Méditation sur le jour de Noël pour nous aider à comprendre l’enjeu de l’éternité

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Par le R.P. Hamon – Transportons-nous par la pensée à Bethléem, en société de Marie, qui cherche un asile pour mettre au monde le Verbe incarné et ne trouve qu’une étable. Compatissons à sa peine et demandons pardon de ce rebut au divin Enfant. Entrons dans l’étable, tombons à genoux et partageons avec Marie et Joseph la sainte oraison pendant laquelle le Verbe incarné passa miraculeusement du sein de Marie dans la crèche, comme le rayon pénètre le cristal, ou comme plus tard il sortira du tombeau, la pierre fermée. O mystère ineffable, où Jésus se montre notre Sauveur, notre maître, le charme de notre cœur.

 

PREMIER POINT Jésus naissant se montre notre Sauveur

Depuis quatre mille ans, le monde attendait un Sauveur ; les patriarches et les prophètes l’appelaient par leurs soupirs et leurs larmes : car, s’il ne fût venu, nous étions tous perdus. Il descend enfin dans la crèche ; et là, son premier soin est de nous sauver en satisfaisant pour nos péchés. Si, de son berceau, il soulève ses petites mains vers le ciel, c’est pour fléchir la justice de son Père ; s’il verse des pleurs, c’est pour laver nos souillures et éteindre le feu de la colère céleste ; s’il pousse des vagissements, c’est pour appeler sur nous les divines miséricordes. Sa, voix est entendue. 0 spectacle admirable ! Jésus est dans la crèche satisfaisant pour nous ; et Dieu est en Jésus acceptant ces satisfactions en payement de nos dettes. Jésus est dans la crèche pauvre et humilié ; et Dieu est en Jésus acceptant ces humiliations et cette pauvreté en expiation de notre orgueil et de notre amour des richesses. Jésus est dans la crèche, souffrant, doux, obéissant ; et Dieu est, en Jésus acceptant ces souffrances, cette douceur, cette obéissance, en expiation de nos plaisirs, de nos impatiences et de nos rébellions. C’est ainsi que, dès son entrée dans le monde, l’Homme-Dieu s’empresse de souffrir et de faire pénitence à notre place. O premières larmes que mon Sauveur versa sur mes péchés, je vous adore et vous révère ; premiers cris qu’il fit entendre pour moi à son Père, comme le prélude de ce grand cri par lequel il devait, en mourant, consommer son sacrifice et notre rédemption, puissiez-vous retentir jusqu’au fond de mon cœur, l’attendrir, l’émouvoir, et me faire prendre mon salut plus à cœur.

 

DEUXIÈME POINT Jésus naissant se montre notre maître

Les plus sages philosophes d’Athènes et de Rome ne font que bégayer auprès de ce divin Enfant, et leurs plus doctes leçons pâlissent en présence de la crèche. Là Jésus prêche la sagesse, non par des paroles, mais par des faits. Lui qui pouvait se procurer toutes les jouissances de la vie, se nourrit de ses larmes, repose sur la dure, tremble de froid, et livre aux rigueurs de la saison son corps délicat, si sensible aux impressions de la douleur, surtout à cet âge. C’est ainsi qu’il nous apprend à ne point flatter nos sens, à ne point rechercher nos aises, nos sensualités, nos goûts, et à ne plus être si impatients devant la gêne. Lui qui, maître du ciel et de la terre, pouvait naître au sein de l’opulence, naît dans l’extrême pauvreté, dans l’embarras d’un voyage, où les plus pré-cautionnés manquent de beaucoup de choses, au milieu de la nuit, dans une étable abandonnée. C’est ainsi qu’il nous apprend à ne plus être si avides des richesses, à arracher de notre cœur la passion d’amasser, principe de tant d’injustices. Lui enfin, le Roi de gloire, s’abaisse au plus bas degré de l’humiliation, semble avoir peine à trouver un lieu assez bas pour faire son entrée au monde : il descend dans une étable à demi ruinée qu’il rencontre sur sa route. Ainsi il nous enseigne à ne plus nous laisser abuser par la passion de l’honneur et de l’estime, par l’envie de paraître et de nous produire, et à accepter le rebut et le mépris quand ils se présentent. O Jésus, que vos leçons sont admirables. Qui pourrait, devant votre crèche, vouloir encore du plaisir, des richesses et de la gloire ?

 

TROISIÈME POINT Jésus naissant se montre le charme de notre cœur

Quand je contemple, disait saint Bernard, le fils de Dieu dans le sein de son Père, je me sens saisi de respect, et je tremble d’étonnement devant son incomparable majesté ; mais quand je le vois dans la crèche, je ne puis plus le craindre : je ne puis que l’aimer. Je l’aime couvrant cette majesté qui épouvante, voilant cette gloire qui saisit, abaissant cette hauteur qui étonne, pour ne laisser paraître que l’amour qui attire, que la bonté qui gagne. C’est un petit enfant nouvellement né ; qui le craindrait ? Il n’y a qu’à s’approcher et aimer, s’approcher et s’attendrir. Les larmes d’un petit enfant abandonné, fût-il pour nous un étranger, un inconnu, nous toucheraient ; combien plus devons-nous être sensibles à la vue de cet Enfant-Dieu, tendre victime qui souffre et pleure à notre place, qui étend amoureusement vers nous ses petites mains pour nous demander notre cœur et nous dire par ses regards, au défaut de la parole : Mon fils, donne-moi ton cœur. Qui oserait par sa lâcheté et sa tiédeur attrister ce divin Enfant, et tirer de ses yeux innocents des larmes nouvelles ? Ah ! plutôt allons à l’autel le recevoir avec grand amour, le serrer contre notre poitrine, le prier de venir naître en nous et

faire de notre cœur son berceau. De l’autel comme de la crèche on peut dire : dans sa petitesse, qu’il est aimable ! Et cependant, comment l’avons-nous aimé jusqu’ici ? comment l’aimons-nous encore ? O mon cœur, aime donc enfin un Dieu si aimable ; ne respire plus qu’amour pour le Dieu de la crèche, et que la grande fête de Noël inaugure pour toi une vie toute d’amour.

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