Divinité de chacune des Personnes de la Très Sainte Trinité

161

“Je ne rougis point de l’Evangile, dit saint Paul, parce qu’il est la vertu de Dieu, pour sauver ceux qui croient. C’est là aussi que nous est révélée la colère de Dieu, qui éclatera du ciel contre toute l’impiété et l’injustice de ces hommes, qui retiennent injustement la vérité de Dieu; car ce qu’on peut connaître de Dieu leur est connu: Dieu lui-même le leur a manifesté de telle sorte qu’ils sont inexcusables, puisque, ayant connu Dieu, ils ne l’ont point glorifié comme Dieu. (Rom. I, 16-21)
CLIQUER et lire la suite
Manifestation de la Trinité dans la Création
“Etudions la conduite de Dieu lui-même. Il veut que son premier organe, Moïse, commence l’histoire du monde par la révélation de la Trinité créatrice. “Dans le principe, Dieu créa le ciel et la terre, et l’Esprit de Dieu était sur les eaux” (Gen. I, 1-2). Sur quoi le plus autorisé, comme le plus profond des interprètes, saint Augustin, s’exprime ainsi: “Au moment même où la création en bloc fut appelée du néant, sous le nom de ciel et de terre, pour indiquer ce qui devait être fait, la Trinité du Créateur est insinuée. L’Ecriture dit: Dans le principe Dieu créa le ciel et la terre. Or, sous le nom de Dieu, nous comprenons le Père; sous le nom de Principe, le Fils, qui n’est pas principe pour le Père mais pour toutes les créatures. Lorsque l’Ecriture ajoute: Et l’Esprit de Dieu était porté sur les eaux (Gen. I, 1-2), nous avons la révélation complète de la Trinité; car ce mot indique la puissance souveraine du Saint-Esprit.” (De Gen., ad Litt., lib. I, n.12 et 13) Or, il se portait sur les eaux, par conséquent sur la terre renfermée dans leur sein, parce que le Créateur était attiré par un immense amour vers sa créature; et, ne pouvant être lui-même ce qu’il avait créé, il voulait en tirer des êtres capables de s’unir à lui. Cette Bonté, cet Amour du Créateur, c’est le Saint-Esprit lui-même.
Non contente de s’être révélée dans la masse matérielle, la Trinité se révèle à chaque ouvrage particulier qu’elle en tire. C’est encore la pensée du grand évêque d’Hippone: “Dans la manipulation et le perfectionnement de la matière, pour en former des créatures distinctes, la même Trinité s’insinue. Dans ces mots: Dieu dit, nous avons le Verbe ou la parole, et le Générateur du Verbe; et dans ceux-ci: Dieu vit que cela était bon, nous avons la Bonté infinie, le Saint-Esprit, par qui seul plaît à Dieu tout ce qui lui plaît.” (Vidit Deus, quia bonum est. Ibid., n.12)
Or, les mêmes paroles reviennent sept fois dans l’œuvre de la création; c’est donc sept fois la proclamation du dogme de la Trinité; sept fois l’affirmation divine que le monde matériel dans son ensemble et dans chacune de ses parties, porte le cachet de son auteur.
L’histoire de la création du monde matériel commence donc par la révélation du dogme de la Trinité. De la même manière commence la création de l’homme. Faisons l’homme à notre image et ressemblance (Gen. I,26), dit le Créateur; et le divin ouvrier se burine lui-même en caractères indélébiles, jusque dans l’essence de cette nouvelle créature.
Au Père de la race humaine et à chacun de ses descendants, ils disent: “Doué de la triple faculté de te souvenir, de connaître et d’aimer, tu es fait à l’image du Dieu Trinité” (Saint Bernard, Ser. I de Annuntial).
Et saint Chrysostome: “Dieu dit image, à cause de l’empire de l’homme sur toutes les créatures; ressemblance, afin que dans la mesure de nos forces nous nous rendions semblables à Dieu par la mansuétude, par la douceur, par la vertu, suivant le précepte de Jésus-Christ lui-même: Soyez semblable à votre Père qui est dans les cieux”. (S. Chrysost. cap. I Gen, homil. IX, n.3.)”

(Traité du Saint-Esprit, 1865, Gaume Frères et J. Duprey, Editeurs, Mgr Gaume, Tome 2 pp. 14 à 20)