L’Enfer et l’air: demeure des démons

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Lucifer qui fut précipité en enfer pour avoir dit “non serviam” devint Satan, le Diable, le Mauvais. “Satan” veut dire l’“opposant”, l’“adversaire”; “Diable” signifie “celui qui divise”, l’“accusateur”, le “calomniateur”. Lui et un tiers des anges furent condamnés. Jésus dit que l’Enfer a été créé pour le Diable et ses anges. (Matth. XXI, 41) L’Enfer est devenu le royaume de Lucifer.
Dieu foudroya les révoltés qui, comme l’éclair, tombèrent du ciel jusqu’au fond des abîmes où ils restent, sans espérance d’amendement, en sorte qu’il ne s’en trouva plus un seul dans le Ciel.

En même temps que ces premiers damnés descendaient dans le feu vengeur, Dieu se manifesta sans voile aux anges qui avaient vaincu et les introduisit dans le bonheur et la gloire de la vision béatifique et de leur triomphe perpétuel. Une grande voix retentit dans la cour céleste: “Maintenant le règne de Dieu et de son Christ est assuré.” Les échos de cette acclamation allèrent terrifier les exilés de l’Enfer. Dieu communiqua ensuite aux anges, ravis d’admiration, de grandes lumières sur les mystères de l’Incarnation et de la Rédemption, sur l’incomparable destinée de la Très Sainte Vierge et sur leur mission auprès des hommes et surtout auprès du Verbe incarné et de son auguste Mère.
Contre le surnaturel divin, il y aura la haine luciférienne. Les anges révoltés, sous la conduite de Lucifer, vont mener leurs basses manœuvres de tentateurs.
Et saint Pierre va nous exhorter à la vigilance en nous prévenant que le démon, semblable à un lion rugissant, rôde sans cesse autour de nous pour nous dévorer (I Pierre, V, 8).
De son côté, saint Paul appelle Satan le prince des puissances de l’air, et avertit le genre humain de revêtir l’armure divine, afin de pouvoir résister aux attaques du démon. “Pour nous, dit-il, la lutte n’est pas contre des ennemis de chair et de sang, mais contre les princes et les puissances, contre les gouverneurs de ce monde de ténèbres, les esprits mauvais qui habitent l’air.” (Eph. II, 2)
Sous le nom de Pluton ou de Sérapis, les peuples anciens n’ont-ils pas admis un roi des enfers, habitant les sombres demeures du Tartare et environné de dieux infernaux, ses satellites et ses courtisans? N’ont-ils pas en même temps proclamé par mille sacrifices, mille supplications, mille rites différents, la présence de ces dieux infernaux dans les couches inférieures de notre atmosphère, ainsi que leur action malfaisante sur l’homme et sur le monde?
Ce n’est pas en vain, dit Porphyre, que nous croyons les mauvais démons soumis à Sérapis, qui est le même dieu que Pluton. Comme ce genre de démons habite les lieux les plus voisins de la terre, afin d’assouvir plus librement et plus souvent leurs abominables penchants, il n’est sorte de crimes qu’ils n’aient coutume de tenter et de faire commettre.
Le langage de l’humanité chrétienne est ainsi semblable à celui de l’humanité païenne.
S’adressant à Lucifer, Ezéchiel (XXVIII, 14 et suivant) écrit: “Tu fus un chérubin aux ailes étendues et protecteur; et je t’ai engendré sur la montagne sainte de Dieu; tu naquis au milieu des pierres resplendissantes comme le feu. Tu les surpassais en éclat, jusqu’au jour où l’iniquité pénétra dans ton cœur. Ta science s’est corrompue avec ta beauté, et je t’ai précipité sur la terre, et je t’ai exposé devant la face des rois, afin qu’ils t’aperçussent.”
Afin d’exercer les athlètes de la vertu et de les enrichir de mérites, une partie de ces êtres malfaisants a reçu de Dieu la permission d’habiter autour de la terre, dans les régions inférieures de l’air.

(Traité du Saint-Esprit, Mgr Gaume, Tome 1, pp. 69 à 71)

 

EXTRAIT DU TRAITE DU SAINT-ESPRIT – Mgr Gaume

 

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