Bonté de Dieu décrétant de toute éternité de sauver l’homme après sa chute – Partie 2

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R.P. Hamon – Bonté de Dieu décrétant de toute éternité de sauver l’homme par l’Incarnation. Dieu avait deux moyens de sauver l’homme : le premier, de lui pardonner gratuitement et sans rachat; le second, de lui fournir de quoi payer toute sa dette et offrir à la majesté divine offensée une réparation égale à l’offense. Dieu ne voulut point du premier moyen, parce que, si ce moyen faisait ressortir sa miséricorde, il ne faisait ressortir ni sa sainteté ni sa justice, ni l’énormité du péché. Il choisit donc le second. Mais, la gravité de la faute étant infinie, puisque la grandeur d’une injure croit en proportion de la supériorité de la personne offensée sur celle qui offense, il fallait une réparation d’une valeur infinie. Et où trouver une telle réparation? Ce n’était pas en vous, ô mon Dieu! puisque vous ne pouvez ni vous abaisser ni souffrir, deux conditions nécessaires à l’expiation du péché. Ce n’était pas dans un être créé, quel qu’il pût être, puisque, si la créature peut s’abaisser et souffrir, elle ne peut donner à ses abaissements et à ses souffrances qu’une valeur infiniment bornée, la valeur d’un hommage décroissant en proportion de la supériorité de celui qui le reçoit sur celui qui le rend : ce ne pouvait donc être que dans l’hypothèse de l’union hypostatique des deux natures, laquelle une fois réalisée, la nature humaine pourrait s’abaisser et souffrir, et la nature divine communiquer à ces abaissements et à ces souffrances une valeur infinie. Dieu adopte ce plan admirable et le décret de l’Incarnation est porté.

O Trinité sainte, mille fois merci! Votre décret me ravit et me transporte. C’est le triomphe de la justice qui est pleinement satisfaite, le triomphe de la miséricorde qui pardonne, le triomphe de la bonté qui se dévoue, le triomphe de la sagesse qui concilie ce qui semblait inconciliable, le triomphe de la puissance qui unit en une seule personne l’extrême grandeur et l’extrême bassesse, le triomphe de la prudence qui, en montrant aux hommes ce qu’il en coûte à un Dieu pour expier le péché, leur apprend par là même à s’en abstenir.

Dans l’impuissance où je suis de reconnaître un si grand bienfait, je vous offre, O Trinité adorable les louanges de toutes les créatures du ciel et de la terre, les priant de vous bénir et de vous exalter dans tous les siècles. Je vous offre l’action de grâces que vous offrit, en notre nom, l’Homme-Dieu dès le premier moment de son Incarnation ; et je vous conjure par lui de nous pardonner notre insensibilité et notre ingratitude pour un si grand mystère d’amour. Je vous offre toute ma vie, et, en particulier, cette journée, que je veux employer tout entière à vous aimer.

 

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