DIEU UN ET TRINE

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Dieu, distinct en trois Personnes, le Père, et le Fils, et le Saint-Esprit, dans une seule et même divinité. En d’autres termes, Dieu c’est la Trinité; Il ne peut être autre chose.
Les hommes connaissent Dieu le Père, Créateur et tout-puissant; ils n’ignorent pas Notre-Seigneur Jésus-Christ, sauveur, rédempteur, crucifié pour le salut de l’humanité. Mais quel souvenir donne-t-on à la troisième Personne de la sainte Trinité? Son action pour être moins apparente que celle des deux premières Personnes, n’en est pas moins réelle et moins efficace. L’élémentaire devoir de justice exige de mieux faire connaître le Saint-Esprit, en montrant sa divine action sur le monde. Pour ce faire, nous remonterons à l’origine des temps.
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Dieu ne s’est pas produit de lui-même. Mais en son sein son Verbe s’est produit par voie d’intelligence comme l’image vivante et substantielle de son être divin.
Le premier des attributs du Divin Amour est le Mystère de la sainte Trinité; mystère qui renferme d’autres mystères.
Saint Athanase d’Alexandrie (mort en 373), docteur de l’Eglise, déclare dans le magnifique Symbole qui porte son nom: “La Foi catholique consiste à adorer un seul Dieu, dans la Trinité des Personnes et l’unité de nature.” Pour lui, comme pour saint Thomas d’Aquin (mort en 1274), le Verbe ETRE ne s’applique parfaitement qu’à Dieu, un dans l’essence et triple dans les Personnes (Père, Fils et Saint-Esprit), indivisible en lui-même.
Il y a dans la divine Essence du Père et du Fils une fournaise d’amour qui produit, éternellement et nécessairement le Saint-Esprit, troisième Personne, effet nécessaire de l’amour réciproque du Père et du Fils. En ce sens “le Saint-Esprit est l’amour consubstantiel du Père et du Fils. Il est donc dans toutes les œuvres. C’est par lui que les deux autres Personnes de l’Auguste Trinité se mettent, pour ainsi parler, en contact avec le monde. De là ce mot de saint Thomas: “Procédant comme amour, le Saint-Esprit est le premier don de Dieu”.” (Traité du Saint-Esprit, 1865, Gaume Frères et J. Duprey, Editeurs, Mgr Gaume, Tome 1, p. 1)
Il est le terme vivant de ce mutuel amour. Comme pour chacune des deux premières Personnes, son existence est propre et personnelle. Et le Saint-Esprit a présidé à toutes les œuvres de Dieu. C’est par lui que le Père a créé le monde; c’est par lui que le Fils l’a sauvé. Le Saint-Esprit est l’amour du Père; il est l’amour du Fils; il est l’amour substantiel de lui-même. Il est dans le Père et il est dans le Fils, de sorte qu’on ne peut honorer le Saint-Esprit sans honorer les deux autres Personnes. Il n’y a qu’un seul et même Dieu en trois Personnes distinctes; mais il n’y a aucune opposition, aucune rivalité.
Quand le Verbe s’est incarné, il n’a pas cessé d’être uni au Père et au Saint-Esprit; de même qu’il ne cesse pas de leur être uni quand il est réellement et substantiellement présent au sacrement de l’Eucharistie.
“Il en résulte que, sans la connaissance sérieuse du Saint-Esprit, par conséquent de la grâce et de ses opérations, le principe de vie divine, déposé en nous par le baptême, se trouve arrêté ou contrarié dans son développement. Quel peut-être la vie divine dans celui qui n’en connaît pas même le principe?” (Mgr Gaume, tome 1, pp. 9 et 11)
Parcourons maintenant l’admirable Préface de la Très Sainte Trinité:
“Seigneur Saint, Père Eternel et Tout-Puissant, qui êtes, avec Votre Fils unique et l’Esprit-Saint, un seul Dieu, un seul Seigneur, non dans la solitude d’une unique personne, mais dans la Trinité d’une unique substance. Car ce que Vous avez révélé de Votre gloire, nous le croyons aussi, sans aucune différence, de Votre Fils et du Saint-Esprit: en sorte que, confessant la véritable et éternelle Divinité, nous adorons la propriété dans les personnes, l’unité dans l’essence et l’égalité dans la majesté.”

EXTRAIT DU TRAITE DU SAINT-ESPRIT – Mgr Gaume