Le schisme de l’Eglise grecque

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Dans l’intervalle, une troisième hérésie s’est fait jour. Il s’agit de l’hérésie des Grecs sur la Procession du Saint-Esprit. Mur de division, encore debout, entre l’Eglise latine et l’Eglise grecque, il faut la faire connaître et la réfuter.

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Organe infaillible du Verbe, fait chair, pour instruire le genre humain, l’Eglise catholique a toujours cru que la troisième Personne de l’adorable Trinité, égale en tout au Père et au Fils, procède de l’un et de l’autre. L’Eglise catholique entend par procession: L’origine et la production éternelle d’une personne divine d’une autre personne, ou des deux autres. Sur quoi le mot procession se prend en deux sens. Le premier, en tant qu’il s’applique à la production du Fils et du Saint-Esprit, car on dit que l’un et l’autre procèdent. Parlant de lui-même, Notre-Seigneur dit: “Je procède de Dieu et je suis venu.” (Jean VIII, 42) De sa bouche il rend le même témoignage au Saint-Esprit: “Lorsque sera venu le Paraclet, que je vous enverrai de mon Père, l’Esprit de vérité, qui procède du Père.” (Jean XV, 26) Fidèle à la tradition, la pensée divine est formulée dans le Symbole de saint Athanase comme suit: “Le Fils est du Père seul: ni fait, ni créé, mais engendré. Le Saint-Esprit, du Père et du Fils: ni fait , créé, ni engendré, mais procédant.”
Le second, en tant qu’il s’applique à la production particulière du Saint-Esprit. En effet, le Fils et le Saint-Esprit formant deux personnes distinctes, on dit du Fils qu’il est engendré, et du Saint-Esprit simplement qu’il procède. (Vitasse, de trinit. q. V, art. 1 et 2)
Dans les personnes divines on ne voit finalement que deux choses: la nature et le rapport d’origine ou la procession: ainsi dans le Père la nature divine et la paternité; dans le Fils la nature divine et la génération; dans le Saint-Esprit, la nature divine et la procession.
Saint Thomas d’Aquin dira avec raison: “Le Saint-Esprit est personnellement distinct du Fils, parce que l’origine de l’un est distincte de l’origine de l’autre. Or, la différence d’origine consiste en ce que le Fils est seulement du Père, tandis que le Saint-Esprit est du Père et du Fils. Les processions ne se distinguent pas autrement.” (I p., q.36, art. 2, ad 7)
De là, cette profonde doctrine de saint Grégoire de Nazianze, que les Grecs appellent le Théologien: “Le Fils n’est pas le Père, mais il est ce qu’est le Père; le Saint-Esprit n’est pas le Fils, mais il est ce qu’est le Fils. Ces trois sont un par la divinité; et cet un est trois par les propriétés distinctes.” (Orat. XXXVII)
Bossuet ajoute: “L’ordre des personnes est inviolable, parce que si le Fils est nommé après le Père, parce qu’il en vient, le Saint-Esprit vient aussi du Fils, après lequel il est nommé; et il est Esprit du Fils, comme le Fils est le Fils du Père. Cet ordre ne peut être renversé. C’est en cet ordre que nous sommes baptisés. Le Père s’entend lui-même, se parle à lui-même, et il engendre son Fils qui est sa parole. Il aime cette parole qu’il a produite de son sein, et qu’il y conserve. Et cette parole, qui est en même temps sa conception, sa pensée, son image intellectuelle, éternellement subsistante, et dès là son Fils unique, l’aime aussi comme un Fils parfait aime un Père parfait. Mais qu’est-ce que leur amour, si ce n’est cette troisième personne, le Dieu d’amour, le don commun et réciproque du Père et du Fils, leur lien, leur nœud, leur mutuelle union, en qui termine la fécondité, comme les opérations de la Trinité? Tout y retourne au principe, d’où tout vient radicalement et primitivement, qui est le Père, avec un ordre invariable: l’unité féconde se multipliant en dualité pour se terminer en trinité. De telle sorte que tout est un, et que tout revient à un seul et même principe.”

Trois personnes en un seul Dieu, égales entre elles mais distinctes par leur rapport d’origine: le Père ne procédant de personne; le Fils procédant du Père par voie d’entendement, comme la parole procède de la pensée; le Saint-Esprit procédant du Père et du Fils, par voie de volonté et d’amour mutuel: tel est, sur le premier et le plus profond de nos mystères, le dogme catholique dans sa plus simple expression.” (Mgr Gaume, Tome 2, pp. 55 à 66)

EXTRAIT DU TRAITE DU SAINT-ESPRIT – Mgr Gaume

 

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