Existence de la Très Sainte Trinité

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“L’être absolu possède nécessairement tout ce qui constitue l’être, et il le possède dans toute sa perfection. Trois choses constituent l’être: la mesure, le nombre, le poids. (Sap. XI, 21) Dans les êtres matériels, la mesure, c’est le fond ou la substance; le nombre, c’est la figure qui modifie la substance; le poids, c’est le lien qui unit la substance à la figure, et entre elles toutes les parties de l’être.”
“La mesure, le nombre et le poids ne sont dans les créatures, que parce que Dieu les y a mis. Dieu ne les y a mis, que parce qu’il les possède, c’est-à-dire parce qu’il est lui-même mesure, nombre et poids.” (S. Aug., lib. de natur. boni, c. III.)
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Dans toutes les créatures, dit saint Augustin, apparaît le vestige de la Trinité. Chaque ouvrage du divin artisan présente trois choses: l’unité, la beauté, l’ordre. Tout être est un, comme la nature des corps et l’essence des âmes. Dès lors, puisqu’il est impossible de ne pas entrevoir le Créateur dans le miroir des créatures, nous sommes conduits à connaître la Trinité, dont chaque créature présente un vestige plus ou moins éclatant. En effet, dans cette sublime Trinité est l’origine de tous les êtres, la parfaite beauté, le suprême amour.” (Lib. VI, De Trinit., c. X, ad fin; lib. VI, n.12 T. VIII, p. 1300, édit. Paris)
Saint Thomas d’Aquin, expliquant la doctrine des Pères, s’exprime ainsi: “Dans chaque créature se trouvent des choses qui se rapportent nécessairement aux personnes divines, comme à leur cause. En effet, chaque créature a son être propre, sa forme, son ordre ou son poids. Or, en tant que substance créée, elle représente la cause et le principe, et démontre la personne du Père, qui est le principe sans principe. En tant qu’elle a une forme, elle présente le Verbe, comme forme de l’ouvrage conçue par l’ouvrier. En tant qu’elle a l’ordre ou le poids, elle représente le Saint-Esprit, comme amour, unissant les êtres entre eux et procédant de la volonté créatrice. A cela se rapportent la mesure, le nombre et le poids: la mesure à la substance de l’être; le nombre à la forme; le poids à l’ordre.” (I p., q. XLV, art.7, cor.)
Les processions des personnes divines se considèrent suivant les actes de l’intellect et de la volonté. En effet, le Fils procède comme la parole de l’intellect; le Saint-Esprit, comme l’amour de la volonté. Il en résulte que dans les créatures raisonnables, douées d’intellect et de volonté, se trouve la représentation de la Trinité par forme d’image, puisqu’on trouve en elles le Verbe conçu et l’amour procédant.
Il en résulte encore que le dogme de la Trinité a autant de miroirs qu’il y a d’anges dans le ciel, de démons dans l’enfer, et d’hommes venus ou à venir sur la terre, depuis le commencement du monde jusqu’à la fin.
En résumé, ce qui, dans les créatures inanimées, est mesure, nombre et poids, s’appelle dans les créatures raisonnables puissance, sagesse, amour; et en Dieu, Père ou puissance, Fils ou sagesse, Saint-Esprit ou amour mutuel du Père et du Fils. Ces trois choses: puissance, sagesse, amour, sont tellement essentielles en Dieu, qu’une de moins, Dieu n’est pas et ne peut pas même se concevoir. Pour montrer que l’auguste mystère n’a rien de contraire à la raison, Dieu a imprimé son image dans toutes les créatures; d’autre part, il a donné aux hommes, et spécialement aux nations chrétiennes, le moyen d’atteindre leur perfection, en prenant pour modèle la Puissance infinie, la Sagesse infinie, l’Amour infini.
En effet, si le dogme de l’unité de Dieu fut le soleil du monde judaïque, le dogme de la Trinité est le soleil du monde évangélique. Marcher en la présence d’un Dieu en trois Personnes, clairement connu, est donc pour les peuples chrétiens la loi de leur être et la condition de leur supériorité.
C’est la loi de leur être. Viennent-ils l’oublier ou la méconnaître? Sur-le-champ ils tombent des hauteurs lumineuses du Calvaire, et, rétrogradant de quarante siècles, ils se replongent dans les ténèbres du Sinaï. Là, ne s’arrête pas leur chute. Un peuple chrétien ne peut cesser de l’être, sans descendre au-dessous du juif, au-dessous du mahométan, sans devenir une race dégradée qui n’a pas de nom dans la langue humaine. Autant la connaissance claire de l’unité divine éleva les enfants d’Israël au-dessus des nations païennes, autant la révélation de la Trinité élève les peuples chrétiens au-dessus du peuple juif. La Trinité est le pivot du christianisme, par conséquent, la première assise des sociétés, nées du christianisme. Ôtez ce dogme, et l’Incarnation du Verbe n’est plus qu’une chimère; la Rédemption du monde, une chimère; l’effusion du Saint-Esprit, une chimère; la communication de la grâce, une chimère; le christianisme tout entier, une chimère; et la société, une ruine. (Orig., homil. IX in Exod., n.3; Lieberm., Instit. théolog., t.III, p. 123)”

EXTRAIT DU TRAITE DU SAINT-ESPRIT – Mgr Gaume

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