Réflexion spirituelle sur l’importance de la religion à propos de la corruption des mœurs

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34 — Joseph II et le bailli. — Joseph II (mort en 1790) se mêlait souvent incognito au peuple pour bien se rendre compte de sa situation et de ses besoins. Pendant une famine, où les blés avaient subi une hausse de prix énorme, il avait envoyé des approvisionnements considérables en Bohême pour les faire distribuer aux pauvres. En même temps il se rendit personnellement dans le pays pour contrôler les employés chargés de la distribution. Il arriva entre autres dans une petite ville près de Prague : devant l’Hôtel-de-Ville se trouvait une longue rangée de chariots chargés de grains. En se mêlant aux gens, qui se tenaient près de ces chariots, il apprit que ce convoi était en ville depuis longtemps, que depuis des heures les voituriers attendaient en vain le déchargement, et le peuple la distribution, mais que le bailli ne faisait pas mine de venir. L’empereur se présenta dans son déguisement dans la maison du bailli, et lui fit des remontrances, parce qu’il laissait sans raison attendre ces pauvres gens. Le bailli lui répondit qu’il n’avait pas d’ordre à recevoir d’un étranger et qu’il savait ce qu’il avait à faire. L’ empereur ouvrit ensuite sa houppelande et fit voir son uniforme en disant à ce fonctionnaire devenu blême de confusion : «Je suis l’empereur, je vous destitue de votre charge, vous n’avez plus à vous occuper de la distribution des grains.» — Si ce bailli avait reconnu l’empereur, aurait-il osé le traiter avec tant de hauteur? Certainement non. De même, si les hommes connaissaient Dieu, ils ne l’offenseraient point en péchant gravement.

Que dire de ces gouvernements qui, au lieu de faire leur devoir d’état en faveur du bien commun terrorisent  leurs populations et les appauvrissent pour satisfaire l’agenda du Prince de ce monde…