L’EUROPE EST CONFRONTÉE A LA TURQUIE ET AU CORONAVIRUS

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La Turquie a déployé un milliers de forces policières le long de sa frontière avec la Grèce pour empêcher la police grecque de refouler les migrants venant de Turquie. Le ministre turc de l’Intérieur, Suleyman Soylu, s’est adressé à des journalistes dans la province de la frontière nord-ouest de la Turquie, pour avertir que son pays empêcherait le refoulement des migrants voulant pénétrer en Grèce. La Turquie refuse désormais l’accord signé en 2016 avec l’Union européenne qui visait à bloquer le processus migratoire à partir de la Turquie vers l’Europe en échange de plusieurs milliards que les Européens n’ont pas réglé.
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Décidé à briser les Eurocrates de Bruxelles, les autorités grecques utilisent la force contre les migrants qui tentent de s’infiltrer sur son territoire et les repousse désormais vers l’Europe. D’un côté, Ankara a accusé les autorités grecques d’avoir tué par balle et blessé des migrants près de la frontière. De l’autre, Athènes a rejeté les accusations, affirmant que la police turque « aidait les migrants à franchir illégalement la frontière ».
Pour sa part, “L’UE réitère sa grave préoccupation face à la situation à la frontière gréco-turque et rejette fermement le recours par la Turquie à la pression de l’immigration pour des aspirations politiques”, ont déclaré les ministres dans un communiqué publié après leur réunion à Zagreb. En outre, le chef de la politique étrangère de l’UE, Josep Borrell, a déclaré hier à Zagreb que l’Union européenne accueillera une conférence des donateurs pour la Syrie les 29 et 30 juin à Bruxelles afin de collecter des fonds pour les victimes de la guerre de neuf ans et dans le monde entier.
Mercredi dernier, le président turc a rencontré des responsables de l’UE pour discuter de l’évolution de la situation en Syrie et des inondations de migrants aux frontières européennes. Le porte-parole d’Erdogan a déclaré plus tard qu’aucune proposition concrète n’avait été faite à ce sujet.
Ces événements surviennent dans un contexte où les banques européennes connaissent de très grandes difficultés. Les cours de leurs actions s’effondrent et la panique gagne les salles de marché.
“Les marchés savent gérer les mauvaises nouvelles car ils peuvent les quantifier”, remarque Quincy Krosby de Prudential. “Gérer l’incertitude est beaucoup plus compliqué”, ajoute-t-elle. Or avec l’épidémie du nouveau coronavirus, l’incertitude concerne à la fois l’ampleur de sa propagation dans le monde et ses conséquences sur l’économie et les entreprises, remarque la spécialiste. “Les entreprises ne sont pour l’instant pas trop entrées dans les détails si ce n’est de dire que l’épidémie avait perturbé leur chaînes d’approvisionnement et allait affecter leur activité”, souligne-t-elle.
Si l’épidémie s’étend encore beaucoup “la question sera de savoir si elles commencent à licencier du personnel”, et ensuite “quel en sera l’impact sur les dépenses de consommation, sachant que ces dernières représentent aux Etats-Unis 68% du PIB”, ajoute Mme Krosby.
En attendant, le dollar américain a chuté de plus de 4% par rapport aux sommets de février en un peu moins de trois semaines.