L’AVE MARIA

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En ce jour de la grande fête de l’Assomption, voici des éléments de réflexion.
— La mort calme d’une jeune femme. — Mgr Dupanloup raconte qu’une jeune femme de 29 ans se mourait et avait reçu les derniers sacrements. Le prêtre qui l’avait administrée fut stupéfait de la tranquillité d’âme de la malade, tranquillité étonnante chez une femme à la fleur de la jeunesse. «Monsieur l’abbé, lui dit-elle, vous semblez ne pas vous expliquer mon calme? il n’y a pas de raison de s’en étonner. Voilà quatre ans que je dis le chapelet tous les jours; j’ai donc demandé 50 fois par jour la grâce de la bonne mort, il n’ est pas possible que la Sainte Vierge ne m’assiste pas et ne m’introduise pas au paradis». Et elle mourut dans cette douce sérénité.
Disons donc souvent l’Ave Maria dans cette intention.
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— Un curé qui se trompe de maison. — Un curé, écrit Mgr de Ségur, fut appelé chez une malade à l’agonie, et après s’être soigneusement enquis du nom de la malade, de la rue, du numéro et de l’étage, il emporta tout de suite le saint Sacrement. Dans la maison où il se rendit, personne ne connaissait le nom indiqué, mais il apprit qu’il y avait une malade à tel et tel étage. Il monta, et à peine eut-il ouvert la porte qu’un homme se précipite sur lui, avec des cris de sauvage et le somme de s’en aller ; mais dans un coin de la chambre, il avait déjà vu une malade dans son lit et perçu un appel déchirant: «Monsieur l’Abbé, ne m’abandonnez pas; je ne veux pas mourir sans confession ! — Je suis libre-penseur, s’écria l’homme, en cherchant à le repousser, vous ne passerez pas: allez vous-en. — Eh bien! au nom de la liberté de pensée, répliqua l’abbé, je resterai et j’entrerai.» Décontenancé par cette attitude courageuse, le mari se retira, et la pauvre femme raconta que depuis dix ans son mari l’empêchait de recevoir les sacrements. «Mais, ajouta-t-elle, je n’ai jamais omis un seul jour de dire un Ave Maria pour que je ne meure pas sans confession, et je vois que le bon Dieu m’a exaucée. — Je m’étonne, dit le prêtre, que vous ayez pu m’envoyer un messager. — Mais je ne vous ai envoyé personne: mon mari tient bonne garde autour de moi. — Je suis pourtant bien ici au numéro 50. — Non, vous êtes au 30».
C’était le mot de l’énigme, le bon curé s’était providentiellement trompé et se rendit de là chez la malade qui l’attendait. Quelle grande grâce cette femme avait obtenue par sa fidélité à réciter l’Ave Maria !
 
— Saint Alphonse de Liguori et l’Ave Maria. — Ce grand saint avait la pieuse habitude de dire un Ave chaque fois que l’heure sonnait, quand il sortait et rentrait, et avant de commencer son travail. Quand l’Angélus tintait, il mettait de côté son ouvrage ; disait chaque jour le rosaire, et jeûnait tous les samedis en l’honneur de la Vierge. Il est aussi l’auteur du beau livre des «Gloires de Marie». — Sa mort fut celle d’un élu.