Jusqu’où ira la concertation entre politique et banquiers centraux ?

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Que faire dans le contexte d’une crise qui va dépasser toutes les précédentes en terme de chaos social ? Certains gouvernements – comme c’est le cas des Etats-Unis – ont déjà décidé de distribuer de l’argent supplémentaire en espérant que cela va stimuler la demande. Des économistes estiment qu’il est nécessaire de stimuler la demande en cas de crise.
En réponse à la crise du coronavirus, le président américain Donald Trump vient d’envoyer un chèque de 1 200 dollars à tous les citoyens avec sa signature.
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Dans ce cas, l’argent ne provient pas directement de la banque centrale, la Réserve fédérale (Fed), mais du gouvernement. Dans la mesure où l’endettement de l’Etat est financé par la banque centrale américaine qui achète les dettes du pays, via les grandes banques de Wall Street qu’elle maintient sous perfusion certains ont raison de dire que la banque centrale finance indirectement les chèques adressés aux citoyens.
Ce n’est pas une idée nouvelle. On se souvient de l’ancien ministre grec des Finances Yanis Varoufakis, qui avait écrit sur Twitter : “Donner 2000 euros à chaque citoyen de la zone euro coûterait 750 milliards d’euros. Cela stimulerait la demande bien plus efficacement que les injections de liquidités opérées par la Banque centrale européenne pour les banques et les entreprises zombies”.
En tout cas, la somme de 1200 dollars est en soi insignifiante (une goutte d’eau) par rapport à l’ampleur du désastre social, notamment pour ceux qui ont perdu leur emploi. Cette somme n’était sans doute pas nécessaire pour ceux qui ont toujours leur travail. D’aucuns font valoir que la priorité est avant tout la santé des entreprises. Il est en effet évident qu’il faut avant tout permettre aux citoyens et aux entreprises de survivre économiquement.
L’inconvénient des prêts consentis aux entreprises, comme cela se fait en Europe, permet certes de compenser les pertes de revenus, mais le surendettement ne va probablement pas solutionner le problème dans le temps. N’est-on pas en train de décaler simplement une vague de faillites ?
Va t-on assister en Europe à des opérations de financement des gouvernements par la BCE elle même ? Cela se traduirait par le fait que la BCE créditerait le gouvernement du montant approprié sur leur compte à la banque centrale.
Comment va se manifester la relation entre les banques centrales et les Etats dont les économies sont en situation très délicate ? Comment la coopération entre banques centrales et Etats va t-elle se manifester pour faire face à la situation d’urgence actuelle ? Ces questions traduisent une évidence : l’incapacité du politique devant les banquiers centraux. Si une solution n’est pas adoptée, on risque de voir des gouvernements affronter des situations financières et budgétaires très délicates avec le risque d’un emballement sur les taux d’intérêt et les dettes souveraines.

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