La division du monde surnaturel – Partie 3

85

Les anges connaissent parfaitement, dans l’ensemble et dans le détail, toutes les vérités de l’ordre naturel, c’est-à-dire qui rentrent dans la sphère native de leur intelligence. L’ange est une intelligence pure. Son entendement est toujours en acte, jamais en puissance: c’est-à-dire que l’ange n’a pas seulement, comme l’homme, la faculté ou la possibilité de connaître, mais qu’il connaît actuellement.

CLIQUER

Pour connaître, disent les Pères de l’Eglise et les théologiens, les anges n’ont besoin, ni de chercher, ni de raisonner, ni de composer, ni de diviser: ils se regardent, et ils voient. La raison en est que, dès le premier instant de leur création, ils ont eu toute leur perfection naturelle et possédé les espèces intelligibles, ou représentations desquelles ils voient toutes les vérités qu’ils peuvent connaître naturellement. Leur entendement est comme un miroir parfaitement pur, dans lequel se réfléchissent et s’impriment sans ombre, sans augmentation ni diminution, les rayons du soleil de vérité.
Autre est l’entendement de l’homme. C’est un miroir imparfait, semé de taches plus ou moins épaisses et plus ou moins nombreuses, qui ne disparaissent qu’en partie sous l’effort laborieux et sans cesse renouvelé de l’étude et du raisonnement. La raison en est que l’âme humaine, étant unie au corps, doit recevoir successivement des choses sensibles, une partie des espèces intelligibles au moyen desquelles la vérité lui est connue. C’est même pour cela que l’âme est unie au corps.
Puisque, dès l’instant de leur création, les anges connurent parfaitement toutes les vérités de l’ordre naturel, leur épreuve a eu nécessairement pour objet quelque vérité de l’ordre surnaturel. Inaccessibles aux forces natives de leur entendement, ces vérités ne leur sont connues que par la révélation. La connaissance surnaturelle béatifie les anges, et par elles, ils voient le Verbe et toutes choses dans le Verbe. Par cette vision, ils connaissent les mystères de la grâce, non pas tous ni tous également, mais selon qu’il plaît à Dieu de les leur révéler.

EXTRAIT DU TRAITE DU SAINT-ESPRIT – Mgr Gaume

 

COMMANDER