Le jugement de Lucifer devenu Satan et l’origine des deux Cités – Partie 1

63

“Et le Dragon fut précipité sur la terre” (Apoc. XII,13)
Quelle est cette terre?
La terre fut créée après la création des anges. “L’eau est la mère du monde, si de son sein et de sa substance sont sortis la terre et les cieux. Or, voici ce que nous lisons en tête de la Genèse: “Dans le principe, Dieu créa le ciel et la terre; et la terre était sans consistance et sans forme, et les ténèbres étaient sur la face de l’abîme.”

La matière primitive, lancée dans l’espace par le Verbe créateur, formait une masse informe à l’état liquide. La terre, qui en était une partie intégrante, subissait la condition commune. Eau non condensée, elle était, comme dit l’Ecriture, sans consistance et sans forme déterminée.
“Cette matière informe, dit saint Augustin, que Dieu tira du néant, fut d’abord appelée ciel et terre. Il a été dit: Au commencement Dieu fit le ciel et la terre, bien que la matière du ciel et de la terre fût encore à l’état de chaos.” (De Gen. contr. Manich., lib. I, c. VII, opp. t.I, p. 1052, edit. noviss.)”
Aux théories sans fondement de l’évolution, fruit du travail des loges maçonniques, saint Pierre répond: “Ces moqueurs ignorent, le voulant bien, que le ciel et la terre n’ont pas toujours existé; mais qu’au commencement ils furent tirés de l’eau, qu’ils subsistent par l’eau et qu’ils doivent leur consistance au Verbe divin. (II Pierre III, 5)
“Ainsi le ciel et la terre, avec tout ce qu’ils renferment de créatures matérielles, ont été formés de l’eau, à laquelle le Verbe créateur a donné, en la condensant, une forme arrêtée et maintenue dans un état permanent.
Le pape saint Clément, disciple de saint Pierre, assure tenir de la bouche de son auguste maître cette vérité: “Je vais vous apprendre, me disait Pierre, comment et par qui le monde a été fait. Au commencement Dieu fit le ciel et la terre, comme un seul édifice. L’eau qui occupait le monde, Dieu la condensa comme une glace, la rendit solide comme le cristal: elle forma le firmament qui enveloppe tout l’espace compris entre le ciel et la terre. (Recognit., lib I, c. XXVI et XXVII)
On le voit, il n’est question que de l’eau comme matière élémentaire. Dieu l’a séparée en deux parts: l’une réduite à l’état concret forme la terre; l’autre tenue en suspension dans le vide s’appelle le firmament, et forme autour de la terre comme une couronne de cristal, émaillée de diamants. (voir Fabricius, Théologie de l’eau, liv. II, c. I)
Oeciménius parle comme saint Clément: “Le ciel et la terre, dit-il, ont été faits de l’eau. Le ciel n’est que l’eau vaporisée ou à l’état aériforme, et la terre, l’eau solidifiée ou à l’état concret”. (II Pierre III, 5) Comme l’enfant sort du sein et de la substance de sa mère, la création matérielle est donc sortie de l’eau.
N’est-ce pas extraordinaire de constater que le Verbe incarné et le Saint-Esprit aient décidé que ce soit par l’EAU du baptême que l’homme devient enfant de Dieu?
“Quiconque, dit le Verbe incarné, ne renaît pas de l’eau et du Saint-Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu”. (Jean III, 3)
Et le saint Concile de Trente, interprète infaillible du Maître ajoute: “La cause instrumentale de la sanctification, c’est le sacrement du baptême.” (Sess. VI, c. VII et c. IV.)
Ici reparaît avec un éclat nouveau l’action créatrice du Saint-Esprit, et la profonde harmonie que Dieu a mise entre le monde et la nature et le monde de la grâce. Nous renvoyons le lecteur à ce rappel de la Sainte Ecriture sur la création: “Et l’Esprit de Dieu se portait sur les eaux”.”

(Traité du Saint-Esprit, Mgr Gaume, Tome 2, pp. 254 à 259)

EXTRAIT DU TRAITE DU SAINT-ESPRIT – Mgr Gaume

 

COMMANDER