fait mépriser le péril
    et donne envie de gagner, par une belle mort auprès de ses compagnons, l’honneur et la gloire. Chez les hommes libres au contraire, c’est à l’envi, à qui mieux mieux, chacun pour tous et chacun pour soi : ils savent qu’ils recueilleront une part égale au mal de la défaite ou au bien de la victoire. Mais les gens soumis, dépourvus de courage et de vivacité, ont le coeur bas et mou et sont incapables de toute grande action. Les tyrans le savent bien. Aussi font-ils tout leur possible pour mieux les avachir.

  10. L’historien Xénophon, l’un des plus sérieux et des plus estimés parmi les Grecs, a fait un petit
    livre dans lequel il fait dialoguer Simonide avec Hiéron, tyran de Syracuse, sur les misères du
    tyran. Ce livre est plein de leçons bonnes et graves qui ont aussi, selon moi, une grâce infinie. Plut
    à Dieu que tous les tyrans qui aient jamais été l’eussent placé devant eux en guise de miroir. Ils
    y auraient certainement reconnu leurs verrues et en auraient pris honte de leurs taches. Ce traité
    parle de la peine qu’éprouvent les tyrans qui, faisant du mal à tous, sont obligés de craindre tout
    le monde. Il dit, entre autres choses, que les mauvais rois prennent à leur service des étrangers
    mercenaires parce qu’ils n’osent plus donner les armes à leurs sujets, qu’ils ont maltraités. En
    France même, plus encore autrefois qu’aujourd’hui, quelques bons rois ont bien eu à leur solde
    des troupes étrangères, mais c’était plutôt pour sauvegarder leurs propres sujets ; ils ne regardaient
    pas à la dépense pour épargner les hommes. C’était aussi, je crois, l’opinion du grand Scipion
    l’Africain, qui aimait mieux avoir sauvé la vie d’un citoyen que d’avoir défait cent ennemis. Mais
    ce qui est certain, c’est que le tyran ne croit jamais sa puissance assurée s’il n’est pas parvenu au
    point de n’avoir pour sujets que des hommes sans valeur. On pourrait lui dire à juste titre ce que,
    d’après Térence,Thrason disait au maître des éléphants : r
    « Si brave donc vous êtes,
    Que vous avez charge des bêtes ? »
    Cette ruse des tyrans d’abêtir leurs sujets n’a jamais été plus évidente que dans la conduite
    de Cyrus envers les Lydiens, après qu’il se fut emparé de leur capitale et qu’il eut pris pour captif
    Crésus, ce roi si riche. On lui apporta la nouvelle que les habitants de Sardes s’étaient révoltés.
    Il les eut bientôt réduits à l’obéissance. Mais ne voulant pas saccager une aussi belle ville ni être
    obligé d’y tenir une armée pour la maîtriser, il s’avisa d’un expédient admirable pour s’en assurer
    la possession. Il y établit des bordels, des tavernes et des jeux publics, et publia une ordonnance
    qui obligeait les citoyens à s’y rendre. Il se trouva si bien de cette garnison que, par la suite, il n’eut
    plus à tirer l’épée contre les Lydiens. Ces misérables s’amusèrent à inventer toutes sortes de jeux
    si bien que, de leur nom même, les Latins formèrent le mot par lequel ils désignaient ce que nous
    appelons passe-temps, qu’ils nommaient Ludi, par corruption de Lydi.
    Tous les tyrans n’ont pas déclaré aussi expressément vouloir efféminer leurs sujets ; mais de
    fait, ce que celui-là ordonna formellement, la plupart d’entre eux l’ont fait en cachette. Tel est le
    penchant naturel du peuple ignorant qui, d’ordinaire, est plus nombreux dans les villes : il est soupçonneux envers celui qui l’aime et confiant envers celui qui le trompe. Ne croyez pas qu’il y ait nul oiseau qui se prenne mieux à la pipée, ni aucun poisson qui, pour la friandise du ver, morde plus
    tôt à l’hameçon que tous ces peuples qui se laissent promptement allécher à la servitude, pour la
    moindre douceur qu’on leur fait goûter. C’est chose merveilleuse qu’ils se laissent aller si promptement, pour peu qu’on les chatouille. Le théâtre, les jeux, les farces, les spectacles, les gladiateurs, les bêtes curieuses, les médailles, les tableaux et autres drogues de cette espèce étaient pour les peuples anciens les appâts de la servitude, le prix de leur liberté ravie, les outils de la tyrannie. Ce moyen, cette pratique, ces allèchements étaient ceux qu’employaient les anciens tyrans pour endormir leurs sujets sous le joug. Ainsi les peuples abrutis, trouvant beaux tous ces passe-temps, amusés d’un vain plaisir qui les éblouissait, s’habituaient à servir aussi niaisement mais plus mal que les petits enfants n’apprennent à lire avec des images brillantes.
    Les tyrans romains renchérirent encore sur ces moyens en faisant souvent festoyer les décuries,
    en gorgeant comme il le fallait cette canaille qui se laisse aller plus qu’à toute autre chose au
    plaisir de la bouche. Ainsi, le plus éveillé d’entre eux n’aurait pas quitté son écuelle de soupe pour
    recouvrer la liberté de la République de Platon. Les tyrans faisaient largesse du quart de blé, du
    septier de vin, du sesterce, et c’était pitié alors d’entendre crier : « Vive le roi ! » Ces lourdeaux
    ne s’avisaient pas qu’ils ne faisaient que recouvrer une part de leur bien, et que cette part même
    qu’ils en recouvraient, le tyran n’aurait pu la leur donner si, auparavant, il ne la leur avait enlevée.
    Tel ramassait aujourd’hui le sesterce, tel se gorgeait au festin public en bénissant Tibère et Néron
    de leur libéralité qui, le lendemain, contraint d’abandonner ses biens à l’avidité, ses enfants à la
    luxure, son sang même à la cruauté de ces empereurs magnifiques, ne disait mot, pas plus qu’une
    pierre, et ne se remuait pas plus qu’une souche. Le peuple ignorant a toujours été ainsi : au plaisir
    qu’il ne peut honnêtement recevoir, il est tout dispos et dissolu ; au tort et à la douleur qu’il peut
    honnêtement soufflir, il est insensible.

  11. Je ne vois personne aujourd’hui qui, entendant parler de Néron, ne tremble au seul nom de ce
    vilain monstre, de cette sale peste du monde. Il faut pourtant dire qu’après la mort, aussi dégoûtante
    que sa vie, de ce bouteleu, de ce bourreau, de cette bête sauvage, ce fameux peuple romain en
    éprouva tant de déplaisir, se rappelant ses jeux et ses festins, qu’il fut sur le point d’en porter le
    deuil. C’est du moins ce qu’en écrit Tacite, excellent auteur, historien des plus fiables. Et l’on ne
    trouvera pas cela étrange si l’on considère ce que ce même peuple avait déjà fait à la mort de Jules
    César, qui avait donné congé aux lois et à la liberté romaine. On louait surtout, ce me semble, dans
    ce personnage, son « humanité » ; or, elle fut plus funeste à son pays que la plus grande cruauté du
    plus sauvage tyran qui ait jamais vécu, car à la vérité ce fut cette venimeuse douceur qui emmiella
    pour le peuple romain le breuvage de la servitude. Après sa mort ce peuple-là, qui avait encore à
    la bouche le goût de ses banquets et à l’esprit la mémoire de ses prodigalités, amoncela les bancs
    de la place publique pour lui en faire un grand bûcher d’honneur ; puis il lui éleva une colonne
    comme au Père du peuple (le chapiteau portait cette inscription) ; enfin il fit plus d’honneurs à ce
    mort qu’il n’aurait dû en faire à un vivant, et d’abord à ceux qui l’avaient tué.
    Les empereurs romains n’oubliaient surtout pas de prendre le titre de Tribun du peuple, parce
    que cet office était tenu pour saint et sacré ; établi pour la défense et la protection du peuple,
    il jouissait d’une haute faveur dans l’État. Ils s’assuraient par ce moyen que le peuple se fierait
    mieux à eux, comme s’il lui suffisait d’entendre ce nom, sans avoir besoin d’en sentir les effets.
    Mais ils ne font guère mieux ceux d’aujourd’hui qui, avant de commettre leurs crimes les plus
    graves, les font toujours précéder de quelques jolis discours sur le bien public et le soulagement
    des malheureux. On connaît la formule dont ils font si finement usage ; mais peut-on parler de
    finesse là où il y a tant d’impudence ?
    Les rois d’Assyrie, et après eux les rois Mèdes, paraissaient en public le plus rarement possible,
    pour faire supposer au peuple qu’il y avait en eux quelque chose de surhumain et laisser rêver ceux
    qui se montent l’imagination sur les choses qu’ils ne peuvent voir de leurs propres yeux. Ainsi
    tant de nations qui furent longtemps sous l’empire de ces rois mystérieux s’habituèrent à les servir,
    et les servirent d’autant plus volontiers qu’ils ignoraient qui était leur maître, ou même s’ils en
    avaient un ; de telle sorte qu’ils vivaient dans la crainte d’un être que personne n’avait jamais vu.

  12. Les premiers rois d’Egypte ne se montraient guère sans porter tantôt une branche, tantôt du feu
    sur la tête : ils se masquaient et jouaient aux bateleurs, inspirant par ces formes étranges respect
    et admiration à leurs sujets qui, s’ils n’avaient pas été aussi stupides ou soumis, auraient dû s’en
    moquer et en rire. C’est vraiment lamentable de découvrir tout ce que faisaient les tyrans du temps
    passé pour fonder leur tyrannie, de voir de quels petits moyens ils se servaient, trouvant toujours
    la populace si bien disposée à leur égard qu’ils n’avaient qu’à tendre un filet pour la prendre ; ils
    n’ont jamais eu plus de facilité à la tromper et ne l’ont jamais mieux asservie que lorsqu’ils s’en
    moquaient le plus.
    Que dirai-je d’une autre sornette que les peuples anciens prirent pour argent comptant ? Ils
    crurent fermement que l’orteil de Pyrrhus, roi d’Épire, faisait des miracles et guérissait les malades
    de la rate. Ils enjolivèrent encore ce conte en disant que, lorsqu’on eut brûlé le cadavre de
    ce roi, l’orteil se retrouva dans les cendres épargné du feu, intact. Le peuple a toujours ainsi fabriqué lui-même les mensonges, pour y ajouter ensuite une foi stupide. Bon nombres d’auteurs ont rapporté ces mensonges ; on voit aisément qu’ils les ont ramassés dans les ragots des villes et les fables des ignorants. Telles sont les merveilles que fit Vespasien, revenant d’Assyrie et passant par Alexandrie pour aller à Rome s’emparer de l’Empire : il redressait les boiteux, rendait clairvoyants les aveugles, et mille autres choses qui ne pouvaient être crues, à mon avis, que par de plus aveugles que ceux qu’il guérissait.
    Les tyrans eux-mêmes trouvaient étrange que les hommes souffrissent qu’un autre les maltraitât,
    c’est pourquoi ils se couvraient volontiers du manteau de la religion et s’affublaient autant que
    faire se peut des oripeaux de la divinité pour cautionner leur méchante vie. Ainsi Salmonée, pour
    s’être moqué du peuple en faisant son Jupiter, se trouve maintenant au fin fond de l’enfer, selon là
    sibylle de Virgile, qui l’y a vu :
    « Là, des fils d’Aloüs gisent les corps énormes,
    Ceux qui, fendant les airs de leurs têtes difformes
    Osérent attenter aux demeures des Dieux,
    Et du trône éternel chasser le Roi des cieux.
    Là, j’ai vu de ces dieux le rival sacrilège,
    Qui du foudre usurpant le divin privilège
    Pour arracher au peuple un criminel encens
    De quatre fiers coursiers aux pieds retentissants
    Attelant un vain char dans l’Élide tremblante
    Une torche à h main y semait l’épouvante :
    Insensé qui, du ciel prétendu souverain,
    Par le bruit de son char et de son pont d’airain
    Du tonnerre imitait le bruit inimitable !
    Mais Jupiter lança le foudre véritable
    Et renversa, couvert d’un tourbillon de feu,
    Le char et les coursiers et la foudre et le Dieu :
    Son triomphe fut court, sa peine est éternelle. »
    Si celui qui voulut simplement faire l’idiot se trouve là-bas si bien traité, je pense que ceux qui
    ont abusé de la religion pour mal faire s’y trouveront encore à meilleure enseigne.
    Nos tyrans de France ont semé aussi je ne sais quoi du genre : des crapauds, des fleurs de lys,
    la Sainte Ampoule et l’oriflamme. Toutes choses que, pour ma part et quoi qu’il en soit, je ne veux
    pas croire n’être que des balivernes, puisque nos ancêtres les croyaient et que de notre temps nous
    n’avons eu aucune occasion de les soupçonner telles. Car nous avons eu quelques rois si bons à
    la paix, si vaillants à la guerre que, bien qu’ils fussent nés rois, il semble que la nature ne les ait
    pas faits comme les autres et que le dieu tout-puissant les ait choisis avant leur naissance pour leur
    confier le gouvernement et la garde de ce royaume. Et quand cela ne serait pas, je ne voudrais
    pas entrer en lice pour débattre de la vérité de nos histoires, ni les éplucher trop librement pour
    ne pas ravir ce beau thème où pourra si bien s’escrimer notre poésie française, cette poésie non
    seulement agrémentée, mais pour, ainsi dire refaite à neuf par nos Ronsard, Baïf et du Bellay : ils
    font tellement progresser notre langue que bientôt, j’ose l’espérer, nous n’aurons rien à envier aux
    Grecs ni aux Latins, hormis le droit d’aînesse.

  13. Certes, je ferais grand tort à notre rime (j’use volontiers de ce mot qui me plaît, car bien
    que plusieurs l’aient rendue purement mécanique, j’en vois toutefois assez d’autres capables de
    l’anoblir et de lui rendre son premier lustre). Je lui ferais, dis-je, grand tort en lui ravissant ces jolis
    contes du roi Clavis, dans lesquels s’égaiera si plaisamment, si aisément, la verve de notre Ronsard, dans sa Franciade. Je saisis sa portée, je connais son esprit fin et je sais la grâce de l’homme. Il fera son affaire de l’oriflamme, aussi bien que les Romains le faisaient de leurs ancilles et de ces
    « boucliers du ciel en bas jetés »,
    dont parle Virgile. Il tirera de notre Sainte Ampoule un parti aussi bon que les Athéniens en
    tirérent de leur corbeille d’Erisicthone. Il parlera de nos armoiries aussi bien qu’eux de leur olivier,
    qu’ils prétendent exister encore dans la tour de Minerve. Certes, je serais téméraire de vouloir
    démentir nos livres et de courir ainsi sur les terres de nos poètes.
    Mais pour revenir à mon sujet, dont je me suis éloigné je ne sais trop comment, n’est-il pas clair
    que les tyrans, pour s’affermir, se sont efforcés d’habituer le peuple, non seulement à l’obéissance
    et à la servitude mais encore à leur dévotion ? Tout ce que j’ai dit jusqu’ici des moyens employés
    par les tyrans pour asservir n’est exercé que sur le petit peuple ignorant.
    J’en arrive maintenant à un point qui est, selon moi, le ressort et le secret de la domination,
    le soutien et le fondement de toute tyrannie. Celui qui penserait que les hallebardes, les gardes
    et le guet garantissent les tyrans, se tromperait fort. Ils s’en servent, je crois, par forme et pour
    épouvantail, plus qu’ils ne s’y fient. Les archers barrent l’entrée des palais aux malhabiles qui n’ont
    aucun moyen de nuire, non aux audacieux bien armés. On voit aisément que, parmi les empereurs
    romains, moins nombreux sont ceux qui échappèrent au danger grâce au secours de leurs archers
    qu’il n’y en eut de tués par ces archers mêmes. Ce ne sont pas les bandes de gens à cheval, les
    compagnies de fantassins, ce ne sont pas les armes qui défendent un tyran, mais toujours (on aura
    peine à le croire d’abord, quoique ce soit l’exacte vérité) quatre ou cinq hommes qui le soutiennent
    et qui lui soumettent tout le pays. Il en a toujours été ainsi : cinq ou six ont eu l’oreille du tyran
    et s’en sont approchés d’eux-mêmes, ou bien ils ont été appelés par lui pour être les complices de
    ses cruautés, les compagnons de ses plaisirs, les maquereaux de ses voluptés et les bénéficiaires
    de ses rapines. Ces six dressent si bien leur chef qu’il en devient méchant envers la société, non
    seulement de sa propre méchanceté mais encore des leurs. Ces six en ont sous eux six cents, qu’ils corrompent autant qu’ils ont corrompu le tyran. Ces six cents en tiennent sous leur dépendance six mille, qu’ils élèvent en dignité. Ils leur font donner le gouvernement des provinces ou le maniement des deniers afin de les tenir par leur avidité ou par leur cruauté, afin qu’ils les exercent à point nommé et fassent d’ailleurs tant de mal qu’ils ne puissent se maintenir que sous leur ombre, qu’ils ne puissent s’exempter des lois et des peines que grâce à leur protection. Grande est la série de ceux qui les suivent. Et qui voudra en dévider le fil verra que, non pas six mille, mais cent mille et des millions tiennent au tyran par cette chaîne ininterrompue qui les soude et les attache à lui, comme Homère le fait dire à Jupiter qui se targue, en tirant une telle chaîne, d’amener à lui tous les dieux. De là venait l’accroissement du pouvoir du Sénat sous Jules César, l’établissement de nouvelles fonctions, l’institution de nouveaux offices, non certes pour réorganiser la justice, mais pour donner de nouveaux soutiens à la tyrannie. En somme, par les gains et les faveurs qu’on reçoit des tyrans, on en arrive à ce point qu’ils se trouvent presque aussi nombreux, ceux auxquels la tyrannie profite, que ceux auxquels la liberté plairait.

  14. Au dire des médecins, bien que rien ne paraisse changé dans-notre corps, dès que quelque
    tumeur se manifeste en un seul endroit, toutes les humeurs se portent vers cette partie véreuse. De
    même, dès qu’un roi s’est déclaré tyran, tout le mauvais, toute la lie du royaume, je ne dis pas un
    tas de petits friponneaux et de faquins qui ne peuvent faire ni mal ni bien dans un pays, mais ceux
    qui sont possédés d’une ambition ardente et d’une avidité notable se groupent autour de lui et le
    soutiennent pour avoir part au butin et pour être, sous le grand tyran, autant de petits tyranneaux.
    Tels sont les grands voleurs et les fameux corsaires ; les uns courent le pays, les autres pourchassent les voyageurs ; les uns sont en embuscade, les autres au guet ; les uns massacrent, les autres dépouillent, et bien qu’il y ait entre eux des prééminences, que les uns ne soient que des
    valets et les autres des chefs de bande, à la fin il n’y en a pas un qui ne profite, sinon du butin
    principal, du moins de ses restes. On dit que les pirates ciliciens se rassemblèrent en un si grand
    nombre qu’il fallut envoyer contre eux le grand Pompée, et qu’ils attirèrent à leur alliance plusieurs
    belles et grandes villes dans les havres desquelles, en revenant de leurs courses, ils se mettaient en sûreté, leur donnant en échange une part des pillages qu’elles avaient recélés.
    C’est ainsi que le tyran asservit les sujets les uns par les autres. Il est gardé par ceux dont il
    devrait se garder, s’ils valaient quelque chose. Mais on l’a fort bien dit : pour fendre le bois, on se
    fait des coins du bois même ; tels sont ses archers, ses gardes, ses hallebardiers. Non que ceux-ci
    n’en souffrent souvent eux-mêmes ; mais ces misérables abandonnés de Dieu et des hommes se
    contentent d’endurer le mal et d’en faire, non à celui qui leur en fait, mais bien à ceux qui, comme
    eux, l’endurent et n’y peuvent mais. Quand je pense à ces gens qui flattent le tyran pour exploiter
    sa tyrannie et la servitude du peuple, je suis presque aussi souvent ébahi de leur méchanceté
    qu’apitoyé de leur sottise.
    Car à vrai dire, s’approcher du tyran, est-ce autre chose que s’éloigner de sa liberté et, pour
    ainsi dire, embrasser et serrer à deux mains sa servitude ? Qu’ils mettent un moment à part leur
    ambition, qu’ils se dégagent un peu de leur avidité, et puis qu’ils se regardent ; qu’ils se considèrent
    eux-mêmes : ils verront clairement que ces villageois, ces paysans qu’ils foulent aux pieds et qu’ils
    traitent comme des forcats ou des esclaves, ils verront, dis-je, que ceux-là, si malmenés, sont plus
    heureux qu’eux et en quelque sorte plus libres. Le laboureur et l’artisan, pour asservis qu’ils soient,
    en sont quittes en obéissant ; mais le tyran voit ceux qui l’entourent coquinant et mendiant sa faveur.
    Il ne faut pas seulement qu’ils fassent ce qu’il ordonne, mais aussi qu’ils pensent ce qu’il veut et
    souvent même, pour le satisfaire, qu’ils préviennent ses propres désirs. Ce n’est pas le tout de lui
    obéir, il faut encore lu complaire ; il faut qu’ils se rompent, se tourmentent, se tuent à traiter ses
    affaires, et puisqu’ils ne se plaisent qu’à son plaisir, qu’ils sacrifient leur goût au sien, qu’ils forcent
    leur tempérament et dépouillent leur naturel. Il faut qu’ils soient attentifs à ses paroles, à sa voix, à
    ses regards, à ses gestes : que leurs yeux, leurs pieds, leurs mains soient continuellement occupés
    à épier ses volontés et à deviner ses pensées.
    Est-ce là vivre heureux ? Est-ce même vivre ? Est-il rien au monde de plus insupportable que
    cet état, je ne dis pas pour tout homme de coeur, mais encore pour celui qui n’a que le simple
    bon sens, ou même figure d’homme ? Quelle condition est plus misérable que celle de vivre ainsi,
    n’ayant rien à soi et tenant d’un autre son aise, sa liberté, son corps et sa vie ?

  15. Mais ils veulent servir pour amasser des biens : comme s’ils pouvaient rien gagner qui fût à
    eux, puisqu’ils ne peuvent même pas dire qu’ils sont à eux-mêmes. Et comme si quelqu’un pouvait
    avoir quelque chose à soi sous un tyran, ils veulent se rendre possesseurs de biens, oubliant que
    ce sont eux qui lui donnent la force de ravir tout à tous, et de ne rien laisser qu’on puisse dire
    être à sa personne. Ils voient pourtant que ce sont les biens qui rendent les hommes dépendants de
    sa cruauté ; qu’il n’y a aucun crime plus digne de mort, selon lui, que l’avantage d’autrui ; qu’il
    n’aime que les richesses et ne s’attaque qu’aux riches ; ceux-là viennent cependant se présenter à
    lui comme des moutons devant le boucher, pleins et bien repus comme pour lui faire envie.
    Ces favoris devraient moins se souvenir de ceux qui ont gagné beaucoup auprès des tyrans que
    de ceux qui, s’étant gorgés quelque temps, y ont perdu peu après les biens et la vie. Ils devraient
    moins songer au grand nombre de ceux qui y ont acquis des richesses qu’au petit nombre de
    ceux qui les ont conservées. Qu’on parcoure toutes les histoires anciennes et qu’on rappelle toutes
    celles dont nous nous souvenons, on verra combien nombreux sont ceux qui, arrivés par de mauvais moyens jusqu’à l’oreille des princes, soit en flattant leurs mauvais penchants, soit en abusant de leur naïveté, ont fini par être écrasés par ces mêmes princes, qui avaient mis autant de facilité à les élever que d’inconstance à les défendre. Parmi le grand nombre de ceux qui se sont trouvés auprès des mauvais rois, il en est peu ou presque pas qui n’aient éprouvé eux-mêmes la cruauté du tyran, qu’ils avaient auparavant attisée contre d’autres. Souvent enrichis à l’ombre de sa faveur des dépouilles d’autrui, ils l’ont à la fin enrichi eux-mêmes de leur propre dépouille.
    Et même les gens de bien — il arrive parfois que le tyran les aime —, si avancés qu’ils soient
    dans sa bonne grâce, si brillantes que soient en eux la vertu et l’intégrité (qui, même aux méchants,
    inspirent quelque respect lorsqu’on les voit de près) ; ces gens de bien, dis-je, ne sauraient se
    maintenir auprès du tyran ; il faut qu’ils se ressentent aussi du mal commun et qu’ils éprouvent la
    tyrannie à leurs dépens. Tel un Sénèque, un Burrhus, un Trazéas : cette trinité de gens de bien dont
    les deux premiers eurent le malheur de s’approcher d’un tyran qui leur confia le maniement de ses
    affaires, tous deux chéris de lui, et bien que l’un d’eux l’eût élevé, ayant pour gage de son amitié
    les soins qu’il avait donnés à son enfance, ces trois-là, dont la mort fut si cruelle, ne sont-ils pas des
    exemples suffisants du peu de confiance que l’on doit avoir dans la faveur d’un méchant maître ?
    En vérité, quelle amitié attendre de celui qui a le coeur assez dur pour haïr tout un royaume qui
    ne fait que lui obéir, et d’un être qui, ne sachant aimer, s’appauvrit lui-même et détruit son propre
    empire ?
    Or si l’on veut dire que Sénèque, Burrhus et Traséas n’ont éprouvé ce malheur que pour avoir
    été trop gens de bien, qu’on cherche attentivement autour de Néron lui-même : on verra que tous
    ceux qui furent en grâce auprès de lui et qui s’y maintinrent par leur méchanceté n’eurent pas
    une fin meilleure. Qui a jamais entendu parler d’un amour aussi effréné, d’une affection aussi
    opiniâtre, qui a jamais vu d’homme aussi obstinément attaché à une femme que celui-là le fut à
    Poppée ? Or il l’empoisonna lui-même. Sa mère, Agrippine, pour le placer sur le trône, avait tué
    son propre mari Claude ; elle avait tout entrepris et tout souffert pour le favoriser. Et cependant
    son fils, son nourrisson, celui-là qu’elle avait fait empereur de sa propre main, lui ôta la vie après
    l’avoir souvent maltraitée. Personne ne nia qu’elle n’eût bien mérité cette punition, si elle avait été
    infligée par n’importe qui d’autre.
    Qui fut jamais plus facile à manier, plus simple et, pour mieux dire, plus niais que l’empereur
    Claude ? Qui fut jamais plus coiffé d’une femme que lui de Messaline ? Il la livra pourtant au
    bourreau. Les tyrans bêtes restent bêtes au point de ne jamais savoir faire le bien, mais je ne sais
    comment, à la fin, le peu qu’ils ont d’esprit se réveille en eux pour user de cruauté même envers
    leurs proches. On connaît assez le mot de celui-là qui, voyant découverte la gorge de sa femme, de
    celle qu’il aimait le plus, sans laquelle il semblait qu’il ne pût vivre, lui adressa ce joli compliment :
    « Ce beau cotu sera coupé tout à l’heure, si je l’ordonne. » Voilà pourquoi la plupart des anciens
    tyrans ont presque tous été tués par leurs favoris : connaissant la nature de la tyrannie, ceux-ci
    n’étaient guère rassurés sur la volonté du tyran et se défiaient de sa puissance. C’est ainsi que
    Domitien fut tué par Stéphanus, Commode par une de ses maîtresses, Caracalla par le centurion
    Martial excité par Macrin, et de même presque tous les autres.

  16. Certainement le tyran n’aime jamais, et n’est jamais aimé. L’amitié est un nom sacré, une chose
    sainte. Elle n’existe qu’entre gens de bien. Elle naît d’une mutuelle estime et s’entretient moins par
    les bienfaits que par l’honnêteté. Ce qui rend un ami sûr de l’autre, c’est la connaissance de son
    intégrité. Il en a pour garants son bon naturel, sa fidélité, sa constance. Il ne peut y avoir d’amitié
    là où se trouvent la cruauté, la déloyauté, l’injustice. Entre méchants, lorsqu’ils s’assemblent, c’est
    un complot et non une société. Ils ne s’aiment pas mais se craignent. Ils ne sont pas amis, mais
    complices.
    Quand bien même cela ne serait pas, il serait difficile de trouver chez un tyran un amour sûr,
    parce qu’étant au-dessus de tous et n’ayant pas de pairs, il est déjà au-delà des bornes de l’amitié.
    Celle-ci fleurit dans l’égalité, dont la marche est toujours égale et ne peut jamais clocher. Voilà
    pourquoi il y a bien, comme on le dit, une espèce de bonne foi parmi les voleurs lors du partage
    du butin, parce qu’alors ils y sont tous pairs et compagnons. S’ils ne s’aiment pas, du moins se
    craignent-ils. Ils ne veulent pas amoindrir leur force en se désunissant.
    Mais les favoris d’un tyran ne peuvent jamais compter sur lui parce qu’ils lui ont eux-mêmes
    appris qu’il peut tout, qu’aucun droit ni devoir ne l’oblige, qu’il est habitué à n’avoir pour raison
    que sa volonté, qu’il n’a pas d’égal et qu’il est le maître de tous. N’est-il pas déplorable que, malgré
    tant d’exemples éclatants, sachant le danger si présent, personne ne veuille tirer leçon des misères
    d’autrui et que tant de gens s’approchent encore si volontiers des tyrans ? Qu’il ne s’en trouve pas
    un pour avoir la prudence et le courage de leur dire, comme le renard de la fable au lion qui faisait
    le malade : « J’irais volontiers te rendre visite dans ta tanière ; mais je vois assez de traces de bêtes
    qui y entrent ; quant à celles qui en sortent, je n’en vois aucune. »
    Ces misérables voient reluire les trésors du tyran ; ils admirent, tout ébahis, les éclats de sa
    magnificence ; alléchés par cette lueur, ils s’approchent sans s’apercevoir qu’ils se jettent dans une
    flaimne qui ne peut manquer de les dévorer. Ainsi le satyre imprudent de la fable, voyant briller
    le feu ravi par Prométhée, le trouva si beau qu’il alla le baiser et s’y brûla. Ainsi le papillon qui,
    espérant jouir de quelque plaisir, se jette au feu parce qu’il le voit briller, éprouve bientôt, comme
    dit Lucain, qu’il a aussi le pouvoir de brûler.
    Mais supposons encore que ces mignons échappent aux mains de celui qu’ils servent, ils ne se
    sauvent jamais de celles du roi qui lui succède. S’il est bon, il leur faut alors rendre des comptes
    et se soumettre à la raison ; s’il est mauvais comme leur ancien maître, il ne peut manquer d’avoir
    aussi ses favoris qui, d’ordinaire, non contents de prendre leur place, leur arrachent aussi le plus
    souvent leurs biens et leur vie. Se peut-il donc qu’il se trouve quelqu’un qui, face à un tel péril
    et avec si peu de garanties, veuille prendre une position si malheureuse et servir avec tant de
    souffrances un maître aussi dangereux ?
    Quelle peine, quel martyre, grand Dieu ! Être occupé nuit et jour à plaire à un homme, et
    se méfier de lui plus que de tout autre au monde. Avoir toujours l’oeil aux aguets, l’oreille aux
    écoutes, pour épier d’où viendra le coup, pour découvrir les embûches, pour tâter la mine de ses
    concurrents, pour deviner le traître. Sourire à chacun et se méfier de tous, n’avoir ni ennemi ouvert
    ni ami assuré, montrer toujours un visage riant quand le coeur est transi ; ne pas pouvoir être joyeux, ni oser être triste !

  17. Il est vraiment plaisant de considérer ce qui leur revient de ce grand tourment, et de voir le bien
    qu’ils peuvent attendre de leur peine et de leur vie misérable : ce n’est pas le tyran que le peuple
    accuse du mal qu’il souffre, mais bien ceux qui le gouvernent.
    Ceux-là, les peuples, les nations, tous à l’envi jusqu’aux paysans, jusqu’aux laboureurs, connaissent leurs noms, décomptent leurs vices ; ils amassent sur eux mille outrages, mille insultes, mille jurons.
    Toutes les prières, toutes les malédictions sont contre eux. Tous les malheurs, toutes les
    pestes, toutes les famines leur sont comptées ; et si l’on fait parfois semblant de leur rendre hommage, dans le même temps on les maudit du fond du coeur et on les tient plus en horreur que des bêtes sauvages. Voilà la gloire, voilà l’honneur qu’ils recueillent de leurs services auprès des gens qui, s’ils pouvaient avoir chacun un morceau de leur corps, ne s’estimeraient pas encore satisfaits, ni même à demi consolés de leur souffrance. Même après leur mort, leurs survivants n’ont de cesse que le nom de ces mange-peuples ne soit noirci de l’encre de mille plumes, et leur réputation déchirée dans mille livres. Même leurs os sont, pour ainsi dire, traînés dans la boue par la postérité, comme pour les punir encore aprés leur mort de leur méchante vie.
    Apprenons donc ; apprenons à bien faire. Levons les yeux vers le ciel pour notre honneur ou
    pour l’amour de la vertu, mieux encore pour ceux du Dieu tout-puissant, fidèle témoin de nos actes
    et juge de nos fautes. Pour moi, je pense — et ne crois pas me tromper-, puisque rien n’est plus
    contraire à un Dieu bon et libéral que la tyrannie, qu’il réserve là-bas tout exprès, pour les tyrans
    et leurs complices, quelque peine particulière.

  18. http://fr.sott.net/article/12307-Canada-fin-de-la-couverture-en-cas-de-seisme-pour-deux-compagnies-d-assurance-de-Colombie-Britannique
    Ceci n’est qu’ un début. hum dites moi qui a dit que les cie d’assurances feront faillite tres vite car elles ne pourront pas rembourser tous les immeubles? ah oui moi l’hiver 2012. bon les jeux sont faits.
    Saturne en balance n’aura pas les memes effets que saturne en vierge surtout que jupiter est encore en taureau.
    la saison 2013 sera relativement chaude et pluvieuse, propice aux maladies en tout genre. beaucoup de pourrisement a attendre pour les récolte à venir et donc une tres petite recolte verra le jour et ceci sera vrai pour les zones méridionales.
    pour la russie, le froid persistera au dela du 50ieme. le degel sera donc tardif et la fentre de tir de plantation recolte va se reduire,cela moins de production mondiale de cereales.
    faudrait surveiller generali car si un domino lache , les autre comme groupama partiront en vrille.
    On n’a pas suivi la voie de dieu dans sa courbe 0 1 1 2 3 5 8 et 13, le jugement sera donc severe et il arrivera pour sept 2478, date ou l’etoile doit voir le jour en lion. Ce jugeemnt n’est pas le basculement des poles, mais un cycle de 3590 ans.possible que cette nouvelle etoile soit le frere du soleil.
    .°.

  19. Les compliments faits à Elle court, elle court la rumeur… pour la recherche de vidéos utiles au déroulement de certains évènements, ne signifie pas pour autant s’accorder le monopole des commentaires.

    • J’en suis désolé, mais pour moi “Le Discours de la servitude volontaire” ou “le Contr’un” est un ouvrage rédigé en 1549 par Étienne de La Boétie à l’âge de 18 ans. Sa première publication date exactement de 1574.
      Pour son age c’est impressionnant. NON ? ET L’ANNÉE 1574 …

      • Achetez vous une souris à molette non crantée pour ceux qui veulent sauter les posts. Pour ma part je préfère abondance que sécheresse mais bon, c’est que mon point de vue…

      • L’environnement modèle l’individu. Il est entendu que si La Boétie avait eu comme parents de substitution Casimir ou les Pokémons et Nestlé comme nourrice, il aurait été impressionnant qu’il eu rédigé un texte pertinent rentrant dans 15 commentaires copié-collé, surtout sans fautes.

  20. Heidegger disait que tous les rapports sociaux sont des rapports de maitre à esclave…
    Stendhal pensait egalement que les français n’aiment pas la liberté, ils ne savent qu’en faire,; ils sont beaucoup plus attachés à la vanité…

  21. @ elle court la rumeur
    Oh là du calme ! ! sur 25 commentaires, 18 copiés collés, ça devient indigeste !
    Ce n’est pas une critique, juste une constatation qui demande explication
    Exister au milieu du vide revient à faire acte de sauvetage – rassurez moi je me suis sûrement trompée 🙂

    • Tu as le droit de critiquer lambda… et même ici en l’occurrence c’est un devoir : la dictature des copier-coller à répétition est insupportable !

      • Ce qui est insupportable chez “Geraldine” : sa médiocrité !!!
        Et la médiocrité est bien reposante !!!!

  22. La révolution du salaire à vie.. Entretien avec Bernard Friot
    Bernard Friot, sociologue et économiste, nous montre comment nous pouvons à l’avenir nous réapproprier notre travail et la valeur économique que nous produisons, en nous opposant à la logique du capital et du marché du travail.
    Supprimer la propriété lucrative, redéfinir la valeur et instaurer un salaire à vie pour tous, en prolongeant le principe de la cotisation sociale, déjà présente chez les fonctionnaires, les retraités, et dans la sécurité sociale : telles sont les pistes évoquées par Bernard Friot pour émanciper les individus économiquement et sortir du capitalisme.
    http://youtu.be/8MWQBbLLwg4

  23. La Boston Consulting Group (BCG) l’un des Cabinets de conseil les plus réputés au monde, affirme, ce que par ailleurs quelques analystes adeptes de l’école autrichienne http://www.youtube.com/watch?v=0Mvii4nlJ_E disent : les économies sont effectivement devenues de gigantesques chaînes de Ponzi http://www.etoro.fr/education/chaine-de-ponzi-les-bases.aspx , l’exemple le plus caractéristique en la matière est celui de l’affaire MADOFF.
    Les pays développés entretiennent depuis plusieurs décennies un système dénaturé qui consiste à emprunter la richesse de demain pour financer leur consommation d’aujourd’hui. Selon la BRI (banque des règlements internationaux) la dette totale des gouvernements, des ménages et des entreprises de l’OCDE est passée de 160 % du PIB en 1980 à 321 % en 2010.
    Cette dette a servi essentiellement à financer la consommation (salaires des fonctionnaires, dépenses de consommation pour les ménages), mais trop peu pour l’investissement et les infrastructures. La majorité des États en déficit consacrent une partie grandissante de leur emprunt à rembourser d’autres plus anciens. Ils garantissent des droits ( retraite, santé) mais qui sont loin d’être financés.
    Par exemple, le chiffre officiel de la dette française,1818 mds € en 2012. Ce que le plus grand nombre ignore c’est que cette donnée officielle ne prend pas en compte bien d’autres postes de dépenses, l’objet d’une comptabilité cachée, hors bilan, organisée par les divers gouvernements successifs :
    Récapitulatif du cumul des comptes cachés de la dette publique française (données du Sénat) :
     8,7 milliards € (SAAD)
     27,8 milliards € (RFF)
     55 milliards € (conversion des 77 milliards $ de la SFEF)
     93 milliards € (CADES)
     91 milliards € (ACOSS)
     20 milliards € (hôpitaux)
     4 milliards € (allocations chômage)
     1,2 milliard € (dette du Cameroun)
     1 200 milliards € (retraites fonctionnaires)
    Total : 1 500,7 milliards d’euros supplémentaires à cumuler aux 1818 mds €
    Ce modèle Ponzi dont les engrenages se sont ovalisés et désaxés est exactement l’inverse de celui de KEYNES – 1941 – lequel proposait l’application d’un juste équilibre entre productions – redistribution – consommation – investissement.
    Résultat : les liquidités nécessaires à l’économie de terrain se sont raréfiées, notamment en direction du tissu des PME PMI qui représentent en Europe le battement de coeur de l’économie et le réservoir, le vivier d’emplois
    Selon les accords internationaux de Bâle III les banques sont soumises au doublement de leurs actifs en fondspropres. Puisque d’autre part, elles sont encore confrontées à diverses titrisations pourries (ex subprimes, ex DEXIA), qu’elles sont impliquées aussi dans les dettes obligataires de pays en difficulté (Grèce, Portugal…) elles sont sur le qui-vive. Un informaticien d’une très grande société expliquait en privé que les banques ont falsifié les paramètres de leur logiciel pour minimiser la nouvelle charge que représente le doublement d’actifs en fonds propres.
    Si l’on ajoute le risque qui peut à tout moment provenir des pays d’Europe centrale, qui en cas de leur faillite très probable, vont entraîner dans le gouffre les banques ouest-européennes, autrichiennes et suédoises, lesquelles devront compter avec les 600 mds € de leurs engagements en 2012. Ce qui équivaut potentiellement à une déferlante plus rude que celle des subprimes américaines.
    Ce manque de liquidité se fait donc sentir non seulement au niveau des PME, mais aussi au niveau des particuliers qui ont choisi de retirer leurs avoirs de leur compte. Ils ont du faire face à beaucoup de réticence et de mauvaise foi de la part de certains employés de banque, ayant reçu certainement des instructions en ce sens l.
    Un article récent de LIESI du 2 novembre avait pour titre : Quand est-ce que les Français bougeront ? Soyons clairs, ce n’est ni la fraternité, ni la solidarité envers les plus appauvris qui ne savent pas comment finir le moi qui les pousserai à réagir, mais simplement l’absence de billets au distributeur.
    Ce qui nous annonce le plus grand trouble, la plus grande angoisse, quand la crise montera en puissance dans ce pays. Cela, comparativement aux autres pays du Sud dont les populations ont appris à être vraiment solidaires entre elles et dans leur mouvement de revendication contre les gouvernements en place.
    http://liesidotorg.wordpress.com/2012/11/02/quand-est-ce-que-les-gens-bougeront-en-france/

  24. La Boston Consulting Group (BCG) l’un des Cabinets de conseil les plus réputés au monde, affirme, ce que par ailleurs quelques analystes adeptes de l’école autrichienne http://www.youtube.com/watch?v=0Mvii4nlJ_E disent : les économies sont effectivement devenues de gigantesques chaînes de Ponzi http://www.etoro.fr/education/chaine-de-ponzi-les-bases.aspx , l’exemple le plus caractéristique en la matière est celui de l’affaire MADOFF.
    Les pays développés entretiennent depuis plusieurs décennies un système dénaturé qui consiste à emprunter la richesse de demain pour financer leur consommation d’aujourd’hui. Selon la BRI (banque des règlements internationaux) la dette totale des gouvernements, des ménages et des entreprises de l’OCDE est passée de 160 % du PIB en 1980 à 321 % en 2010.
    Cette dette a servi essentiellement à financer la consommation (salaires des fonctionnaires, dépenses de consommation pour les ménages), mais trop peu pour l’investissement et les infrastructures. La majorité des États en déficit consacrent une partie grandissante de leur emprunt à rembourser d’autres plus anciens. Ils garantissent des droits (retraite, santé), mais qui sont loin d’être financés.
    Par exemple, le chiffre officiel de la dette française,1818 mds € en 2012. Ce que le plus grand nombre ignore c’est que cette donnée officielle ne prend pas en compte bien d’autres postes de dépenses, l’objet d’une comptabilité cachée, hors bilan, organisée par les divers gouvernements successifs :
    Récapitulatif du cumul des comptes cachés de la dette publique française (données du Sénat) :
     8,7 milliards € (SAAD)
     27,8 milliards € (RFF)
     55 milliards € (conversion des 77 milliards $ de la SFEF)
     93 milliards € (CADES)
     91 milliards € (ACOSS)
     20 milliards € (hôpitaux)
     4 milliards € (allocations chômage)
     1,2 milliard € (dette du Cameroun)
     1 200 milliards € (retraites fonctionnaires)
    Total : 1 500,7 milliards d’euros supplémentaires à cumuler aux 1818 mds €
    Ce modèle Ponzi dont les engrenages se sont ovalisés et désaxés est exactement l’inverse de celui de KEYNES – 1941 – lequel proposait l’application d’un juste équilibre entre productions – redistribution – consommation – investissement.
    Résultat : les liquidités nécessaires à l’économie de terrain se sont raréfiées, notamment en direction du tissu des PME PMI qui représentent en Europe le battement de coeur de l’économie et le réservoir, le vivier d’emplois
    Selon les accords internationaux de Bâle III les banques sont soumises au doublement de leurs actifs en fonds propres. Puisque d’autre part, elles sont encore confrontées à diverses titrisations pourries (ex subprimes, ex DEXIA), qu’elles sont impliquées aussi dans les dettes obligataires de pays en difficulté (Grèce, Portugal…) elles sont sur le qui-vive. Un informaticien d’une très grande société expliquait en privé que les banques ont falsifié les paramètres de leur logiciel pour minimiser la nouvelle charge que représente le doublement d’actifs en fonds propres.
    Si l’on ajoute le risque qui peut à tout moment provenir des pays d’Europe centrale, qui en cas de leur faillite très probable, vont entraîner dans le gouffre les banques ouest-européennes, autrichiennes et suédoises, lesquelles devront compter avec les 600 mds € de leurs engagements en 2012. Ce qui équivaut potentiellement à une déferlante plus rude que celle des subprimes américaines.
    Ce manque de liquidité se fait donc sentir non seulement au niveau des PME, mais aussi au niveau des particuliers qui ont choisi de retirer leurs avoirs de leur compte. Ils ont dû faire face à beaucoup de réticence et de mauvaise foi de la part de certains employés de banque, ayant reçu certainement des instructions en ce sens.
    Un article récent de LIESI du 2 novembre avait pour titre : Quand est-ce que les Français bougeront ? Soyons clairs, ce n’est ni la fraternité, ni la solidarité envers les plus appauvris qui ne savent pas comment finir le moi qui les pousserai à réagir, mais simplement l’absence de billets au distributeur.
    Ce qui nous annonce le plus grand trouble, la grande angoisse, quand la crise montera en puissance dans ce pays. Cela, comparativement aux autres pays du Sud dont les populations ont appris à être vraiment solidaires entre elles et dans leur mouvement de revendication contre les gouvernements en place.

    • À l’avant dernier paragraphe du commentaire de crisemajeure, veuillez lire : Soyons clairs, ce n’est ni la fraternité, ni……qui ne savent pas comment finir le mois.. merci.

  25. Cela ne veut pas dire, que l’or ne peut pas marquer un plus bas en Dollar ==> un plus bas c’est à dire ? par rapport à quelle période ? ça serait combien le plus bas ?

  26. @marc153,
    J’ai lu un de vos commentaires mentionnant bloggy news. or, ce site semble avoir disparu. En savez vous plus à ce sujet ?

  27. J’imaginais que tous les épargnants Suisse retire leurs argents qui ne rapporte désormais plus rien entre 0 et 0,3%net, le système mondial s’écroulerais et nous épargnants ont ramasserais tous à vil prix. Le premier serrais dernier comme les Évangiles l’indique. J’y vais je mets au coffre!

  28. Jusqu’au bout du monde
    Realise par: Wim Wenders,
    Annee de production: 1991
    A l’aube du XXIe siecle, alors que la Terre est menacée par un satellite atomique dont on a perdu le contrôle, Claire Tourneur va parcourir le monde à la poursuite de Trevor McPhee dont elle est amoureuse. Pour Wim Wenders, “Jusqu’au bout du monde est un film d’amour aventureux futuriste sous forme d’enquête sur les routes du monde, ou inversement”.
    http://www.filmoviez.com/film-jusquau-bout-du-monde-streaming-2598.html

  29. Pour celles et ceux qui sont chrétiens pas besoin de craindre ce qui se passe Jésus contrôle tout ( lire la bible), pour les autres dépêchez-vous de régler votre vie devant Dieu par Jésus Christ notre Seigneur et de rejoindre une église chrétienne évangélique où de vous joindre par le net à celle ci-dessous. Bien à vous
    http://www.porte-ouverte.com/

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