La Russie veut-elle une guerre en Ukraine actuellement ? – Partie 2

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prochain lisoPar M. Dejevsky – Quel camp a pris l’avantage dans cette affaire ?
Il semblerait que la dernière confrontation entre l’Occident et la Russie remonte à une réunion d’informations du Pentagone, le 10 novembre, coïncidant avec la visite à Washington du ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba, et la signature d’un accord de partenariat stratégique entre les Etats-Unis et l’Ukraine. Le Pentagone et le secrétaire d’Etat américain ont tous deux fait référence à des “mouvements inhabituels de troupes” près de la frontière entre la Russie et l’Ukraine ; le chiffre de 100 000 hommes a été mentionné, et la menace supposée a fait l’objet d’une couverture générale dans les médias américains..

Sans vraiment de surprise, le Royaume-Uni a repris le cri de guerre. Dans une série de discours d’adieu et d’interviews à la mi-novembre, le chef d’état-major de la défense britannique sortant, le général Sir Nick Carter, a fait les gros titres, mettant en garde contre une menace russe. Pour information, ce fut le discours constant repris lors de son mandat de trois ans à la tête de l’establishment militaire britannique.
Puis suivit un véritable festival de la Guerre froide avec la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN, le 30 novembre, dans la capitale lettone, Riga.
Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, y a défendu (avec une éloquence inhabituelle) l’indépendance de l’Ukraine et le droit des Etats souverains à choisir leurs alliés. M. Stoltenberg a également rappelé la querelle opposant depuis dix ans l’OTAN et la Russie au sujet des sphères d’influence. Dans un rare clin d’œil à son pays natal, il a fait remarquer que la Norvège n’avait jamais réclamé de sphère d’influence en dépit de sa frontière avec la Russie, et que cette dernière n’avait donc pas non plus besoin d’un tampon contre l’OTAN. (Un coup d’œil à la carte pourrait montrer la faible longueur de la frontière arctique de la Norvège avec la Russie et l’énorme tampon offert par la Suède et la Finlande neutres, mais c’est une autre question).
Parallèlement à la réunion de Riga, une contribution inimitable au climat général de paix et d’amitié a été apportée par la nouvelle ministre britannique des Affaires étrangères, Liz Truss, laquelle a posé, casquée, dans un char d’assaut lors d’une visite à une unité de troupes britanniques en Estonie. Ce n’est pas sa faute si les photos ont été perçues moins comme un avertissement à la Russie que comme un acte d’hommage à Thatcher.
Ce n’était pas non plus la fin.


LISO 400 414

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