La division du monde surnaturel Partie 2

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“Personne ne méconnaît la valeur morale et intérieure de la prière. Par cela seul qu’elle prie, l’âme se soulage, se relève, s’apaise, se fortifie. Elle éprouve, en se tournant vers Dieu, ce sentiment de retour à la santé et au repos qui se répand sur le corps, quand il passe d’un air orageux et lourd dans une atmosphère sereine et pure. Dieu vient en aide à ceux qui L’implorent, avant et sans qu’ils sachent s’Il les exaucera. S’il est un seul homme qui regarde comme chimériques ces heureux effets de la prière, parce qu’il ne les a jamais éprouvés, il faut le plaindre; mais on ne le réfute pas.” (Traité du Saint-Esprit, Mgr Gaume, Tome 1, pp. 34, 35)

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“Pour diviser le ciel en deux camps irréconciliables, pour entraîner dans l’abîme la troisième partie des anges, et pour assurer à jamais la félicité des autres: il faut que la vérité en litige ait été un dogme fondamental. (Apoc. XII, 4)
Quelle peut être la nature de cette vérité proposée, comme épreuve, à l’adoration des célestes hiérarchies? Pour les anges, comme pour les hommes, il y a deux sortes de vérités: les vérités de l’ordre naturel et les vérités de l’ordre surnaturel. Les premières n’excèdent pas les facultés naturelles de l’ange et de l’homme. Il en est autrement des secondes: expliquons ce point de doctrine.
Ouvrage d’un Dieu infiniment bon, tout être est créé pour le bonheur. Le bonheur de l’être consiste dans son union avec la fin pour laquelle il a été créé. Tous les êtres ayant été créés par Dieu et pour Dieu, leur bonheur consiste dans leur union avec Dieu. Dans les êtres intelligents, faits pour connaître et pour aimer, cette union a lieu par la connaissance et par l’amour. Développés autant que le permettent les forces de la nature, cette connaissance et cet amour constituent le bonheur naturel de la créature.
Dieu ne s’en est pas contenté. Afin de procurer aux êtres doués d’intelligence un bonheur infiniment plus grand, sa bonté, essentiellement communicative, a voulu que les anges et les hommes s’unissent au Bien suprême, par une connaissance beaucoup plus claire et par un amour beaucoup plus intime, que ne l’exigeait leur bonheur naturel: de là, le bonheur surnaturel.
De là aussi, deux sortes de connaissances de Dieu ou de la vérité: une connaissance naturelle, qui consiste dans la vue de Dieu, autant que la créature en est capable par ses propres forces; une connaissance surnaturelle, qui consiste dans une vue de Dieu, supérieure aux forces de la nature et infiniment plus claire que la première. Cette seconde connaissance est une faveur entièrement gratuite. Etres libres, les anges et les hommes doivent, pour s’en assurer la possession, remplir les conditions auxquelles Dieu la promet.
De là, enfin, comme il vient d’être dit, relativement aux anges et à l’homme, deux sortes de vérités: les vérités de l’ordre naturel et les vérités de l’ordre surnaturel.

EXTRAIT DU TRAITE DU SAINT-ESPRIT – Mgr Gaume

 

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