La révolte de l’Esprit du mal contre le Saint-Esprit

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“A la vue de l’Esprit du bien -le Saint-Esprit- se révélant au monde, l’Esprit du mal comprit que son empire était menacé jusque dans ses fondements. Pour en conjurer la ruine, il suscite en Orient et en Occident d’innombrables négateurs du Saint-Esprit.
Armés de sophismes, les Valentiniens, les Montanistes, les Sabelliens, les Ariens, les Eunomiens, descendent successivement dans l’arène. Avec une mauvaise foi et une opiniâtreté dont on ne trouve la raison d’être que dans l’inspiration satanique, ils attaquent hautement, de vive voix et par écrit, la divinité du Saint-Esprit, triomphalement défendue par les docteurs catholiques.

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Mais quand la passion argumente, la raison n’est jamais sûre de vaincre. Les erreurs sur le Saint-Esprit gagnent comme un cancer, jusqu’à Macédonius qui en fait une lèpre, presque aussi étendue que l’arianisme. L’hérésiarque mourut comme Arius, misérablement. La zizanie de ses erreurs était néanmoins tombée dans beaucoup de têtes séditieuses. Malgré les efforts de l’Eglise d’Orient, l’hérésie, loin d’être étouffée, étendait ses ravages. (Battaglini, Ist. univ. di tutti i concil. p. 135 ed. in fol.)
Théodose conclut à la nécessité de convoquer un concile. En accord avec le pape saint Damasse, une auguste assemblée se tint à Constantinople le mois de mai de l’an 381. (Vid. Baron., an. 381, n. 19) Les Evêques proclamèrent solennellement la divinité du Saint-Esprit. A l’exemple du concile de Nicée, qui, pour anéantir l’arianisme, avait ajouté quelques explications au Symbole des Apôtres, le concile de Constantinople confondit les macédoniens et assura l’orthodoxie de la doctrine, en développant l’article du Symbole de Nicée sur le Saint-Esprit. La divinité du Saint-Esprit n’étant point attaquée, le concile de Nicée avait dit simplement: Et au Saint-Esprit, la Sainte Eglise catholique, etc. Expliquant ces paroles, les Pères de Constantinople ajoutèrent: Et au Saint-Esprit, Seigneur et vivificateur, qui procède du Père, et qui, avec le Père et le Fils, est adoré et conglorifié: qui a parlé par les prophètes. La lecture solennelle de cet article fut suivie incontinent des applaudissements du concile et des anathèmes contre l’hérésie.
Frappé de ce coup de foudre, Satan fut de longs siècles sans oser relever la tête et attaquer directement la divinité du Saint-Esprit. Enfin, le retour de son règne arriva. Avec la Renaissance, on voit reparaître toutes les erreurs et toutes les hérésies qu’on croyait à jamais éteintes. Ainsi les sociniens renouvellent, en la développant, l’hérésie de Macédonius. Malgré l’anathème du concile de Latran, le rationalisme, alimenté par l’étude fanatique des auteurs païens, envahissait l’Europe. Dès qu’il eut assisté, en 1546, au fameux conciliabule de Vicence, où la destruction du christianisme fut résolue, Socin employa toute sa vie à renouveler l’arianisme et le macédonisme, afin de saper le christianisme par sa base.
Pour les Sociniens, le Saint-Esprit n’est pas même une créature: c’est un souffle, une force, une simple influence de Dieu sur l’homme et sur le monde.
Mais le symbole catholique triompha parce qu’il est le roc inexpugnable du haut duquel tout chrétien défie Satan et ses suppôts, avec tous leurs sophismes et toutes leurs négations.
Le macédonianisme et le socinianisme sont donc les deux grandes hérésies qui, à douze siècles de distance, ont attaqué, mais en vain, la divinité du Saint-Esprit.”

EXTRAIT DU TRAITE DU SAINT-ESPRIT – Mgr Gaume

 

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