La sainte Messe est un sacrifice eucharistique ou d’action de grâces

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Une reconnaissance infinie est due à Dieu, puisque de toute éternité il nous a aimés d’un amour infini, nous destinant dès lors tous les biens qu’il nous prodigue dans le temps. Et ces biens, quels sont-ils? C’est 1° la création tout entière, puisque tout l’univers est fait pour l’homme; c’est 2° tout ce que la Providence a ajouté et ajoute encore continuellement au bienfait de la création, soit dans l’ordre temporel, soit dans l’ordre spirituel : ici le détail serait infini ; c’est 3° tout le bien que le prochain nous fait ou nous veut faire, puisque c’est l’esprit de Dieu qui le lui inspire ; c’est 4° l’action bienfaisante de Dieu en toutes ces choses ; car c’est une action de tous les moments, puisque la conservation continuelle de notre être et de celui des autres équivaut à une création toujours nouvelle ; c’est une action toute gratuite, puisque Dieu ne nous devait rien, n’avait rien à gagner en nous donnant ces biens, et que, loin de mériter ses faveurs, nous méritions ses vengeances ; c’est une action de l’ordre le plus élevé, puisque les biens qu’elle nous procure sont d’une valeur infinie ; c’est son propre Fils donné pour notre rançon, c’est son Saint-Esprit qu’il nous envoie pour répandre sa charité dans nos cœurs, pour nous faire chrétiens et catholiques, c’est son sang avec lequel il nous purifie et nous nourrit par les sacrements et le Sacrifice ; ce sont ses grâces intérieures et extérieures qui préservent l’âme de tant de péchés qu’on commettrait sans leur secours, et qui la font avancer dans les vertus ; c’est, enfin, son paradis qu’il nous offre et met en quelque sorte à notre disposition.

Elevons nos pensées plus haut encore. Nous devons compter parmi nos motifs de reconnaissance : 1°) la gloire que Dieu se procure à lui-même par ses œuvres, par son incarnation, par les louanges que se donnent entre elles les trois Personnes divines, puisque la gloire de Dieu doit nous être plus chère que la nôtre propre, et que l’Eglise nous fait chanter au saint Sacrifice : ‘‘Nous vous remercions de votre grande gloire’’ ; 2°) les richesses de grâces dont Dieu a comblé l’humanité sainte de Jésus-Christ, la Vierge Mère, tous les anges et tous les saints, puisqu’en vertu de la communion des saints les grâces que chacun reçoit sont comme des biens de famille qui appellent la reconnaissance de tous. Mais comment acquitter une dette immense comme celle-là ? Nous n’avons pour cela d’autre ressource que le saint Sacrifice : ressource unique, mais aussi surabondante. Car Jésus-Christ, s’offrant à l’autel comme victime eucharistique, rend à Dieu autant que Dieu a donné et donnera jamais ; il lui rend même davantage, puisqu’ici la victime d’action de grâces vaut autant que Dieu même. Si donc par Jésus-Christ nous recevons tous les biens, par Jésus-Christ aussi nous en remercions Dieu dignement.

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