L’homme qui murmure à l’oreille de Vladimir Poutine – Partie 2

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En tirant parti de l’emprise de la Russie sur l’approvisionnement en gaz de l’Europe, la demande de rouble d’Oreshkin a permis à Poutine de donner l’impression d’une lutte efficace contre l’assaut initial des sanctions. Cela a finalement forcé l’UE à reculer, car la plupart des principaux consommateurs ont signé les nouvelles conditions incluant l’obligation d’ouvrir des comptes spéciaux auprès de Gazprombank JSC, gardant le prêteur exempt de sanctions.

“Je considère que l’effet de l’utilisation du système roubles contre gaz est positif”, a déclaré Oreshkin à Bloomberg, refusant de commenter son rôle dans sa conception.

Il a chuchoté une manière d’agir que l’on a ensuite retrouvé dans des discours présidentiels. Il a inventé une phrase que Poutine allait bientôt répéter encore et encore, décrivant la saisie des réserves internationales de la Russie comme « un véritable manquement » des Etats-Unis et de l’Union européenne à leurs obligations envers la Russie.

Il a également aidé à élaborer des plans pour limiter les retombées financières, alors que les banques russes sont coupées du service de messagerie financière SWIFT, et repoussé les appels d’autres initiés influents pour plus de contrôle de l’Etat, alors que l’économie russe s’isole du monde. Oreshkin et ses alliés ont alors cherché à se rapprocher des alliés de la Russie. On l’a ansi vu accompagner Poutine lors d’un récent voyage en Iran, pays qui a des décennies d’expérience face aux sanctions occidentales. Interrogé sur les idées de la république islamique pour surmonter les limites des sanctions, Oreshkin a dit : “les nôtres sont bien meilleures”.

Ancien banquier de la filiale russe de Société Générale SA, il utilise désormais son expérience occidentale pour atténuer l’impact des sanctions. Oreshkin fait partie d’un groupe de responsables qui ont longtemps essayé de trouver un équilibre entre l’élaboration d’une politique économique favorable aux investisseurs et la répression croissante engagée par Poutine. Depuis, la guerre a rendu cet équilibre presque impossible. Oreshkin et ses collègues étant frappés de sanctions alors que leurs politiques économiques servent la machine de guerre du Kremlin.

Oreshkin fait partie d’une génération passerelle qui a chevauché la fin de l’ère soviétique et a passé son adolescence pendant ce qui est devenu connu en Russie comme les tumultueuses années 1990, une période de difficultés et d’audace économique.

De trente ans le cadet de Poutine, il était le plus jeune des deux fils d’une famille d’universitaires moscovites, grandissant dans un monde à part. (Source: Bloomberg)

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