Pourquoi seul le chrétien peut régir le Temps

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Voici un texte bien adapté au temps qui est le nôtre, où les nuages et les incertitudes sont nombreux. Qua va t-il se passer, les ennemis de Dieu et des hommes sont-ils parvenir à leur fin?

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Dans l’Évangile de Matthieu, au chapitre 6, Jésus recommande : «Ne vous inquiétez pas et ne dites pas : “Qu’allons-nous manger ?” ou “Qu’allons-nous boire ?”… Les païens s’inquiètent de tout cela. »
En lisant ces mots, il est naturel d’imaginer cette scène : un agriculteur, calmement, avec soin et avec des gestes constants, sème la graine sur la terre labourée. C’est un geste d’espoir et d’attente. Des gestes sûrs, constants, attentifs, mais clairement orientés vers un avenir qui sera loin dans le temps.
Nous disions donc : des gestes d’espoir et d’attente. D’espoir, car s’il n’y a pas de pluie, ces graines ne porteront pas de fruits. L’agriculteur travaille en s’appuyant sur les cours de la nature : la saison sèche suivra la saison humide et les fruits en sortiront. D’attente, car c’est un travail orienté vers des résultats qui viendront et surtout qui ne viendront pas immédiatement.
De tels gestes sont également présents dans le monde animal, mais avec une différence. Chez les animaux, l’espoir et l’attente ne sont pas vécus en conscience et tout se passe instinctivement. Ce n’est pas le cas chez l’homme. Les situations de ce type sont “pensées” et “voulues” et, précisément parce que “pensées” et “voulues”, elles sont vécues existentiellement.
L’homme a en lui la capacité de “gouverner” le Temps, même s’il le “subit”. Il le “subit”, car le Temps passe sans qu’on puisse l’arrêter ; mais, même s’il le “subit”, l’homme peut volontairement le “gouverner”, précisément avec l’espoir et l’attente.
Jésus nous invite clairement à “gouverner” le Temps et il le fait en nous disant de nous en remettre à Lui (l’espérance) pour obtenir ce dont nous avons besoin (l’attente) : « Ne te fatigue pas et ne dis pas : “Qu’allons-nous manger ?” ou “Qu’allons-nous boire ?”…Les païens s’inquiètent de tout cela. »
Or, tandis que le paysan de l’exemple fait son travail en s’appuyant sur le cycle de la nature, le chrétien est invité à agir en s’appuyant sur quelque chose, ou plutôt sur Quelqu’Un, qui est beaucoup plus : Dieu lui-même, qui ne manquera jamais à ses promesses.

Vivre autrement serait païen. En effet, les païens “anciens” et ceux “d’aujourd’hui” ne peuvent pas s’en remettre à Dieu. Les premiers (les anciens païens) parce qu’ils étaient convaincus que les dieux se servaient violemment des hommes, les seconds (les païens d’aujourd’hui) parce qu’ils vivent comme si Dieu n’existait pas. Et, ce faisant, ils deviennent des “victimes” et des “marionnettes” de l’implacabilité du Temps.
Les chrétiens, au contraire, se voient offrir un destin énormément supérieur, d’une noblesse incomparable par rapport à la bassesse du paganisme ancien et moderne : la capacité de choisir Dieu, de s’en remettre à Lui et de pouvoir ainsi gouverner et diriger le Temps.

La grande leçon de Saint Augustin sur le Temps l’affirme. Il dit que l’homme peut saisir la dimension de l’éternel. Au moment où il “entre en lui-même”, c’est-à-dire quand il saisit sa dimension non seulement corporelle mais aussi spirituelle, il comprend bien ce dont il a vraiment besoin. Il comprend que ce qui est limité, précaire et fini ne peut pas satisfaire pleinement son être et sa demande fondamentale. Et c’est précisément dans cette intériorité profonde que le passé et l’avenir se rejoignent dans la synthèse d’un “éternel présent”, reflet et préfiguration de la définition de l’éternel.

Mais revenons à la question de gouverner le Temps.

Comme il a été dit précédemment, le chrétien a une plus grande possibilité, mieux : il a la possibilité. La véritable “puissance” qui peut être donnée à l’homme n’est pas cette “volonté de puissance” nietzschéenne, destructrice et vouée à l’échec, selon laquelle le Temps serait soluble quand on s’y rapporte sans prétendre lui donner un sens, mais seulement en exploitant sa force propulsive ; ni celle qui “résoudrait” le Temps en le niant dans le délire imaginatif du surréalisme postmoderne ; cette “puissance” est donnée à l’homme mais seulement quand il prend le Temps en considération pour lui-même, dans son sens propre, et qu’il le résout dans l’éternité. Seul le christianisme donne cette possibilité.
Dans les paroles de Jésus, il y a une condamnation claire de la “préoccupation”, qui n’est pas la simple “occupation” de l’esprit (tout à fait légitime, puisque l’homme est responsable de ses choix et de son destin), mais la tentation de transformer le Temps, les événements et les actes, en anxiété.
Pour le chrétien, le Temps coule, ne peut pas être arrêté, mais il n’est pas inexorable. Le Temps est gouverné par Dieu, et il est donc gouvernable par l’homme, s’il s’en remet à Sa volonté : « Ne vous inquiétez pas et ne dites pas : “Qu’allons-nous manger ?” ou “Qu’allons-nous boire ?”… Les païens s’inquiètent de tout cela. »

Prof. Corrado Gnerre

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