TOUT FAIRE POUR RECULER LE MOMENT FATIDIQUE

96

L’année dernière, le déficit commercial des États-Unis a atteint un sommet de 621 milliards de dollars en dix ans. Malgré les mesures de droits de douane prises par D. Trump, le déficit a augmenté de 12,5% l’année dernière avec une expansion de 6,3% des exportations américaines, mais de 7,5% d’augmentation des importations. Alors que les chiffres commerciaux se sont récemment améliorés pour atteindre leur plus bas niveau en huit mois, le PIB du premier trimestre de l’économie américaine, à 3,2%, a dépassé les attentes. Des économistes ont cependant critiqué son calcul, estimant qu’il devrait être plutôt de l’ordre de 1,6%.
En réalité, une partie de la croissance est dopée par l’augmentation des marchés financiers depuis le début de l’année, qui a compensé une chute inquiétante des dépenses des ménages. Cette chute serait la conséquence de la guerre tarifaire de l’administration Trump.
En tout cas, l’endettement des entreprises a atteint des sommets sans précédent, dépassant les niveaux d’avant la crise. Confrontées à des taux d’intérêt chroniquement bas, les obligations à haut rendement ont également atteint la même taille que la dette hypothécaire à risque, ce qui avait exacerbé la crise financière de 2007. Les faibles rendements obligataires ont déjà sérieusement endommagé les systèmes de retraite mondiaux, modifiant le profil de risque des actifs. Dans de très nombreux pays occidentaux, les retraites constituent une bombe  retardement.
Pour le moment, démocrates et républicains semblent avoir renoncé à réduire les déficits. Plus, les démocrates réfléchissent à la manière d’imprimer toujours davantage pour financer de nouveaux programmes de dépenses tels que le Green New Deal ou l’assurance-maladie pour tous. Nous le verrons dans la lettre LIESI.
La conviction des démocrates est enracinée dans un phénomène vieux d’un demi-siècle selon lequel les gouvernements peuvent toujours emprunter dans leur propre monnaie.
Les républicains et Donald Trump ont eux aussi plaidé pour une politique monétaire plus facile, qui appelle des déficits supplémentaires. Si l’inflation est toujours contenue, l’inflation des actifs boursiers se poursuit à un rythme effréné.