Le dogme qui a donné lieu à la division du monde surnaturel – Partie 2

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Un grand nombre de docteurs illustres de l’Eglise s’accordent sur ce point. Trois propositions incontestables en démontrent la justesse: le mystère de l’Incarnation fut l’épreuve des anges si 1) ils ont eu connaissance de ce mystère; si 2) ce mystère était de nature à blesser leur orgueil et à exciter leur jalousie; si 3) le Verbe incarné est l’unique objet de la haine de Satan et de ses anges.

Selon saint Thomas d’Aquin, “dès le commencement de leur existence, tous les anges connurent de quelque manière le mystère du règne de Dieu accompli par le Christ, mais surtout à partir du moment où ils furent béatifiés par la vision du Verbe: vision que n’eurent jamais les démons, car elle fut la récompense de la foi des bons anges.”
“Le Verbe est le soleil de vérité qui éclaire toute intelligence sortant de la nuit du néant: il n’y en a pas d’autre. Miroirs d’une rare perfection, les anges ne purent pas ne point réfléchir quelques rayons de ce divin soleil, dont ils étaient les images les plus parfaites. Mais, bien qu’ils eussent la conscience d’eux-mêmes et des vérités dont ils étaient en possession, ces rayons étaient encore voilés, et ils devaient l’être. Créés dans l’état de grâce, les anges ne jouirent pas, dès l’origine de la vision béatifique. Ils ne connurent donc qu’imparfaitement le règne de Dieu par le Verbe. Que ce Verbe adorable, par qui tout a été fait, serait le trait d’union entre le fini et l’infini, entre le Créateur et la création tout entière, et qu’ainsi il établirait le règne de Dieu sur l’universalité de ses œuvres: telles furent les connaissances rudimentaires des esprits angéliques. C’était en germe le mystère de l’Incarnation. “Les anges, dit un savant disciple de saint Thomas, ont une double connaissance du Verbe, une connaissance naturelle, et une connaissance surnaturelle.
Une connaissance naturelle, par laquelle ils connaissent le Verbe dans son image, resplendissant dans leur propre nature. Cette première connaissance, éclairée de la lumière de la grâce et rapportée à la gloire de Dieu et du Verbe, constituait la béatitude naturelle dans laquelle ils furent créés. Toutefois, ils n’étaient pas encore parfaitement heureux, puisqu’ils étaient capables d’une plus grande perfection, et qu’ils pouvaient la perdre, ce qui, en effet, eut lieu pour un grand nombre.
Une connaissance surnaturelle ou gratuite, en vertu de laquelle les anges connaissent le Verbe par essence et non par image. Celle-là ne leur fut pas donnée au premier instant de leur création, mais au second, après une libre élection de leur part.”

EXTRAIT DU TRAITE DU SAINT-ESPRIT – Mgr Gaume

 

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