Et si l’annonce de la fin de l’euro cachait un autre objectif ? – Partie 2

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Par PASCAL ROUSSEL – Quelles conclusions logiques peut-on tirer sur les objectifs des décideurs politiques ?
– La survie des grandes banques est une priorité.
– Le rôle d’institutions financières supranationales destinées à créer et réguler la quantité de monnaie n’a aucune raison d’être remis en cause.
Sur base de ces conclusions, quelle « solution » va finalement émerger à terme ?
On observe que les divers mécanismes de sauvetage proposés jusqu’à présent ont ceci en commun : ils font tous appel au marché pour se financer.
planche à billetOr c’est très précisément là que cela ne fonctionne pas. On le sait, l’argent est crée à partir de dettes et dans un environnement où les crédits nouveaux se ralentissent et où les prêts existants font de plus en plus défaut, il y a de moins en moins d’argent disponible. De ce fait, proportionnellement, le cash qui existe encore devient de plus en plus précieux et s’éloigne de plus en plus des zones à risques. C’est un peu imagé, mais la réalité est bien là, dans un environnement où l’avenir est incertain, l’argent facilement disponible diminue, les investisseurs fuient le risque et donc se détournent du financement de plans de sauvetage imaginés par des politiciens.
C’est pourquoi, pour de nombreux analystes, les seules entités capables de « sauver » les banques sont les banques centrales. Et ces mêmes analystes rappellent que c’est d’ailleurs leur rôle historique, les banques centrales sont au service de leurs actionnaires qui sont in fine, les banques commerciales.
fedbceC’est pour cela que l’on lit souvent que la BCE va inévitablement racheter de la dette en créant l’argent pour payer, autrement dit elle va monétiser.
Il est exact que certains décideurs, particulièrement en Allemagne, ne veulent pas que la BCE monétise, mais ils souhaitent encore moins voir l’effondrement d’une ou plusieurs grandes banques allemandes.
On peut raisonnablement imaginer que la BCE va simplement attendre que la situation soit encore plus désespérée pour que la peur de grandes faillites bancaires soit tellement forte que tout devienne acceptable pour éviter cela. Et c’est dans ce contexte que tous ces articles sur la fin imminente de l’euro prennent tout leur sens.
Quelles seront les conséquences d’une monétisation par la BCE ?
Officiellement les autorités nous diront que cette monétisation se fera à petite dose, sous contrôle strict et uniquement en vue de rassurer les marchés : ils peuvent continuer à prêter aux Etats puisque la BCE veille et rachètera ce que le marché ne veut plus. Mais il est utile de regarder précisément ce qui va alors arriver et pour cela il faut envisager deux scénarios :

Scénario 1 : la BCE monétise sur le marché secondaire (là où s’échangent des titres financiers déjà existants).

Cela veut donc dire qu’un énorme pool d’investisseurs (banques, fonds de pension, assurances, …) va se retrouver avec un gros montant de cash frais en trésorerie à la place de leurs dettes souveraines. Et que vont faire les détenteurs de ce cash frais avec ces montants ? Ici, plusieurs visions s’affrontent : certains pensent que les détenteurs vont investir dans l’économie (c.à.d. prêter aux particuliers pour consommer, aux entreprises, etc) et donc “relancer” la consommation et tout redeviendra comme avant. Nous serons sauvés.
Personnellement j’estime que ceux qui pensent cela commettent deux erreurs :
– Ils sous-estiment largement le montant d’actifs défaillants camouflés par les banques et par d’autres gros détenteurs. Ceux-ci savent qu’ils doivent provisionner pour encaisser ces dépréciations inévitables et seront ravis d’accumuler ce cash providentiel. C’est exactement ce que font les banques américaines (car la FED a déjà purgé une partie des bilans bancaires des grosses banques américaines).
– Ils ne comprennent pas la logique du monde financier : une banque prête si elle est convaincue qu’elle pourra titriser le prêt, le revendre avec profit à un fonds de pension, à des Chinois ou à d’autres. Alors, dans ce cas, certaines banques ne sont pas toujours trop regardantes en ce qui concerne la qualité de l’emprunteur. Mais le marché des ABS étant congelé, on peut oublier la titrisation. Donc la banque sait qu’elle devra garder le prêt dans ses livres et elle est nettement plus regardante  sur la qualité de l’emprunteur dans le contexte incertain. Même gavée de cash, elle ne prêtera pas “aveuglement” (offre faible). De plus les demandeurs de crédits pour des projets industriels, immobiliers ou autres (créateurs d’emplois), face à l’avenir incertain, préfèreront reporter leur demande en crédit (demande faible).
En attendant où dormira ce fameux cash dans un contexte de grandes incertitudes ?
– Dans les coffres électroniques de la BCE (sécurité maximale).
– Dans les valeurs refuges les plus sûres (or, argent, métaux précieux).
– Là où il y aura toujours une demande garantie des consommateurs : on pense principalement à la nourriture d’autant plus que toutes les lois interdisant de spéculer sur la nourriture ayant été abolies, la nourriture est considérée comme un instrument financier. On peut inévitablement s’attendre à une flambée des prix de la nourriture avec des conséquences dramatiques.
Farmers carry newly harvested wheat at a field in Attcak village, in Punjab
– Naturellement ce cash ira sur le marché des devises ultra spéculatif ce qui affaiblira l’euro avec un impact difficile à prédire sur le marché des swaps.
– Finalement une partie ira aussi en bourse qui devrait donc remonter provisoirement et fictivement.
Comment vont réagir les autres détenteurs de dettes souveraines qui n’ont pas pu profiter de la première vague d’action promotionnelle de rachat par la BCE ?
Dans un premier temps ce sera l’euphorie car l’idée est très répandue que cette action devrait relancer l’économie. Les taux baisseront, ce qui contribuera à renforcer cette euphorie, et les économistes nous diront qu’ils avaient eu raison. Puis comme l’économie ne repartira pas, la nourriture devenant plus chère, le marché des devises turbulents, … etc, les détenteurs de dettes souveraines se diront que la BCE va « remettre le couvert » car la première action n’aura pas été suffisante, une 2ème semblera bien vite nécessaire. Les taux repartiront à la hausse et tout le monde sera en attente de cette 2ème vague. Soit la BCE recommencera et on sera alors dans un cycle infernal qui se terminera très mal. Soit la BCE ne fera rien et la déception sera immense, et là aussi cela se terminera très mal.
Retenons surtout une conséquence douloureuse : la nourriture qui devient plus chère.

Il existe un deuxième scénario, la BCE monétise sur le marché primaire (à l’émission).

Considérons donc le cas d’un Etat qui se tourne vers la BCE pour qu’elle lui crée de l’argent en échange de sa dette souveraine. La question devient très politique puisque dans ce cas, cet Etat émetteur va recevoir le cash et lui ne va pas accumuler. Ce cash va filer dans l’économie mais et c’est mon point de vue, pas là où il sera le plus productif, car l’Etat est incapable de savoir avec certitude où se trouve la véritable demande économique. Mais imaginons que j’ai tort et même si l’Etat est très habile dans ses dépenses, le risque est énorme que le marché interprète cette monétisation pour financer cet Etat comme une manière de résoudre un problème d’insolvabilité. Très clairement, in fine, la valeur d’échange de l’euro sera diluée, autrement dit on observera une inflation des prix. Bien entendu une autre conséquence sera que cet Etat sera beaucoup moins poussé à limiter son endettement. Certains Etats abuseront plus que d’autres. Donc il faudra encadrer l’usage de la monétisation sur le marché primaire au niveau européen mais certains Etats interpréteront les règles d’une manière ou d’une autre tandis que d’autres Etats seront en violation “provisoire”. ..etc.
C’est d’ailleurs pour éviter toute cette complexité et dangerosité que c’est actuellement interdit par les traités.
Devant le risque d’émissions de plus en plus nombreuses, liées à la facilité avec laquelle les Etats pourront accéder à du cash frais venant de la BCE, les détenteurs de dettes souveraines seront tentés de vendre. Cela amorcera une spirale vicieuse : les détenteurs vendent ou refusent de rouler la dette, les Etats doivent donc se tourner encore plus vers la BCE, ce qui poussent les détenteurs à vendre encore plus, …etc.
Dans cette hypothèse, on se dirigerait vers une hyperinflation à la Weimar/Zimbabwe avec une fuite encore plus marquée des investisseurs vers des valeurs refuges (métaux précieux et nourriture). Si les traités devaient un jour autoriser ce scénario, ce sera alors la fin de l’euro.
Ainsi la monétisation permettra aux banques de se délester d’actifs incertains (les dettes souveraines) et de se repositionner dans des actifs de refuge (par exemple la nourriture). Elles pourront ainsi se préparer tranquillement à l’étape suivante, à savoir la conversion des monnaies moribondes (euros, dollars, yen , livre, …etc.) en une monnaie mondiale via le processus de recyclage offert par les DTS du FMI.
Existe-t-il des preuves ou des études universitaires sur le danger de la monétisation ?
Bien entendu, des économistes réputés estiment qu’une monétisation légère sera très bénéfique et sans danger. Ils citent souvent l’exemple de la banque centrale japonaise. Pour tordre le cou à ce canard, rappelons que cette dernière monétise relativement peu et uniquement sur le marché secondaire. Par contre le Royaume-Unis est un exemple plus intéressant : des chiffres officiels d’inflation des prix  de 5% montrent les premiers effets de la monétisation de la banque centrale anglaise. Quant à la Fed qui monétise l’actuelle monnaie de réserve mondiale (le USD) cela se traduit par un soutien artificiel des prix (sur la bourse américaine et sur le marché des matières premières)
Comme expliqué ci-dessus, il est illusoire de croire que la monétisation une fois commencée peut s’arrêter.
Ces mêmes économistes avancent à juste titre, qu’il n’existe aucune preuve universitaire chiffrée pour soutenir les thèses des monétaristes. Et c’est exact. La théorie quantitative de la monnaie et ses variantes sont bien trop rudimentaires pour tenter d’être, même vaguement, appliquées dans le monde financier actuel dont la complexité empêche toute modélisation crédible.
Historiquement, les exemples abondent sur les conséquences de la dilution monétaire (cf. la chute de l’empire romain rongé par l’hyperinflation, les assignats français, …etc). Mais il y a plusieurs différences fondamentales qui rendent la situation unique :
– Le monde financier est interconnecté comme jamais dans l’histoire.
– L’impact d’une monétisation sur le marché colossal des produits dérivés et plus généralement de ce que l’on qualifie de « shadow banking » est impossible à prédire car infiniment trop complexe.
Il n’y a donc aucun moyen de prouver, dans l’univers financier actuel, que l’empilage de nouvelles dettes sur d’anciennes mauvaises dettes n’a aucune chance de résoudre quoique ce soit. Mais ne faut-il pas tout simplement un peu de bon sens pour le comprendre ?
divinainsidia
Pascal Roussel, analyste au sein du Département des Risques Financiers de la Banque Européenne d’Investissement (BEI). Auteur spécialisé dans les questions relatives aux risques liés aux changes et aux monnaies, Pascal Roussel a posé au cours de sa carrière un regard aigu sur l’économie. Il est, en outre, rédacteur indépendant pour les Editions Romaines.

47 Commentaires

    • En attendant, 53 pour cent de mes concitoyens ont voté pour un président qui fait la guerre et qui maintient le pouvoir de nos banques.

      • @ PhiliP
        Petite précision: 53 % des votants, pas 53 % des personnes en âge de voter, ça fait un certain distingo même si, à l’arrivée, c’es toujours un des deux gugusses du système qui est élu.

      • En réalité, 39% des inscrits
        Tous les autres n’ont pas voulu de lui et l’ont manifesté soit en votes blancs, abstentions ou contre lui.
        Comment appelleriez vous un gouvernement soutenu par une minorité et imposant ses lois à la majorité de la population?
        Un président qui est parti en guerre sans l’aval du parlement, pourtant obligatoire, est une première sous cette république !

    • Si la Chine avait des intérêts stratégiques à défendre au Mali, elle se serait opposée à la résolution 2071 de l’ONU (en particulier son paragraphe 9).
      Il y a un truc important que dit Bassam: la conquête de la Syrie par les islamistes ouvre la porte de l’Asie centrale (Russie). On remarquera dans les médias occidentaux une diabolisation de la Russie (le PC chinois ne fait l’objet d’aucune critique), ce qui revient à la désigner comme l’adversaire des oligarques de l’ouest. La troisième guerre mondiale sera une guerre pour les ressources de l’Asie, par conséquent les ricains et qataris vont jouer la carte islamiste à fond pour essayer de démembrer la Russie, et asseoir leur influence sur les ex républiques soviétiques d’Asie centrale.

  1. Les Banques centrales
    Chacune d’elles est une institution chargée par l’État ou un ensemble d’États (zone euro par exemple) de décider d’appliquer la politique monétaire voulue. Ces principaux trois rôles sont :
    1) D’assurer l’émission de la monnaie fiduciaire (garantie par l’État ou l’Union d’États) et d’en fixer les taux d’intérêt.
    2) De superviser le fonctionnement des marchés financiers, en veillant au strict respect des réglementations du risque dit de ratio de solvabilité. Ou rapport existant entre les fonds propres des institutions financières et les emprunts distribués par ces mêmes institutions, banques de dépôts en particulier.
    3) D’assurer en cas de crise systémique ou de paralysie économique le rôle de banquier garant de l’ensemble du système financier.
    Depuis 2011, le système financier occidental n’a plus fonctionné que sur le générateur auxiliaire que sont les banques centrales, puisque la source principale d’énergie provenant de l’économie réelle s’est quasiment tarie en 2008.
    L’organisation des banques centrales peut varier d’un pays à un autre, car elles peuvent partager leurs pouvoirs avec d’autres institutions. Généralement, elles sont indépendantes du pouvoir exécutif, c’est le cas de la Banque centrale européenne (BCE).
    Les vertus du modèle keynésien considéré dans sa plénitude originelle.
    Le cycle macroéconomique prévu par KEYNES n’a pas été appliqué dans son intégralité de 1944 à 1971. Depuis les années 1980, les diverses conséquences de la rupture du cercle partiel de ce type macroéconomique n’ont cessé de s’accumuler et de s’amplifier. Cela, jusqu’à un point de non- retour depuis l’entrée en crise majeure de 2008. Non seulement le cercle vertueux keynésien n’a jamais été pleinement appliqué ni utilisé, mais de surcroît il a été totalement rompu.
    Voir en quoi consiste les travaux du plan complet et fondamental de KEYNES – diapo PowerPoint – philippehervieu.perso.sfr.fr/specialite/dockeynes/4-keynes-diapo.ppt
    Depuis 2008, chacune du grand nombre des mesures de toutes sortes prises par les États et les institutions supranationales pour faire face aux conséquences de la crise majeure et espérer une reprise de l’économie ne peuvent pas se substituer à la rupture effective du cercle (partiel) vertueux de l’économie keynésienne considérée dans sa plénitude originelle.
    Puisque toutes les nations sont interconnectées dans les contraintes de la mondialisation, qu’elles se retrouvent désormais enlisées dans les sables mouvants de la crise majeure, le monde modèle keynésien fait un retour en force
    http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/politique-eco-conjoncture/politique-economique/221154809/theorie-keynesienne-est-el
    Puisqu’ils sont confrontés à l’impossibilité de rassembler les moyens efficaces et durables de retrouver l’essor socioéconomique perdu dans les années 1980, les chefs de gouvernement seront prochainement soumis à accepter… un évènement fondamental, au sujet duquel il est grandement profitable de savoir à l’avance ce que cela augure pour l’humanité.
    Voir l’article LIESI du 13 janvier dernier ” L’arrosage bancaire a-t-il ses limites… le QE illimité n’existe pas dans l’agenda du cartel mondialiste”. Effectivement, pour qui ne se contente pas de bribes de connaissance, mais pour qui cherche les moyens d’étudier ce sujet central en profondeur, ainsi de pouvoir le comprendre pleinement, le calendrier de la véritable gouvernance mondiale n’est pas illimité.

    • Pour compléter le commentaire, en occident, depuis 2010, les diverses mesures prises par les banques centrales n’ont eu pour seul avantage que de perfuser le milieu financier, représenté par le milieu bancaire.
      Ce milieu est donc irrigué de façon artificielle, il utilise opportunément ce flux de masse monétaire issu des banques centrales (liquidités crées à partir de rien) pour prioritairement consolider son embasement (augmentation d’actifs – recapitalisation). Cela d’autant plus :
      1- qu’il a été échaudé par le prix fort à payer suite aux titrisations pourries (exemple des subprimes, produits dérivés…) http://libertariens.chez-alice.fr/systemefi.htm
      2- qu’il est tributaire du faible rendement du portefeuille d’obligations de pays européens en difficulté croissante (endettement et chômage excessifs) sans aucune perspective de reprise de croissance.
      3 – qu’il sera tôt ou tard confronté à l’application des accords internationaux de Bâle III (augmentation du niveau de solvabilité des banques),lesquels applicables en janvier 2013, ont été repoussés à une date ultérieure, sous la pression insistante des banques.
      Compte tenu de ces priorités absolues, dans un contexte persistant et appauvrissant de crise majeure il est aisé de conclure que le milieu financier ne jouera plus normalement son rôle de soutien à l’économie réelle (surtout la rétention de prêts à l’investissement).
      Pour le cartel mondialiste, ce type de réaction d’autodéfense était clairement prévisible. Ceci fait parfaitement le jeu stratégique du cartel pour agir et contraindre finalement les structures politiques à se soumettre à… dans le but ultime d’aboutir à…

  2. Haut-le-coeur!
    Citernes en eaux troubles
    C est interdit,mais la Répression des fraudes l’a constaté lors d’une enquête:des citernes normalement dédiées au seul transport d’aliments (jus de fruit,lait etc..) ont pu être utilisées pour acheminer des huiles de friture usagées,des matières plastiques,ou pire… des ENGRAIS.
    60 MILLIONS DE CONSOMMATEURS/N°478/JANVIER 2013/PAGE 7

  3. Voilà des exemples d’analyses (pertinentes ?) du Leap :
    dans le dernier n° :
    – “Récession mondiale
    La crise mondiale, et pas seulement celle de la zone euro, fera la une des journaux cette année. Avec la menace d’effondrement du Royaume-Uni et des États-Unis, la récession sera au rendez-vous en 2013 sur l’ensemble de la planète. Bien sûr elle sera plus marquée aux États-Unis et au Royaume-Uni ; limitée en Euroland ; et en Chine ce sera une croissance faible ayant néanmoins les caractéristiques d’une récession.”
    “Les dettes européennes
    Si les dettes publiques européennes avaient réussi à faire la une en 2011 et 2012 malgré des problèmes mondiaux autrement importants, cela va se terminer en 2013. L’endettement de l’Euroland commence en effet à être maîtrisé et les vrais problèmes se voient de plus en plus ailleurs : ce sont eux qui feront la une cette année. Si les médias internationaux n’ont plus que Chypre à se mettre sous la dent, c’est que l’Euroland est bien sortie d’affaire… ou que son effondrement n’est plus une solution pour personne d’ailleurs.”
    Sortie d’Affaire !!!! Ils ont osé !!! Couillus les analystes lecteurs (ou colporteurs) des journaux de l’establishment (eh oui ils n’ont pas d’autres sources)
    Et quelques numéros plus tôt (le 15/09) ils écrivaient :
    “1. Euroland : à partir du Printemps 2013 dans les 17 pays, des émeutes nombreuses mais limitées en impact
    Le 2° semestre 2012 voit la mise en place des fondamentaux de la seconde renaissance européenne. Dans un contexte mondial très mauvais, l’Euroland va enfin commencer à recueillir les fruits des efforts institutionnels et des changements politiques de ces derniers trimestres (voir les anticipations sur ce sujet dans ce Geab N°67). Des émeutes, comme à Amiens en France en août, à Madrid en juillet, à Athènes en août, ciblées géographiquement et limitées dans le temps surviendront.”
    A force de retourner leur veste et/ou de dire presque tout et son contraire ils vont y arriver à 100% de prévisions justes, en espérant qu’il n’y en ait pas un qui relise leurs analyses…

    • Les gens qui sont autour d’eux font juste de l’oeil à la maçonnerie ( soit pour en être, soit pour montrer qu’ils en sont), c’est comme ça dans le métier, mais rare sont les artistes qui comprennent ce simple style de coiffure.

  4. Vendredi 18 janvier 2013 :
    Jean-Claude Juncker a déclaré : Chypre est « un problème plus grave que la Grèce ».
    Lisez cet article :
    C’est Jean-Claude Juncker, le président de l’Eurogroupe, qui a mangé le morceau, peu avant Noël : ni les marchés ni la presse n’ont l’air de réaliser qu’un pays de la zone euro pose aujourd’hui «un problème plus grave que la Grèce», lâchait le Premier ministre luxembourgeois face à quelques journalistes. Ce problème, à son avis «sous-estimé», c’est Chypre, minuscule république comptant pour moins de 0,2% du PIB des Dix-Sept…
    Victime collatérale de la faillite de la Grèce, la petite île méditerranéenne appelle à l’aide depuis juin. Une affaire d’abord jugée bien anecdotique : qu’est-ce qu’une quinzaine de milliards d’euros face aux 400 milliards mobilisés pour le sauvetage grec ? «Chypre, ça n’a l’air de rien, et pourtant, c’est très compliqué», acquiesce à Berlin une source gouvernementale. D’ailleurs, sept mois après son appel au secours, aucun accord n’a pu être signé, jusqu’ici, entre le pays et la troïka des créanciers associant l’Europe, la BCE et le Fonds monétaire international.
    Mafia russe.
    Le «cas Nicosie» est épineux à deux titres. Sur le plan économique, le sauvetage des banques chypriotes – évalué à environ 9 milliards d’euros, selon l’audit encore confidentiel qui sera soumis lundi à l’Eurogroupe – est déjà voué à entrer dans les annales. Rapporté à la taille du pays, ce serait le deuxième plus gros du monde (50% du PIB), après le renflouement du secteur bancaire indonésien en 1997. Et en ajoutant l’aide de 7,5 milliards dont l’Etat a besoin pour boucler son budget et honorer le service de sa dette jusqu’en 2015, la facture pourrait dépasser… 92% de son PIB !
    Sur le plan politique, ensuite, le dossier chypriote constitue un cocktail explosif : calendrier électoral néfaste, mafia russe, évasion fiscale et blanchiment d’argent. A son entrée dans l’Union européenne (UE) en 2004, Chypre a beau avoir fait moult efforts de ravalement de façade, son image de paradis offshore est redevenue terriblement gênante. Surtout en Allemagne où, fin 2012, a «fuité» un rapport des services secrets fédéraux évaluant à 20 milliards d’euros les capitaux russes mis au chaud sur des comptes chypriotes.
    En campagne contre Angela Merkel, qui brigue un troisième mandat cet automne, la gauche et les Verts ont été les premiers à refuser que les contribuables allemands renflouent des banquiers présumés voyous. La CDU a dû emboîter le pas : «Nous exigeons la garantie que l’aide ira aux citoyens chypriotes et pas aux oligarques russes», réclamait ces jours-ci l’eurodéputé Markus Ferber.
    Pour d’autres pays, comme la France, l’Italie ou la Slovaquie, le problème est surtout le dumping fiscal. Durant les négociations d’adhésion, l’une des priorités de Bruxelles fut que Chypre abolisse son alléchant système offshore offrant un accueil discret aux capitaux étrangers, taxés à seulement 4,25%. Désormais, toutes les sociétés basées dans l’île sont soumises au même taux d’imposition de 10%. L’attrait de Chypre n’en a pas souffert, sa fiscalité restant la plus basse de la zone euro : sur ce territoire grand comme la Corrèze, sont aujourd’hui enregistrées 270 000 compagnies – deux fois plus qu’en 2005 -, dont bon nombre de holdings de multinationales. En visite à Nicosie cette semaine, le sénateur français Philippe Marini ne s’est pas privé de dire au ministre des Finances ce qu’il pensait d’un «impôt sur les sociétés à 10% dans un pays qui demande un renflouement de 17 milliards d’euros». La France, espère-t-il, saura conditionner son aide à la fin de ce dumping fiscal. Un chantage identique à celui que les Européens avaient tenté – en vain – envers Dublin (qui a sauvé son taux à 12,5%), quand ils avaient volé fin 2010 au secours des banques irlandaises.
    Nul doute que Chypre ne se laissera pas faire, vu l’importance économique de son activité de business center international. Quant aux accusations de lessiveuse d’argent sale, l’île a lancé la contre-offensive. Tous les ambassadeurs européens à Nicosie étaient conviés le 10 janvier au ministère des Finances à un exposé montrant que Chypre se conforme mieux que l’Allemagne, le Luxembourg ou l’Italie aux règles internationales antiblanchiment. La petite république bataille enfin pour ne pas payer trop cher ce plan de sauvetage, qui ferait grimper sa dette au niveau insoutenable de 140% du PIB.
    Potion amère.
    Si les banques chypriotes sont aux abois, c’est que la décote de la dette grecque leur a coûté plus de 4 milliards d’euros, plaide aussi Nicosie. Des circonstances atténuantes dont l’Allemagne ne veut pas entendre parler. Que Chypre ne compte pas sur «des conditions particulières», a prévenu Angela Merkel. Ne resterait que la potion amère déjà préparée par la troïka, avec sa panoplie de privatisations et de coupes salariales. L’actuel président communiste, Demetris Christofias, s’y refuse mordicus. A Bruxelles, on ne compte donc plus résoudre le «cas Nicosie» avant mars : jouant la montre, la zone euro va laisser passer l’élection présidentielle des 17 et 24 février à Chypre. Et reprendre la négociation avec la droite, donnée gagnante par tous les sondages.
    http://www.liberation.fr/economie/2013/01/18/chypre-le-moucheron-qui-agace-l-europe_875130

  5. “l’Etat est incapable de savoir avec certitude où se trouve la véritable demande économique”.
    Ce principe, que je ne remets pas en doute, quand il est posé, entraine la conclusion que le Marché, lui est plus capable et surtout, que le Marché va le faire dans l’intérêt de tout le monde. On en revient encore à l’utopie d’un Marché libre et non faussé.
    Oui, les grands acteurs financiers sont souvent très capables de savoir où il est le plus intéressant d’investir… pour eux. Contre les autres.
    Un exemple : Mittal n’a pas investi en Europe pour se renforcer en capacité de production mais pour détruire els capacités de production européennes.

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